Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

La citation du jour

avec 6 commentaires

Sur le non-blogue, j’ai trouvé cette merveilleuse citation de la Fêlée. Je lui ai demandé la permission de la reprendre et elle me l’a offerte avec grand plaisir. Je vous l’offre donc aussi, en son honneur.

T’a pas besoin de chercher. Amène moi prendre une bière sur le bord de l’eau, le cul sur une roche et laisse parler la rivière.

Esti que c’est beau. Vraiment.

Rédigé par lebarbareerudit

8 février 2010 à 21:38

Publié dans Littérature

Commentaires musique classique

avec 10 commentaires

Arvo Pärt est un compositeur contemporain que je ne connaissais pas. Je le découvre grâce à ce fameux coffret de 55 CD sur l’album Credo d’Hélène Grimaud.

Credo

C’est une œuvre saisissante qui nous oblige à sortir de notre zone de confort. Alors que nous sommes habités d’une multitude d’idées préconçues en ce qui concerne la musique classique, Pärt y va d’une cacophonie structurée, mais d’une beauté absolument éblouissante pour nos oreilles. Les chœurs se mêlant à l’orchestre, nous sommes submergés par l’émotion qui s’en dégage. Une très grande œuvre que je vous invite à découvrir maintenant.

Rédigé par lebarbareerudit

7 février 2010 à 19:45

Publié dans Musique

Commentaires musique classique

avec 6 commentaires

Comme vous le savez déjà, je me suis procuré un coffret de musique classique de Deutsche Grammophon dernièrement. Je vous avais promis d’y revenir avec quelques commentaires à son sujet.

Je vais de temps à autre vous présenter un petit coup de cœur du moment tiré de ce coffret. Je débute avec l’album Bach — Concertos.

Bach — Concertos

Sur cet album, on retrouve quatre concertos pour violon de Bach, les BWV 1042, 1043, 1041 et 1060. Les concertos BWV 1042 et BWV 1043 sont certainement les plus connus. Voici d’ailleurs un extrait du concerto pour deux violons, cordes et continuo BWV 1043.

Une des premières choses qui frappe, c’est le tempo de la musique. On n’a pas l’habitude d’écouter ces pièces jouées avec autant d’empressement. C’est rapide, c’est agressif, c’est… beau! Rapidement (sic), on se laisse entraîner par le rythme parce que c’est clair que c’est le bon rythme, le bon tempo, la bonne vitesse d’exécution. C’est dynamique et l’émotion est au rendez-vous. Un pur bijou de plaisir baroque.

L’enregistrement est impeccable. Chaque instrument vibre avec aplomb, les timbres et les notes résonnent sans être agressant, c’est un plaisir pour l’ouïe.

C’est un véritable coup de cœur pour moi en ce moment.

Rédigé par lebarbareerudit

7 février 2010 à 13:23

Publié dans Musique

Brève

laissez un commentaire »

Encore une…

Trois albums du groupe Godspeed You Black Emperor.

f# a# ∞

f#a#∞

Lift yr. skinny fists like antennas to heaven!

lift yr. skinny fists like antennas to heaven!

Yanqui u.x.o.

yanqui u.x.o.

Évidemment, je vous reviens avec des commentaires lorsque j’aurai reçu les choses.

Rédigé par lebarbareerudit

7 février 2010 à 08:47

Publié dans Musique

Loi Jeannette

avec 5 commentaires

Loi Jeannette
(En l’honneur de ma grand-mère)

La première cause de mortalité est la naissance.

Rédigé par lebarbareerudit

7 février 2010 à 08:11

Publié dans Loi non écrite

Le parfum

avec 9 commentaires

Dernièrement, Cannelle cherchait des livres à lire et une âme généreuse lui a suggéré Le parfum. Je ne saurais être plus en accord avec ce choix. À cet effet, elle doit bien être une des quatre seules personnes dans le monde à ne pas l’avoir lu!

Afin de la mettre en appétit, je lui offre cet extrait (que vous avez aussi tous le droit d’apprécier, cher lectorat).

A l’époque dont nous parlons, il régnait dans les villes une puanteur à peine imaginable pour les modernes que nous sommes. Les rues puaient le fumier, les arrière-cours puaient l’urine, les cages d’escalier puaient le bois moisi et la crotte de rat, les cuisines le chou pourri et la graisse de mouton; les pièces d’habitation mal aérées puaient la poussière renfermée, les chambres à coucher puaient les draps graisseux, les courtepointes moites et le remugle âcre des pots de chambre. Les cheminées crachaient une puanteur de soufre, les tanneries la puanteur de leurs bains corrosifs, et les abattoirs la puanteur du sang caillé. Les gens puaient la sueur et les vêtements non lavés; leurs bouches puaient les dents gâtées, leurs estomacs puaient le jus d’oignons, et leurs corps, dès qu’ils n’étaient plus tout jeunes, puaient le vieux fromage et le lait aigre et les tumeurs éruptives. Les rivières puaient, les places puaient, les églises puaient, cela puait sous les ponts et dans les palais. Le paysan puait comme le prêtre, le compagnon tout comme l’épouse de son maître artisan, la noblesse puait du haut jusqu’en bas, et le roi lui-même puait, il puait comme un fauve, et la reine comme une vieille chèvre, été comme hiver. Car en ce XVIIIe siècle, l’activité délétère des bactéries ne rencontrait encore aucune limite, aussi n’y avait-il aucune activité humaine, qu’elle fût constructive ou destructive, aucune manifestation de la vie en germe ou bien à son déclin, qui ne fût accompagnée de puanteur. Et c’est naturellement à Paris que la puanteur était la plus grande, car Paris était la plus grande ville de France. Et au sein de la capitale il était un endroit où la puanteur régnait de façon particulièrement infernale entre la rue aux Fers et la rue de la Ferronnerie, c’était le cimetière des Innocents.

— Patrick Süskind, Le parfum

Rédigé par lebarbareerudit

6 février 2010 à 22:05

Publié dans Littérature

Haliburton Rape Trial

avec 2 commentaires

Une des meilleures pièces du groupe Acumen Nation. À mon humble avis.

Rédigé par lebarbareerudit

6 février 2010 à 12:42

Publié dans Musique

Je suis un fils déchu

avec 7 commentaires

Ben, oui, encore un poème. Un merveilleux poème d’Alfred Desrochers qui glorifie le passé des coureurs des bois canadiens. Patriotique. Lyrique. Superbe.

Je suis un fils déchu

Je suis un fils déchu de race surhumaine,
Race de violents, de forts, de hasardeux,
Et j’ai le mal du pays neuf, que je tiens d’eux,
Quand viennent les jours gris que septembre ramène.

Tout le passé brutal de ces coureurs des bois :
Chasseurs, trappeurs, scieurs de long, flotteurs de cage,
Marchands aventuriers ou travailleurs à gages,
M’ordonne d’émigrer par en haut pour cinq mois.

Et je rêve d’aller comme allaient les ancêtres;
J’entends pleurer en moi les grands espaces blancs,
Qu’ils parcouraient, nimbés de souffles d’ouragans,
Et j’abhorre comme eux la contrainte des maîtres.

Quand s’abattait sur eux l’orage des fléaux,
Ils maudissaient le val; ils maudissaient la plaine,
Ils maudissaient les loups qui les privaient de laine :
Leurs malédictions engourdissaient leurs maux.

Mais quand le souvenir de l’épouse lointaine
Secouait brusquement les sites devant eux,
Du revers de leur manche, ils s’essuyaient les yeux
Et leur bouche entonnait : «À la claire fontaine»…

Ils l’ont si bien redite aux échos des forêts,
Cette chanson naïve où le rossignol chante,
Sur la plus haute branche, une chanson touchante,
Qu’elle se mêle à mes pensers les plus secrets :

Si je courbe le dos sous d’invisibles charges,
Dans l’âcre brouhaha de départs oppressants,
Et si, devant l’obstacle ou le lien, je sens
Le frisson batailleur qui crispait leurs poings larges;

Si d’eux, qui n’ont jamais connu le désespoir,
Qui sont morts en rêvant d’asservir la nature,
Je tiens ce maladif instinct de l’aventure,
Dont je suis quelquefois tout envoûté, le soir;

Par nos ans sans vigueur, je suis comme le hêtre
dont la sève a tari sans qu’il soit dépouillé,
Et c’est de désirs morts que je suis enfeuillé,
Quand je rêve d’aller comme allait mon ancêtre;

Mais les mots indistincts que profère ma voix
Sont encore : un rosier, une source, un branchage,
Un chêne, un rossignol parmi le clair feuillage,
Et comme au temps de mon aïeul, coureur des bois,

Ma joie ou ma douleur chante le paysage.

— Alfred Desrochers, À l’ombre d’Orford

Rédigé par lebarbareerudit

6 février 2010 à 00:15

Publié dans Littérature

Parler chien

avec 13 commentaires

Lorsqu’un chien tente de me sauter dessus en mettant ses pattes antérieures sur mon ventre, je lui donne un violent coup de genou ou de pied dans le thorax. Je ne tolère pas qu’un chien tente de me dominer.

Je lui parle chien.

Je ne m’assois pas avec l’animal, je ne tente pas de lui expliquer les tenants et aboutissants de ce qu’il fait, ni n’essaie de le convaincre des grands principes moraux derrière le respect des autres. Je le conditionne. Béhaviorisme de base. Rien de plus, rien de moins. J’impose ma volonté sur l’animal, je lui démontre que je suis l’alpha. C’est la seule façon de me faire respecter par lui.

Je lui parle chien.

Chaque animal, chaque groupe, possède ses codes, ses repères, son système de communication. Il faut apprendre ce système si on veut être en mesure de se faire comprendre. Il faut apprendre à parler chien.

Je ne m’adresse pas à ma femme comme je le fais avec ma fille. Je ne parle pas à ma mère comme je le fais à mes collègues de travail. Je n’écris pas sur ce blogue comme je le fais aux parents des élèves de l’école.

J’adapte la forme de mes messages au groupe auquel je m’adresse. Je le plie aux besoins que j’ai de faire passer un message clair et sans équivoque. Je le moule avec soin, je l’enrobe d’un fin voile de diplomatie et je le livre avec aplomb, m’assurant qu’il soit bien reçu.

La méthode que j’utilise pour communiquer avec un chien n’a rien à voir avec la méthode que j’utilise avec les élèves ou ma fille. Le lien qu’il faut faire entre ces extrêmes relève du fait que j’ai dû apprendre à décoder le langage propre à chacun des ces groupes afin de pouvoir communiquer le plus efficacement possible avec eux.

Il m’arrive de faire des erreurs de décodage, de jugement de la situation. C’est ma capacité à réagir et à corriger le tir le plus rapidement possible qui me permet de récupérer une situation qui dérape et de la tourner à mon avantage. Il n’y a aucune garantie de succès. Surtout, il n’y a aucune garantie que le message soit clairement reçu et interprété par le récepteur. Il est essentiel dans ces circonstances d’apprendre à décoder aussi les signes d’une réception claire du message.

Mais ça, c’est une autre histoire.

Rédigé par lebarbareerudit

5 février 2010 à 14:10

Publié dans Affaires scolaires

Le couteau

avec 12 commentaires

Le couteau mesurait 22 cm. Le manche en mesurait 10 cm à lui seul, la lame en faisant 12. Il s’agissait d’un montage à plate semelle, c’est-à-dire que la soie du couteau était visible entre les deux plaquettes de bois qui formaient le manche. Ces plaquettes étaient fixées à la soie par trois rivets dont le dernier, le plus éloigné de la lame, était creux et permettait d’y passer une courroie. Les plaquettes étaient faites de bois de rose. Le manche avait été conçu pour épouser parfaitement la main de son propriétaire. Sur mesure. La lame, de forme elliptique semblable à une longue goutte d’eau, possédait une émouture convexe dont l’entablure commençait à environ 1 cm du manche. Le couteau ne possédait ni mitres, ni garde, seulement une encoche où poser le pouce et éviter que celui-là ne glisse des mains lors de son utilisation. Il était léger et extrêmement bien balancé ce qui en rendait le maniement d’un grand confort et sans fatigue. De plus, le bois du manche, jalousement entretenu, révélait la patine des années de soins maniaques de son propriétaire. Le tranchant de la lame était tel que le poids de cette dernière suffisait à entailler la peau la plus coriace en ne la laissant que glisser.

Une arme parfaite.

Il fallait observer attentivement le chasseur s’en servir pour éviscérer minutieusement ses proies. Une fois abattues, il les couchait sur le dos et, insérant la lame juste au-dessus de l’anus, contournant les organes génitaux, prenant bien soin de ne pas percer le gros intestin, il la faisait glisser tout le long de l’abdomen en maintenant le tranchant vers le haut afin de l’ouvrir et d’accéder aux abats. Devant lui s’étalait alors l’ensemble des organes qui, à peine quelques minutes auparavant, maintenait encore en vie la proie. D’abord les poumons, qu’il se dépêchait de retirer. Il pouvait ensuite commencer le tri de ce qu’il voulait conserver de ce qu’il rejetait. À sa gauche, le foie bien rouge, une pièce de choix pour le repas à venir. Puis, l’énorme estomac et juste au-dessus vers la droite, le cœur. Le travail délicat consistait à sortir le foie et le cœur sans percer l’estomac. Il insérait donc la lame lentement en prenant bien soin de soulever de la main gauche la masse lourde et visqueuse du foie. Là, il coupait les conduits qui le maintenaient dans sa position. Il pouvait passer au cœur, prenant tout son temps et coupant les veines et les artères qui y étaient reliées. L’estomac ainsi dégagé, il n’avait plus qu’à sectionner l’oesophage pour enlever d’un coup l’estomac et les intestins.

Venait ensuite l’écorchage à proprement parler. C’est là que la lame elliptique démontrait toute sa valeur. Il était possible au chasseur de dégager la peau de la proie de la chair sans percer ni la celle-ci, ni celle-là. Tirant sur la peau de la main gauche, il faisait de longs arcs en laissant la lame du couteau glisser lentement le long de la jonction de la peau et des muscles. Ce travail long et fastidieux lui permettait de récupérer le cuir de sa proie qu’il pourrait tanner plus tard. Il pouvait enfin détacher la viande des os.

Ce soir, Murielle était au menu.

Rédigé par lebarbareerudit

4 février 2010 à 21:37

Publié dans Fiction