La forêt solitaire
On l’appelle la forêt solitaire.
C’est presque devenu un lieu de pèlerinage dont on parle avec déférence et respect. Nous la croisons en chemin vers la rivière Barnoin après être passés par le lac que nous nommons « Interlake ».
À partir du village, nous commençons par remonter la côte du lac de la centrale. Une série de lacs nous y attend que nous nous dépêchons de traverser. Il faut comprendre que toute la région autour de Kangiqsualujjuaq est formée d’une succession de longues vallées qui vont des monts Torngats jusqu’à la baie d’Ungava.
Après être passés par ces quelques lacs, nous arrivons sur le lac Mivvivinik. Nous prenons la direction N-O. Nous sommes dans la vallée du lac de la vieille femme (Old Women’s Lake). Il nous faut nous rendre dans la prochaine vallée : la vallée de la Barnoin. On traverse une petite gorge entre les montagnes puis nous devons enfin gravir la pente abrupte qui nous mène au lac « Top Lake ».
Ici, c’est la toundra. Il n’y a rien. Que la cime des montagnes, un plateau, nue, aucune végétation. Le vent est puissant, soufflant sans obstacle pour en ralentir la course. Nous poursuivons notre chemin. S’ensuit une série de quelques lacs que nous traversons allègrement.
Nous arrivons enfin à « Interlake ». C’est ici que nous devons décider si nous poursuivons notre chemin vers Ujarasujjulik, où vers la rivière Barnoin. Le premier, un immense lac où on pêche de tout : omble chevalier, truite mouchetée, truite grise. La Barnoin, c’est la rivière qui alimente ce lac.
Après environ 45 minutes de motoneige, nous décidons de poursuivre vers la Barnoin. Et c’est là que nous arrivons devant la forêt solitaire.

Brève 7
Je sais, je blogue léger. Je travaille sur quelque chose de plus substantiel. Patience.
En attendant, ici, c’est l’hiver. Comme vous pouvez le constater sur cette photo prise devant chez moi cet après-midi.

Ou encore derrière chez moi, la toundra à perte de vue…

Brève 6
Je me suis commandé, pour le simple plaisir de la chose et pour aucune autre raison que le désir de posséder un tel objet, une sauce forte, TRÈS piquante, de collectionneur. De la Blair’s 3 A.M. Reserve. Je l’ai reçu aujourd’hui. Une bouteille absolument magnifique. À vous de juger.


C’est extrêmement piquant. Il faut signer une décharge à l’achat de ce produit. Ça tape entre 1,5 et 2 millions sur l’échelle de Scoville. On niaise pas avec ça.
Brève 5
On a attrapé deux bélugas aujourd’hui au village. Les quotas étant atteint, ça sera donc tout pour cette année.
En une heure, les animaux étaient dépecés et divisés. Efficace.
La communauté est en liesse ce soir.
Courte critique musicale, bis
Je vous faisais part hier de mon engouement pour quelques albums de musique classique que je venais de recevoir. J’ai reçu aujourd’hui une autre commande dont je vous ai déjà parlé ici. Je n’ai pas encore pris le temps de tout écouter en détail, mais déjà, j’ai un favori.
J’adore. Un extrait.
J’ai reçu l’album Transhuman 2.0 et c’est, pour moi, une véritable révélation. Je ne sais pas s’il s’agit du rythme d’enfer, des textes provocateurs, de la fusion métal industriel et électronique, mais, pour m’autociter, ça fait la job en crisse.
Comme vous pouvez maintenant le constater, j’aime aussi bien le classique et l’opéra que le gros speed métal industriel. J’ai des goût… diversifiés?
Courte critique musicale
J’ai reçu quelques disques et comme je suis emballé de la qualité des interprétations et des oeuvres jouées, j’ai envie de partager mon enthousiasme.
Commençons par Night Music de Mozart avec Andrew Manze sur étiquette Harmonia Mundi.

L’enregistrement est impeccable. Chaque ton, chaque nuance, chaque instrument est rendu avec une précision incroyable. Mais c’est d’abord et avant tout la qualité de l’interprétation qui doit ici être retenue. On a entendu cette « petite musique de nuit » tellement souvent qu’on en oublie facilement qu’il s’agit là d’une oeuvre extraordinaire et seule une interprétation telle que celle-ci réussit à l’élever au-dessus de la vulgaire « muzak ».
Ensuite, écoutons les symphonies nos 8 et 9 de Schubert avec le chef d’orchestre Münch sur étiquette RCA Red Seal.

Bien qu’il s’agisse d’enregistrements qui datent, c’est surtout la qualité de la performance qui, elle, n’a rien a envié à tout ce qu’on peut retrouver de nos jours. Le jeu des instruments sert davantage l’émotion des oeuvres que n’importe quel raffinement technologique. On se laisse bercer doucement par tant de savoir-faire. Il y a ici quelque chose d’organique, une grande sensibilité face à l’oeuvre qui fait qu’on se sent complètement subjugué par l’interprétation et qu’on en oublie la technique. Un immense moment de plaisir musical.
Enfin, le symphonie no 7, dite « Leningrad » de Shostakovitch avec le chef d’orchestre Gergiev sur étiquette Phillips.

Probablement la pièce musicale que je préfère entre toutes les pièces musicales. Une oeuvre colossale, riche et incroyablement satisfaisante émotionnellement parlant. Le tempo est très légèrement plus rapide que la version sur Deutsche Grammophon avec Bernstein, ce qui lui donne un peu plus de dynamisme et d’entrain. De plus, comme il s’agit d’un enregistrement « live », j’ai l’impression de percevoir un peu moins le détail des instruments bien que la sonorité d’ensemble soit plus « cohérente ». Par contre, il y a de l’émotion et ça, c’est un gros plus. Il faut écouter attentivement le crescendo du premier mouvement symbolisant l’envahissement lent, mais inexorable du mal qui s’immisce dans nos vies. Magnifique!
hommage
J’aimerais profiter de cette vitrine que je me suis créée pour rendre hommage à ma femme.
Ça fera bientôt 15 ans que nous sommes mariés. Remarquez comment je choisis le futur simple de l’indicatif pour en parler. Je parle d’avenir, du fait que, sans l’ombre d’un doute, nous fêterons ces 15 ans et que ce n’est que le début d’une aventure qui durera longtemps.
—
Mélanie. Pas une journée ne se passe sans qu’autour de moi, tout me rappelle ton absence.
Lorsque nous nous sommes quittés en ce 11 août, ça ne m’a pas frappé sur-le-champ. J’étais encore déphasé, et tout le long de cette interminable journée, j’ai préféré ne pas trop y penser.
Ça m’a frappé comme un bloc de ciment tombant sur le sol d’un troisième étage lorsque, à la maison, le soir, fatigué du voyage, j’ai compris que cette année serait longue et difficile. Je le savais avant. C’est là que je l’ai vraiment su.
J’ai pleuré.
J’ai pensé à toi et à Maxime, et je me suis demandé si c’était la bonne décision.
J’ai douté.
J’ai regardé toute la somme de travail à faire, le défi du déménagement, la nouvelle école, repartir à zéro comme si neuf ans au Nord suffisaient à nous rendre aptes à tout affronter.
Et aujourd’hui, je ne sais toujours pas. Je ne sais toujours pas si c’est la bonne ou la mauvaise décision. Et bien que nous l’ayons prise ensemble, je ne suis toujours pas capable de me convaincre totalement que c’est ce qu’il fallait faire.
Mais comme toi, je ne suis pas un lâcheur. Je vais donc faire ce qu’il faut pour que cette année passe le plus vite possible. Et je m’accrocherai à l’espoir que nous serons réunis l’année prochaine.
C’est fou comment toutes ces années en dents de scie nous ont rapprochés. J’imagine que c’est ce que nous voulons vraiment dire quand, comme ça, pour rire, nous nous disons que nous sommes prêts à vivre notre retraite. Tu es, avec Maxime, la personne la plus importante dans ma vie.
Je t’aime.
Thème
La première chose que l’on voit lorsqu’on atterrit sur un blogue, ce ne sont pas les textes, ni les photos, ni même le titre qu’il porte. C’est plutôt la disposition générale de la page, les couleurs, le ton, bref, ce qui se dégage à l’écran. Je crois qu’il est important que cette première impression soit la meilleure possible. L’adage populaire le dit bien : on n’a jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression.
Je ne suis pas designer web. Je ne connais que très superficiellement le code HTML et son extension CSS. Je ne me sens donc absolument pas habilité à faire ma propre page. De toute manière, comme je ne suis pas un membre payant de WordPress, il m’est interdit de modifier le code, alors…
… alors, je suis dépendant des créations des autres. Je dois donc fouiller dans les quelques dizaines de designs proposés sur le site de WordPress pour tenter de m’identifier.
Je n’aimais pas vraiment le thème que j’avais choisi. J’ai toujours trouvé qu’il était trop chargé, trop confus. Je préfère les designs simples, épurés, les lignes droites. De plus, je voulais un thème où les mots seraient mis à l’honneur. Je ne propose que peu de photos ou d’image, c’est donc une priorité pour moi que l’accent soit mis sur la qualité typographique plutôt que sur l’intégration du visuel.
J’ai donc décidé de changer de thème. Et je suis tombé sur ce thème que vous pouvez voir maintenant. Je l’aime beaucoup. Je crois qu’il reflète bien ce que je cherchais. Simple, direct, les mots sont bien en évidence, facile à lire, claire, peu d’artifice pour déranger la lecture, c’est, de loin, la présentation de mon blogue que j’aime le mieux jusqu’à maintenant.
J’espère que ce petit changement vous aidera à apprécier davantage la lecture de mes billets.
Brève
Je crois qu’il est impossible de ne pas être touché par la beauté du Choeur à bouches fermées tiré de l’opéra Madame Butterfly de Puccini.
Faites-vous plaisir et passez quelques minutes de votre vie en compagnie d’une musique qui transcende les cultures.
http://www.goear.com/listen/c97edc2/Madame-Butterfly-:-Choeur-À-Bouches-Fermées–giacomo-puccini
Lendemain de tempête
L’air est chargé de milliards de particules de glace plus fine que la poussière. C’est couvert. Le ciel et la terre se fondent dans l’horizon de sorte qu’on ne distingue l’un de l’autre. On croirait vivre au milieu d’une page blanche sans limites.
C’est lendemain de tempête.
Le blizzard s’est dissipé durant la nuit et ce matin, le vent s’étant calmé, ma maison n’est plus violemment secouée par ses rafales. Les camions de la communauté s’affairent à dégager les rues de la neige accumulée afin qu’on puisse venir nous livrer l’eau et siphonner le septique. On entend les motoneiges rouler un peu partout autour du village.
La vie reprend son cours lentement.
Pour moi, il s’agit d’une allégorie de la vie. Des tempêtes violentes suivies de moments d’accalmie où notre vie reprend son cours. Lentement. Nous vivons probablement tous ce cycle irrégulier de hauts et de bas en alternance. Nous n’y échappons pas.
Ce que j’aime de ces tempêtes, c’est qu’elles me rappellent à quel point je suis vivant. Oui, elles sont dures et souvent, elles laissent des traces et des blessures qui prennent du temps à guérir. Je crois que rien n’est plus durable dans la mémoire qu’une blessure profonde et qui prend du temps à guérir.
Les tempêtes de notre vie s’opposent aux véritables tempêtes de la nature en ce sens que ces dernières sont hors de notre contrôle, alors que nous sommes souvent les premiers responsables de nos propres malheurs. Un mot, un geste, qui peut nous apparaître banal se trouve mal interprété par une ou plusieurs personnes qui nous tiennent à coeur et voilà qu’un blizzard furieux s’abat sans avertissements sur nous.
Ces tempêtes me rappellent à quel point je suis vivant parce que, vulnérable durant son cours, je me vois renaître et grandi lorsqu’elle prend fin. Je me sens transformé. La tempête m’a appris quelque chose.
Si elles peuvent faire de moi un meilleur homme, je leur en serai toujours reconnaissant.




