Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Archive for the ‘Politique fédérale’ Category

Citation du jour

leave a comment »

Lu ce matin, dans Le Devoir :

Un spécialiste de ces questions de sécurité rappelait jeudi dans le Globe and Mail une phrase autrefois lancée par l’IRA aux services du renseignement britanniques: «Vous, vous devez être chanceux tout le temps. Nous, il nous suffit de l’être une fois.» Cette formule provocante reste vraie.

José Boileau, Le Devoir, 24 octobre 2014

Publicités

Written by Le barbare érudit

24 octobre 2014 at 7 h 23 min

Publié dans Politique fédérale

Une nouvelle grande noirceur

with 2 comments

Quelques nouvelles glanées sur cyberpresse cette semaine. Toutes très intéressantes.

On lit cette liste de nouvelles portant sur la politique fédérale et qui touche toute à la façon conservatrice de gouverner le pays et on se dit que… on se dit quoi, au juste? Que c’est ce qu’on cherche?

On a l’impression de retourner à la grande noirceur, version canadienne, avec Harper dans le rôle de Duplessis.

Un pays où la loi et l’ordre règnent en maître alors même que la criminalité ne cesse de diminuer, alors qu’il a été maintes fois démontrées que l’approche punitive préconisée par les conservateurs ne donne pas les résultats escomptés.

Un pays où on remet en question l’indépendance judiciaire en convoquant un juge devant un comité parlementaire.

Un pays où le drapeau revêt plus d’importance aux yeux du gouvernement que tout autre enjeu à tel point qu’il faille en faire l’objet d’un culte délirant. Ne faut-il donc pas se méfier de l’idolâtrie? Pour des chrétiens fondamentalistes tels qu’ils le sont, les conservateurs font une lecture bien particulière de la bible s’ils se permettent d’élever le drapeau canadien au rang d’idole qu’on ne peut interdire…

Un pays où les dirigeants, pourtant de simples élus, agissent comme des souverains à qui il faut obéir en répondant à leurs moindres désirs, aussi futiles dérisoires soient-ils.

Voilà exactement le genre de chose que je craignais avec l’arrivée au pouvoir des conservateurs. On se croirait aux États-Unis avec les dirigeants du Tea Party en train de lancer le pays en plein délire idéologique.

Je sais, j’exagère un peu, mais il n’en demeure pas moins que c’est ce qui ressort de ce genre d’action. Et c’est la perception qui compte ici. Sauf que cette perception s’en trouve renforcée par des actions concrètes qui ne laissent guère autre chose qu’un arrière-goût désagréable d’une régression rapide vers une société moins juste, moins socialement évoluée.

Cependant, nous avons pu apercevoir une petite lumière au travers toute cette noirceur. Dans un jugement extraordinaire de lucidité et de retenu, le plus haut tribunal au pays vient de donner raison à Insite, cet organisme qui, réalisant qu’il vaut apprendre aux gens à faire les bons choix plutôt que de les empêcher de faire les mauvais, s’assurait au moins d’offrir des conditions salubres pour que des toxicomanes puissent se piquer en toute sécurité, fasse au gouvernement conservateur. Il s’agit d’une victoire importante pour la société en entier en même temps qu’une véritable gifle au visage des conservateurs.

La semaine n’aura pas été que noire…

Written by Le barbare érudit

30 septembre 2011 at 20 h 46 min

Épidermique

with 4 comments

André Pratte dans son éditorial : « Les centaines de milliers de Québécois francophones qui ont voté pour le NPD partagent de toute évidence les mêmes idées sociales-démocrates que les concitoyens des autres provinces qui ont fait de même. »

Non. Ça ne fait pas de sens cette histoire. C’est trop émotif, trop réactionnaire, trop viscéral comme réaction. Épidermique.

Depuis hier soir que je ne cesse de réfléchir à ça, que je tente « d’envelopper ma tête autour de ça », comme diraient les Anglais, mais ça ne marche tout simplement pas. Il y a une profonde incohérence derrière les résultats de ces élections.

Il y a quelques semaines à peine, un sondage donnait gagnant l’inexistant parti de Legault à d’éventuelles élections provinciales. Or, le positionnement de Legault sur l’échiquier politique est clairement à droite malgré la rhétorique de ce dernier pour ne pas y être identifié.

C’est pourquoi j’ai beaucoup de misère à comprendre les résultats de cette élection. Il n’y a probablement pas plus diamétralement opposé que la coalition de Legault et le NPD. Donc, pourquoi?

Mais revenons un peu sur cette phrase de Pratte en haut de mon billet. Je crois que Pratte, en tant qu’éditorialiste, à le devoir de prêter beaucoup plus de crédit au peuple qu’il n’en mérite réellement. Je ne suis pas limité par cette contrainte. En fait, je suis à peu près convaincu que si nous demandions au peuple en général ce qu’il pense du programme de Layton, les réponses seraient au mieux évasives et au pire complètement incohérentes avec ledit programme.

C’est que, j’en suis certain, la très vaste majorité des électeurs ne lisent pas les programmes des partis. Ne pas savoir ce pour qui et pour quoi on vote revient à remettre un chèque en blanc au premier quidam venu!

Enfin, je me demande en quoi placer des députés du NPD améliore le sort du Québec au fédéral par rapport au Bloc? On passe d’une députation expérimentée, efficace, pertinente et qui a fait ses preuves à de nombreuses reprises à une députation jeune, certes, mais inexpérimentée et qui devra souscrire à un programme pancanadien qui ne lui ressemble pas nécessairement.

Une réaction épidermique, que je disais…

Written by Le barbare érudit

3 mai 2011 at 8 h 30 min

Les intérêts du Bloc | Le Devoir

with 4 comments

Dans sa chronique, Les intérêts du Bloc, Manon Cornellier nous offre une analyse très intelligente et tout en nuance de la scène politique du Québec et en particulier du Bloc québécois.

C’est à mon ce qui manque le plus souvent aux autres analyses de la situation du Québec : la nuance. Il est beaucoup plus facile de simplement remettre en question la pertinence du Bloc à Ottawa sans tenter d’en comprendre le sens. C’est ce qui ressort de cette chronique et c’est ce qui la rend si intéressante à mes yeux.

En particulier ce passage :

Le message du Bloc occulte le fait que le Canada anglais est beaucoup moins homogène que le Québec.

En effet, on a souvent tendance à croire, à écouter discourir le Bloc, que le Canada forme une entité monolithique et homogène. Or, c’est complètement faux. Il faut le souligner et le rappeler.

Written by Le barbare érudit

26 avril 2011 at 9 h 52 min

Publié dans Politique fédérale

« Tous des crosseurs »

with 3 comments

Mettons que ça soit vrai. Mettons que tous les politiciens, quels qu’ils soient, soient des crosseurs. Qu’est-ce que ça change?

Ma question est légitime. Qu’est-ce que ça change que tous les politiciens soient des crosseurs? Est-ce que ça nous permet de conclure que la démocratie ne sert à rien? Est-ce que ça nous permet de conclure que nous serions mieux servis sans eux?

Qu’arriverait-il sans politiciens?

Je suis incapable de croire que tous les politiciens soient des crosseurs. Pour moi, sorry, no compute. Ça ne tient tout simplement pas la route, ni ne fait aucun sens.

Est-ce possible que les politiciens prêchent pour leur paroisse? Tout à fait. Est-ce possible qu’ils exagèrent les faits, qu’ils en ajoutent, qu’ils ne donnent pas toujours toute l’information requise pour se faire une véritable idée des enjeux auxquels nous devons faire face? Absolument.

Ça n’en fait pas pour autant des crosseurs.

Il existe une telle chose que l’on nomme le service public. Ce sont des hommes et des femmes qui se dévouent pour le bien commun, afin d’améliorer la qualité de vie de tous les citoyens d’un État. Et je crois que dans l’ensemble, les politiciens ont à cœur de bien servir le public.

J’insiste sur « dans l’ensemble ». Parce que oui, il y aura toujours des escrocs et des gens malhonnêtes pour tenter de tirer avantage de toute situation quelle qu’elle soit. Comme dirait quelqu’un que je connais bien : tant qu’il y aura de l’homme, il y aura de l’hommerie.

Ce qui est malheureux, c’est que comme dans tout autre domaine d’activité, la loi du 80/20 s’applique presque parfaitement. C’est-à-dire qu’on passe 80% de notre temps à nous occuper de 20% des problèmes. En transposant ça dans le monde politique, on remarque que 20% de crosseurs monopolisent 80% de l’attention, ce qui fait qu’on généralise à l’ensemble des politiciens les agissements de cette minorité.

Tous des crosseurs?

Non.

Written by Le barbare érudit

21 avril 2011 at 15 h 14 min

Mythes et clichés électoraux | Vincent Marissal

with 2 comments

Mythes et clichés électoraux | Vincent Marissal

D’abord, 300 millions, ça représente tout juste un peu plus de 0,1% du budget annuel total du gouvernement fédéral. Rien pour conduire le pays à la faillite. Si on n’a plus les moyens au Canada de se payer des élections aux 30 mois, eh bien! abolissons les élections.

C’est exactement ce que je voulais dire hier! Mais il y a bien plus dans ce texte. À lire parce que tout ce qui y est écrit porte à réfléchir aux innombrables conneries qui se diront au cours des prochains jours.

Written by Le barbare érudit

24 mars 2011 at 7 h 35 min

Publié dans Politique fédérale

Privilège

with 7 comments

J’ai voulu écrire sur la campagne électorale fédérale qui semble maintenant inévitable, mais je n’ai trouvé rien à dire. Sinon ceci. Le coût de la démocratie. Il tournerait autour de 300 millions de dollars au Canada.

Il ne faudra jamais laisser quiconque venir dire que des élections n’étaient pas nécessaires ou qu’il s’agit d’une dépense inutile. Il n’en est rien. Les élections, c’est le moment de choisir nos représentants politiques, ceux qui, de par les décisions qu’ils prendront et les projets de loi qu’ils déposeront, dirigeront le pays au cours des prochaines années.

Je ne vous ferai pas le coup de la culpabilité en rappelant que certains pays ont payé de leur sang cette accession à la démocratie très récemment. Non. Mais je vous dirai que c’est un privilège, un droit chèrement acquis et que nous devons l’exercer avec diligence et en toute connaissance de cause.

Et avant d’inscrire votre marque sur le bulletin de vote, demandez-vous si le parti que vous avez choisi d’appuyer représente vraiment vos valeurs et vos ambitions.

Written by Le barbare érudit

23 mars 2011 at 8 h 00 min