Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

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Citation du jour

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Trouvé sur Cyberpresse. Tout simplement génial!

Deux heures c’est du fast food. Dans ma vieillesse, je veux faire des films bon marché mais extrêmement longs. Je rêve de faire un film très très malpropre avec beaucoup d’information que vous ne voulez pas savoir. Je lis des livres en ce moment et je reçois tellement d’information que je ne veux vraiment pas savoir. Et c’est un tel plaisir, parce que quelqu’un s’est posé comme dictateur. Je lis Proust et il me prend par la main et m’amène dans ce monde. Et c’est vraiment ce que je crois qu’un bon réalisateur ou artiste peut faire; vous prendre par la main et vous conduire quelque part où vous ne voudrez pas normalement aller. Et c’est là bien sûr que votre vie et votre univers prend de l’expansion.

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Written by Le barbare érudit

8 septembre 2011 at 8 h 24 min

Publié dans Cinéma, Littérature, QOTD

La vie de l’art

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Je me souviens de mon enseignante de français en 5e secondaire, à St-Joseph de Beauce, pas de son nom, ni même de ce à quoi elle ressemblait, mais de ce qu’un jour elle nous expliqua à toute la classe. Elle abordait le thème de la culture et des œuvres d’art. Ces mots sont restés gravés à jamais dans ma mémoire. Ils ont à jamais modifié ma façon de voir et d’apprécier l’art. Je ne saurais dire combien d’élèves ont été touchés par ses paroles ce jour-là, peut-être suis-je le seul, peut-être tous, je n’en sais rien, mais je sais que ce qu’elle a dit est maintenant une partie intégrale de ma personnalité.

On dit qu’un jour, un prof va nous marquer, qu’il changera à jamais le cours de notre vie. On dit que ça n’arrive qu’une ou deux fois. Pas plus. Mais que chacune de ces rencontres transcende notre vision du monde et fait de ce voyage un moment unique qui nous marque pour la vie. J’ai connu deux de ces moments. Celui dont je parle maintenant et un second, alors que j’étais au cégep, dans un cours de philosophie. J’y reviendrai peut-être un jour.

Mais celui-ci est, de loin, celui qui m’a le plus marqué. Voici ce que cette enseignante nous a dit. L’art doit se comprendre en trois phases : la précréation, la création et la recréation. Chacune de ces phases est essentielle et participe du processus créatif. L’œuvre existe par et pour elle-même en dehors de la volonté de son créateur. Et ces trois phases en font foi.

La première phase, la précréation, représente toute la partie de gestation de l’œuvre dans la tête de son créateur. C’est l’ensemble de sa réflexion, les idées, les brouillons, les notes, tout ce qu’il couche sur papier ou autrement avant la création à proprement parler. Cette phase peut durer quelques minutes ou toute une vie. Tout dépend de l’artiste et de son niveau d’inspiration.

La seconde phase, la création, représente le moment où l’artiste fixe ses idées en un tout ordonné et qu’il procède à la réalisation de l’œuvre. On pense à l’auteur qui écrit chapitre après chapitre de son roman, ou encore au sculpteur qui façonne la pierre pour en extraire une forme essentielle et magnifique. On voit le musicien en studio qui enregistre la version définitive de sa toute dernière création. Il est d’ailleurs facile de voir qu’il peut y avoir un aller-retour constant entre la phase de précréation et de création alors que le processus de gestation se poursuit et que la réalisation se raffine, se précise et évolue tout au long de cette création.

La troisième phase, la recréation, c’est le moment où l’œuvre prend vie indépendamment de son créateur. C’est lorsque l’œuvre, achevée, rencontre les admirateurs, ceux qui vont justement la voir, l’apprécier, la recréer, la réinventer, l’interpréter à leur façon, selon leur propre expérience, leur vécu. C’est cette troisième phase qui me fait dire, plus haut, qu’une œuvre existe pour elle-même et n’est plus soumise aux diktats de son créateur.

C’est aussi la force de l’art de nous proposer un objet qui peut prendre tous les sens possibles en fonction de celui qui l’apprécie. Ceci s’oppose radicalement à la science, par exemple, où tout est mis en œuvre pour que l’interprétation des « créations » soit toujours la même, peu importe qui y est exposé.

Toutes les formes d’art s’équivalent à l’exception de deux : la musique et le théâtre. Je m’explique. Prenons un roman. Ou un poème. Ou une peinture. Dans tous ces cas, une fois l’œuvre créée, elle est fixée définitivement et il y a un lien direct entre son créateur et son « consommateur ».

Mais prenons le cas de pièces musicales et théâtrales. Dans ces deux cas, il y a un aspect performance, une couche intermédiaire si on veut, qui vient se placer entre le créateur et le « consommateur » et cet aspect fait en sorte que chaque performance est une occasion d’adapter, de réinterpréter l’œuvre sous un nouveau jour, d’une nouvelle façon.

Ainsi, tout amateur de théâtre vous le dira, voir une pièce le soir de sa première et le soir de sa dernière, c’est être témoin d’une évolution de l’œuvre dans le temps et qui apporte un point de vue fort différent sur la création. La création n’est pas fixée, elle est vivante, mouvante, et c’est ce qui la rend encore plus intéressante.

J’aime la musique classique. Une pièce en particulier. Le sacre du printemps de Stravinsky. J’en possède au moins cinq interprétations différentes. Chacune d’elle me fait apprécier cette pièce d’une manière différente et me fait entendre la « vision » d’un chef d’orchestre qui diffère de l’idéal que je me suis construit de cette œuvre.

Cette particularité de la musique et du théâtre n’affecte en rien les trois phases du processus de création puisque, ultimement, l’œuvre sera de toute façon recréée par son « consommateur » lors de la performance. Elle ne fait qu’en accentuer l’importance en la retardant. Pour notre plus grande jouissance!

Written by Le barbare érudit

13 août 2010 at 20 h 46 min

Il n’y a plus de «pot» au cégep? | Marc Cassivi | Marc Cassivi

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Il n’y a plus de «pot» au cégep? | Marc Cassivi | Marc Cassivi.

Franchement, la culture et les jeunes, y a pas de quoi fouetter un chat. Cassivi résume très bien ma pensée sur ce sujet.

Written by Le barbare érudit

16 mars 2010 at 8 h 04 min

Publié dans Cinéma, Littérature, Musique

Le SADAV

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J’écoute trop la télé. J’écoute vraiment trop la télé. Et il n’y a qu’un seul coupable : les séries télé!

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Written by Le barbare érudit

8 décembre 2008 at 14 h 00 min

Publié dans Cinéma