Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

De la procrastination

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Vous ne connaissez peut-être pas John Perry. Je ne le connais pas non plus, mais cet homme, professeur de philosophie à Stanford, a écrit en 1995 un texte fondamental s’adressant à tous les procrastineurs de la planète : Structured Procrastination.

Dans cet essai, Perry explique que tout procrastinateur évite de faire ce qu’il doit faire en s’attardant à faire autre chose. Il propose donc une méthode pour arriver à faire ce qui doit être fait en hiérarchisant ce qu’il y a à faire de telle sorte que le procrastinateur peut éviter de faire la première chose de sa liste en faisant les autres moins importantes.

OK, on s’entend, il s’agit de jouer avec la notion d’importance et l’ordre des choses à faire. Mais, comme le dit Perry, tous les procrastinateurs sont passés maîtres dans l’art de s’autotromper !

Pourquoi j’aborde ce sujet ? Parce que je suis un procrastinateur de premier ordre ! J’aime perdre mon temps, ne pas faire ce qui doit être fait et remettre à demain ce qui devait être fait hier. Ben oui, je me connais et je m’autodiagnostique très grand procrastinateur.

Donc, on pourrait croire que la méthode Perry fonctionnerait parfaitement pour moi. Mais non. Elle ne fonctionne pas du tout. Je rationalise trop ce que je dois faire et je n’arrive pas à m’autotromper comme le suggère Perry. Je sais que je triche et donc il me faut me trouver une autre méthode pour arriver à faire ce que je dois faire dans les délais prévus.

J’ai donc développé avec les années la méthode du champ de post-it. Qu’est-ce donc que le champ de post-it ? C’est très simple. Sur mon bureau, j’ai toujours sous la main plusieurs paquets de post-its. La couleur importe peu. À chaque fois qu’une tâche s’ajoute à ma « liste » (je ne fais pas de liste, mais vous comprenez le principe), je l’inscris sur un post-it que je colle sur mon bureau.

C’est ici que la magie opère. Il ne doit y avoir aucun ordre, aucune structure, aucun classement. Les post-its sont placés pêle-mêle sur mon bureau et forment un champ. Le champ de post-it. Certains peuvent en couvrir d’autres, il peut y avoir plus d’une tâche sur un même post-it, même si généralement je tente d’éviter ça. Aussi, j’évite d’associer une couleur à un type de tâche. Il ne faut pas qu’il y ait d’organisation, c’est crucial pour que mon système fonctionne.

Pourquoi il ne faut pas qu’il y ait d’organisation, de structure, de hiérarchie ? Parce que ça m’obligerait à entrer dans le mode de fonctionnement de Perry et je sais déjà que ça ne fonctionne pas pour moi. Sans structure, je suis libre de faire n’importe quelle tâche sur mon bureau à n’importe quel moment. Surtout, je n’oublie pas ce que je dois faire et les post-its sont là comme un rappel permanent de ce qui m’attend.

De plus, je peux ajouter des commentaires, des notes à mes post-its et bien sûr, il n’y a rien de plus satisfaisant que de prendre un post-it lorsqu’une tâche est accomplie et de la jeter au recyclage ! Le geste est jouissif, un renforcement positif nécessaire et apprécié.

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Written by Le barbare érudit

25 octobre 2014 à 18 h 58 min

Publié dans Réflexion

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