Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Archive for the ‘Politique provinciale’ Category

Sourd : celui qui ne veut pas entendre; aveugle : celui qui ne veut pas voir

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Aujourd’hui, Pratte réagissant aux réactions à son éditorial sur la commission d’enquête que Charest a mise sur pied :

Il semble que ce qu’on me reproche, c’est d’apporter quelques nuances au lieu de mener une charge à fond de train contre Jean Charest.

Non, M. Pratte, vous n’avez pas compris. On ne vous reproche pas d’introduire un élément de subtile nuance dans ce discours. Ce qu’on vous reproche, c’est la constance avec laquelle vous vous évertuez à défendre les décisions de ce gouvernement qui, à l’évidence, préfère ses propres intérêts à ceux du peuple.

En ce sens, il est très ironique de voir que, tout comme Charest qui refuse d’entendre ce que le peuple lui hurle depuis plus d’un an, vous aussi refusez de voir que vous n’avez aucune objectivité en ce dossier.

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Written by Le barbare érudit

20 octobre 2011 at 13 h 25 min

Publié dans Politique provinciale

L’évidence

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Je crois qu’on peut dire trois choses au sujet de la politique au Québec.

  1. Il y a des gens qui sont souverainistes et qui s’opposent au fédéralisme.
  2. Il y a des gens qui sont fédéralistes et qui s’opposent à la souveraineté.
  3. Il y a tout le reste de la population, probablement la majorité, qui n’est ni complètement souverainiste, ni complètement fédéraliste, mais qui généralement s’en fout pourvu que la paye rentre et que la vie ne change pas trop.

Autrement dit, c’est le règne de l’individualisme, le règne du « me, myself & I » et ce n’est ni bon pour 1, ni bon pour 2, ce n’est bon que pour le statu quo parce que qui dit changement dit instabilité et qui dit instabilité dit perte de jouissance de tous ces petits plaisirs de la vie. Comme actuellement le Québec est une province « comme les autres (sic) », ben le statu quo sert les fédéralistes. Si le Québec était un pays, je suis convaincu que le statu quo servirait les souverainistes.

Autrement dit, si ça demande un effort, ça ne passe pas. Tout comme les hausses d’impôts et de taxe, la diminution des services, et tutti quanti. Dès qu’il est question de bousculer le confort acquis au cours des années, dès qu’on vient remettre en question la « loi du divan », le niveau d’appui baisse, il devient pratiquement impossible de mobiliser la population.

Ce que je ne dis pas, c’est que les gens sont paresseux. Oui, il y en a des paresseux. Beaucoup même abonner à la LME (la loi du moindre effort). Mais il y en a encore davantage qui sont des travailleurs acharnés prêts à s’investir corps et âme dans leur boulot, à y consacrer un nombre incalculable d’heures quitte à négliger famille et amis.

Ce que je dis c’est que ces sacrifices à l’individualisme commandés par une cause, par exemple la souveraineté (ça pourrait être n’importe quelle autre cause), sont perçus comme trop cher payer dès lors que niveau de confort est grand. On pourrait résumer ceci en disant que le niveau de sacrifice acceptable par la population est inversement proportionnel au niveau de confort.

Si j’étais chef de gouvernement et cynique, je m’arrangerais pour garder le niveau de confort de mes citoyens aussi haut que possible ce qui m’assurerait certainement de très grandes chances de succès auprès de celle-ci.

Written by Le barbare érudit

9 juin 2011 at 10 h 02 min

Le plan Nord

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Quelques statistiques.

L’espérance de vie au Nunavik est de 63 ans pour les hommes et 69 ans pour les femmes. Elle est de 78 ans et 83 ans respectivement dans le reste du Québec.

Le taux de suicide est de 211 par 100000 habitants au Nunavik. Il est de 9,2 pour le reste du Québec.

Au Nunavik, 70 % des suicides sont commis par des jeunes âgés de 15 et 24 ans.

On recense 3 fois plus de maladies à déclaration obligatoire au Nunavik que dans le reste du Québec.

Le taux d’obésité est de 28 % au Nunavik. Il est de 16 % pour le reste du Québec.

Au Nunavik, 81 % des jeunes quittent l’école sans avoir obtenu de diplôme d’études secondaire. Pour le reste du Québec, on parle d’environ 25 %. Il n’y a aucun cégep ni université.

Et je ne parle pas des problèmes de manque de logement, de drogue et d’alcool, de familles d’accueil, des autres problèmes sociaux, etc.

Mais le Plan Nord nous promet des jobs…

Written by Le barbare érudit

20 mai 2011 at 14 h 20 min

Votre aide

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Je ne suis pas du genre à solliciter l’aide des autres. Je préfère franchement me débrouiller seul. Sauf que parfois, seul, on n’arrive pas à faire changer certaines choses. Comme ici au Nunavik où le nombre de logements disponible pour la population est nettement insuffisant.

Ainsi, il n’est pas rare que plus d’une dizaine de personnes soient obligées de partager la même maison parce qu’il n’y en a pas d’autres disponibles. Je vous laisse deviner le genre de conséquence que cette promiscuité peut entraîner chez les enfants.

Les jeunes adultes doivent ajouter leur nom à une liste qui ne semble jamais vouloir diminuer s’ils veulent, un jour, peut-être, gagner à la loterie de la distribution de nouveaux logements. Parce que le nombre de logements construits chaque année est nettement insuffisant pour répondre à la demande croissante venant de l’explosion démographique du Nunavik.

C’est pourquoi je vous invite à signer cette pétition qui sera présentée à l’Assemblée nationale le 2 mars prochain. Il se peut que ça ne change rien à la situation. Mais comme ça ne prend que quelques minutes à faire, et s’il fallait que grâce à ceci les conditions de vie des résidents du Nunavik s’en trouvent améliorer, je crois que ça vaut au moins le coup de le faire.

Cliquez sur le lien suivant pour signer : Pétition : Surpeuplement des logements au Nunavik/Housing overcrowding in Nunavik

Nakurmiik marialuk.

(Merci beaucoup.)

Written by Le barbare érudit

24 janvier 2011 at 18 h 04 min

Publié dans Politique provinciale

Je réfléchis à certaines questions, partie 2

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Dans le premier billet de cette (courte) série, j’ai présenté ma compréhension de l’état de droit, le fondement même de tout État démocratique. Je le répète, je ne suis pas un spécialiste de la chose, je ne fais que présenter ma réflexion autour de la question.

Mais ce premier billet se voulait d’abord et avant tout une introduction à ma compréhension de la chose politique. De toute évidence, j’ai employé un ton neutre parce que le sujet n’était pas chargé émotivement.

Les bases de la démocratie devraient être, et enseignée à, et comprise par, tous. C’est là une condition sine qua non à toute participation active et en toute connaissance de cause à la vie publique.

La suite, ce billet-ci et le suivant, touchent à des questions qui n’ont rien de neutre. Je prends position.

La question qui tue

Autour d’un verre. Quelques amis, ou collègues ou membres de la famille et là, on tente tout pour éviter le seul sujet qui assurément fera dégénéré la soirée. La politique. Surtout la politique québécoise qui est polarisée à l’extrême. Le débat identitaire, référendaire et constitutionnel, ça vous dit quelque chose?

Évidemment, il n’est pas long qu’on déborde sur ledit sujet maudit et que le ton se met à monter. Et c’est là que la question qui tue tombe : ouains, mais, pourquoi t’es séparatisse? Euh… ben passe que. Baon. Pis toi, pourquoi tu tiens tant que ça à rester dans le Canada?

Donc, on ne s’en sort pas, on tombe dans l’infantilisme primaire parce qu’on tente de se coincer d’un côté comme de l’autre. Mais n’est-ce pas là l’occasion idéale de se lancer à corps perdu dans un véritable débat d’idée? Les plus beaux débats?

Non, mais, vraiment, pourquoi?

Je le dis d’entrée de jeu : je suis souverainiste, indépendantiste, séparatiste, c’est comme vous voulez.

Je le dis et l’affirme sans détour parce que profondément, j’y crois. Lorsqu’on me demande de quel pays je viens, naturellement, je réponds le Québec.

Mais la question qui me hante toujours après avoir affirmé que je suis indépendantiste, c’est pourquoi? Pourquoi suis-je indépendantiste? Où sont les racines de cette conviction qui m’habite à ce sujet? Et comment puis-je l’articuler de telle sorte qu’il soit possible de transmettre cette conviction aux autres?

Parce qu’il ne faut pas être dupe : il n’y aura pas de souveraineté sans une adhésion claire à cette option. Et cette adhésion ne se fera pas sans effort. Il faudra convaincre les indécis et peut-être même d’autres individus opposés à cette idée que de toutes les options possibles, c’est celle qui présente le plus grand intérêt, les meilleures perspectives d’avenir.

L’objet de ce billet est justement de réfléchir à la raison qui me pousse à épouser cette position. Je voudrais offrir un semblant de réflexion pour répondre à cette fameuse question.

C’est pas économique

Comme tous ceux qui me lisent depuis un bout le savent, je vis au Nunavik depuis maintenant onze ans. Je ne reviendrai pas sur tout ce que j’ai déjà écrit au sujet de cette région. Fouillez un peu, vous trouverez beaucoup de choses.

Le Nunavik est complètement dépendant économiquement des gouvernements fédéral et provincial. Il n’y a pas d’industrie, mis à part la mine de Raglan, pas d’économie. Trois grandes organisations se partagent la vaste majorité de la manne gouvernementale : l’Administration régionale Kativik (ARK), la Commission scolaire Kativik (CSK) et la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSS). L’ARK est un organisme paragouvernemental dont les dirigeants sont élus au suffrage universel par les résidents du Nunavik. Tout son budget lui vient de Québec. La CSK possède un conseil des commissaires élu par les bénéficiaires du Nunavik. Tout son budget vient de Québec. La RRSSS aussi reçoit tout son budget de Québec.

Depuis maintenant plus de dix ans, on parle de fusionner ces trois organismes en un seul et de former une nouvelle structure paragouvernementale qui porterait le nom de Gouvernement Nunavik. Une sorte d’autonomie gouvernementale pour les Inuit.

J’imagine que vous me voyez venir. Mais je vous jure que non. Parce que l’argument que je tente de soulever ici n’a rien à voir avec tout ça. Là, je ne m’en tiens qu’au contexte de ce que je veux dire. Mais poursuivons.

Les Inuit désirent cette forme d’autonomie parce que, selon eux, ils forment un peuple, une nation, que nous, les blancs, et ce jugement n’a absolument rien à voir avec la couleur de notre peau, mais bien avec le fait que nous ne sommes pas Inuit, n’en sommes pas représentatif. Ils veulent récupérer certains pouvoirs décisionnels quant à leur avenir, ils veulent se doter des outils nécessaires au plein épanouissement de leur peuple. Ce qu’ils veulent, ce qu’ils cherchent, c’est d’arrimer leur culture avec la modernité.

Ce désir d’autonomie si cher aux Inuit nous échappe à nous, québécois. Voilà où je veux en venir. Il y a chez les Inuit une réelle volonté de reprendre le contrôle de sa destinée afin d’assurer la survie d’une langue et d’une culture en constant danger de disparition.

Ce qu’on ne retrouve pas chez ce peuple du froid, c’est la peur de l’économie, les difficultés, voir l’impossibilité de réaliser un tel projet dans les circonstances actuelles. Au contraire, on veut foncer et on avance à grands pas dans cette voie.

Pendant ce temps, nous, Québécois, hésitons et reculons sur cette question alors que nous possédons entre les mains tous les outils pour y parvenir. Sans outil, les Inuit foncent cependant que nous, pourtant bien outillé pour le faire, nous reculons.

Culture et langue

Et c’est ici que je voulais en venir. La culture et la langue, mais surtout la volonté inébranlable de vouloir les défendre et leur assurer un avenir sain. C’est ce qui devrait être la seule raison d’être de la souveraineté. C’est ce qui définit et motive mon action et mon adhérence à cette cause.

Si je suis souverainiste, c’est que je sais profondément en moi que la seule façon d’assurer la survie et de faire prospérer notre langue et notre culture, c’est de se l’approprier et d’en prendre le contrôle total. Et la meilleure façon d’y parvenir, c’est par la souveraineté.

Written by Le barbare érudit

7 janvier 2011 at 12 h 21 min

La forteresse | Mario Roy

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Quelque chose m’échappe.

Un débat nécessite au moins deux parties qui défendent des positions différentes et opposées.

Or, l’éditorial de Mario Roy, La forteresse, me laisse songeur. À le lire, on serait porté à croire qu’il n’y a au Québec aucun débat public entre la gauche et la droite. Il n’y aurait qu’une gauche ubiquiste et surpuissante.

Bref, cette impression ponctuelle confirme qu’au Québec, une proposition politique pouvant être classée à droite est immorale, illégitime, presque illégale, en tout cas totalement inadmissible dans l’espace public.

Une telle affirmation est, au mieux, totalement ridicule, au pire, relève d’une profonde malhonnêteté intellectuelle. Comment peut-on, sans rire, écrire une telle chose? Prétendre que la droite n’a pas droit au chapitre est faux, archifaux. Nous ne sommes pas en Chine ou dans l’ex-URSS avec des bataillons d’agent du KGB aux trousses du moindre révolutionnaire libertaire.

Dans un débat, il m’apparait tout à fait normal que chacune des parties s’évertue à démontrer la supériorité de sa position quitte à dénigrer à l’autre ce droit. C’est de bonne guerre. La gauche a tendance à démoniser la droite, voilà l’angle qu’elle décide d’emprunter afin de défendre sa position. C’est à la droite de trouver un tel angle.

Ce qui est clair, c’est que la droite ne s’est jamais aussi bien portée dans l’espace public depuis la Grande Noirceur. Qu’on pense au Réseau Liberté-Québec, à la volonté avouée de Legault de former un parti de centre droit et de l’appui qu’il reçoit déjà avant même sa création.

D’un côté comme de l’autre, on ne lésine pas sur l’hyperbole et l’enflure verbale. Il ne faut pas se surprendre d’entendre un Réjean Parent se jeter à bras raccourci sur le moindre os de droite qu’il pourrait dénicher. Pas plus que nous devrions nous surprendre de lire un André Pratte faire l’apologie d’une réduction du rôle de l’État.

Mais je croyais Mario Roy d’ordinaire plus nuancé. C’est définitivement ce qui m’échappe…

Written by Le barbare érudit

5 janvier 2011 at 11 h 12 min

Le brouillard | Le Devoir

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Le brouillard | Le Devoir

C’est sous la plume de Manon Cornellier que j’ai lu un des textes les plus intéressants et intelligents au sujet des fuites de WikiLeaks. Et sa chute, brillante, devrait être la seule et unique source d’inspiration de notre jugement :

À croire que nos réflexes et balises éthiques ont disparu dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Franchement, c’est épeurant.

Written by Le barbare érudit

6 décembre 2010 at 9 h 30 min