Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Les vrais gagnants

with 17 comments

Les vrais gagnants, c’est ce jeune qui s’est fait arraché la moitié du visage par un chien, qui n’est pas venu à l’école pendant des années à la suite de cette attaque et qui, cette année, à douze ans, a décidé de revenir et a finalement appris à lire.

Les vrais gagnants, c’est cet élève du secondaire qui voit un de ses textes publiés dans un recueil d’œuvres d’élèves.

Les vrais gagnants, ce sont ces trois filles qui, contre toute attente, obtiendront leur diplôme d’études secondaires cette année.

Les vrais gagnants, ce sont toutes ces victimes d’agressions sexuelles qui chaque jour se présentent, sourire aux lèvres, à l’école.

Les vrais gagnants, ce sont ces enfants de six, sept ou huit ans qui doivent s’occuper, souvent seuls, de leurs petits frères et de leurs petites sœurs le matin avant de venir à l’école.

Les vrais gagnants, c’est ce jeune qui, en famille d’accueil, finit par s’intégrer et à progresser dans ses apprentissages.

Les vrais gagnants, ce sont tous ces élèves qui refusent de quitter l’école lorsque la dernière cloche retentit à 15 h 45.

Je m’en fous de savoir que mon école est première ou dernière de quelque classement tendancieux et pour lequel certains se gonflent d’orgueil. Je ne travaille pas pour des statistiques. Je travaille pour des élèves.

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Written by Le barbare érudit

8 juin 2010 à 18 h 55 min

Publié dans Affaires scolaires

17 Réponses

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  1. […] This post was mentioned on Twitter by Nelson Lamoureux and Alexandre Pachot, Laurent Chouinard. Laurent Chouinard said: À lire. Émouvant. RT @LeBarbareErudit: Les vrais gagnants: http://bit.ly/ah6klV […]

  2. Je t’annonce que tu es toi aussi un grand gagnant : tu viens de te mériter une Chevette 😀

    Satania

    8 juin 2010 at 20 h 20 min

  3. Peut-ëtre suis-je dans le champ… Peut-être n’aimeras-tu pas, cher Barbare.

    Si je peux me permettre, un autre gagnant, c’est qu’il y a un début de commencement de réflexion quant au fait que la diplomation et l’éducation dans le Grand Nord ont besoin d’aide et de ressources. À travers les palmarès et les données sur le décrochage, j’ai entendu pour la première fois des gens et même des politiciens mentionner qu’il faudrait faire davantage dans ce cas précis. Cela se traduira-t-il par quelque chose de concret? Je l’espère. Parce qu’on ne peut pas tolérer qu’une partie importante des gens qui vivent sur le territoire québécois soit exclus et marginalisé de la sorte.

    • C’est compliqué cette histoire là. Je crois que cet été, il faudrait bien s’organiser une petite rencontre pour en discuter. Ça risque d’être intéressant.

      Juste une chose. Il faut faire attention de ne pas analyser la situation au Nunavik avec nos yeux de blancs du Sud. C’est pas la même patente du tout.

      lebarbareerudit

      9 juin 2010 at 7 h 21 min

  4. Je suis trop d’accord! Pour avoir moi-même fréquenté une école du 1% des premiers rangs centiles de palmarès à la con pour lesquels les élèves se font si facilement foutre dehors !

    seranessa

    8 juin 2010 at 22 h 54 min

    • Je n’ai jamais fréquenté ce genre d’établissement. J’ai toujours été dans des écoles normales ou de milieux défavorisés. Je te crois donc sur parole.

      lebarbareerudit

      9 juin 2010 at 7 h 25 min

  5. Les gagnants son aussi ceux qui savent reconnaitre que la victoire ne viens pas nécessairement avec la reconnaissance populaire. Excellent texte.

    Félix

    8 juin 2010 at 23 h 54 min

  6. Un autre beau texte touchant de ta part. Celui de nous faire réfléchir sur la véritable raison d’être d’un gagnant.

    Tu dépeins bien qu’un gagnant n’est pas nécessairement celui qui gagne les honneurs des autres mais bien les honneurs de lui-même.

    demijour

    9 juin 2010 at 7 h 40 min

  7. Très bien dit!!!

    Gabriel

    9 juin 2010 at 8 h 22 min

  8. contre toute attente, je trouve que ton texte donne le goût de s’évader au Nord, comme l’insctinc de survie, d’être en vie, de servir à quelque chose dans ce foutu monde… Petite tappe sur l’épaule en guise de reconnaissance M. Le Barbare

    Naomi

    9 juin 2010 at 15 h 58 min

    • Je crois que dès qu’on s’investit dans quelque chose, peu importe ce que c’est, on sert à quelque chose dans ce foutu monde, comme tu dis.

      Bienvenu chez nous!

      lebarbareerudit

      12 juin 2010 at 20 h 03 min

  9. Merci.

    Missmath

    12 juin 2010 at 15 h 36 min


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