Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

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Au delà de LaTex

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J’ai déjà abordé ce sujet à deux reprises. Je parle ici de l’environnement de préparation de document LaTeX.

Je crois toujours que LaTeX est un excellent outil pour écrire des textes qui seront imprimés, mais je comprends que plusieurs pourraient trouver la courbe d’apprentissage plutôt abrupte. C’est que, en effet, ce ne sont pas tous les ours qui ont envie d’apprendre à programmer, même un outil relativement simple comme LaTeX.

Il existe cependant d’autres possibilités qui permettent de tirer avantage du système LaTeX sans avoir à en apprendre toutes les subtilités. Je pense ici à Markdown et à MultiMarkdown.

De kossé?

John Gruber est le créateur de Markdown. Il s’agit d’un outil de conversion qui prend du texte et qui le transforme en HTML. L’idée est d’écrire normalement avec seulement quelques balises simples et naturelles à apprendre et laisser l’outil convertir le tout en code HTML.

Ainsi, plutôt que d’écrire quelque chose comme

on écrit

ce qui, comme on peut le constater, est tout de même plus facile à retenir que le code HTML.

Mon objectif n’est pas ici de faire un cours sur la syntaxe de Markdown. Je vous invite à visiter la page Markdown de Gruber sur son site pour en apprendre davantage sur cet outil.

Quel lien avec LaTeX, dites-vous? J’y arrive. En passant par Multimarkdown. Il s’agit d’une extension de Makdown qui ajoute certains éléments de syntaxe pour couvrir des aspects non couverts par Markdown. Entre autres, Multimarkdown ajoute les notes en bas de page, les tableaux et la bibliographie.

Là où Multimarkdown brille, c’est dans le fait qu’il est possible de l’utiliser pour générer un document LaTeX et ainsi profiter du système LaTeX et de ses forces, à savoir, la composition et la mise en page de documents structurés, sans avoir à se préoccuper d’en connaître la syntaxe et le fonctionnement.

À découvrir si vous écrivez le moindrement.

Written by Le barbare érudit

27 mai 2011 at 13 01 38 05385

Publié dans Techno

Le iPad 2

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Demain, 2 mars, Apple tiendra une conférence afin de présenter ce que d’aucuns croient qu’il s’agira de l’iPad 2. Il y a un an, l’iPad sortait et, grand amateur devant l’éternel de techno, je m’en suis procuré un dès sa sortie au Canada. J’en ai d’ailleurs fait plusieurs billets (ici, ici, ici, ici et ici).

Si je vous parle de ça aujourd’hui, c’est que, lisant quelques trucs à ce sujet, entre autres, les conjectures de certains analystes à ce sujet, je ne peux m’empêcher de penser que l’apparition d’Android, de Windows Phone 7 et de WebOS dans le paysage des tablettes et téléphones numérique est une excellente chose en soit. On lit souvent que la prochaine tablette numérique Android sera l’« iPad killer », ce qui est une réaction tout à fait puérile. Mais la véritable bonne nouvelle ici, c’est que sans cette concurrence, le rythme des innovations déclinerait rapidement.

En effet, quel est l’intérêt d’innover s’il n’y a personne à battre? On se repait alors dans la facilité plutôt que de tenter de repousser ses propres limites.

C’est ce qui me dire que ces tous ces développeurs de systèmes d’opération mobile vivent dans une sorte de symbiose, s’alimentant les uns les autres des innovations qu’ils développent. C’est ce qui fait que l’annonce de demain par Apple est si intéressante. Elle s’inscrit dans une saine compétition où il n’est pas permis de relâcher sa garde. Il est certain qu’Apple se sera inspiré des dernières trouvailles de tous ses concurrents tout comme ces derniers ne cessent de bâtir sur ce qu’Apple a déjà créé.

Et je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour notre pauvre système de télécommunication au Canada, autrefois l’envie de tous les pays du monde, mais qui aujourd’hui perd de plus en plus de valeur à cause justement du manque de concurrence qui n’oblige pas ses « développeurs » à innover et à se dépasser. Je crois qu’il y a là une grande leçon à prendre.

Written by Le barbare érudit

1 mars 2011 at 13 01 30 03303

Publié dans Techno

Quand on ne sait pas de quoi on parle

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Je fais rarement dans le techno préférant laisser ça à des gens plus compétents et plus connaissants que moi. Mais parfois, comme c’est le cas maintenant, il y a des sujets qui viennent me chercher. Je ne me gênerai pas pour les aborder.

On en parle depuis des semaines. Mario Roy en a parlé. Dianne Buckner en a parlé. Même Ars Technica en a parlé, plus d’une fois.

De quoi s’agit-il? De la décision du CRTC d’imposer la tarification selon l’usage de la bande passante d’internet. En gros, l’argument se pose de la manière suivante : tout comme on paye pour chaque litre d’essence qu’on utilise, on devrait payer pour chaque octet qu’on utilise.

Donc, à première vue, tout ça semble bien raisonnable. On paye selon l’usage qu’on fait de la bande passante. Et en effet, c’est un fait reconnu que certains usagers font une plus grande utilisation de la bande passante que d’autres, ils devraient donc en assumer un plus grand coût.

Donc, la bande passante, c’est comme de l’essence dans une voiture. Plus on en utilise, plus on doit payer.

Non.

L’analogie avec l’essence est non seulement boiteuse, elle est carrément fausse. Les octets voyageant sur le réseau internet n’ont rien de l’essence qu’on utilise pour faire fonctionner la voiture. Ni avec l’électricité dont on se sert tous les jours pour faire fonctionner nos appareils.

Imaginons une autoroute. Pas n’importe quelle autoroute. Une autoroute à 100 voies. Elle peut facilement accueillir des millions de voitures par jour sans problème et sans congestion. Les voitures sont des octets, donc des données, voyageant le long de cette autoroute incroyablement large et dont la capacité est loin d’être atteinte.

Imaginons maintenant que sur cette autoroute roule l’équivalent du trafic actuel à Montréal. Vous allez être d’accord avec moi pour dire que les embouteillages et autres désagréments de la conduite en ville seraient pratiquement inexistants.

Et bien voilà ce à quoi ressemble actuellement le réseau internet au Canada. Sauf que plutôt que d’avoir une autoroute publique qui appartient à l’État, cette autoroute est privée et à appartient à quelques immenses conglomérats qui sont Bell, Shaw, Rogers, Telus et Vidéotron.

Je ne reprendrai pas les excellentes explications de mon ami Laurent sur Geekbecois sinon pour le citer :

Quand on dit que Bell veut facturer pour la bande passante des clients des petits fournisseurs, ce n’est pas la « consommation d’internet », qu’on facture ici, mais bien un genre de « droit de passage sur le réseau de Bell ». La vraie bande passante pour internet, c’est le petit fournisseur qui la paie à son propre fournisseur de connexion, soit Bell, ou un autre.

Allez lire l’article au complet ainsi que celui dans lequel il explique ce que représente cette décision heureusement annulée depuis.

Mais, ceux qui me connaissent l’auront compris, c’est pas vraiment ça qui m’irrite ici. Oui, je trouve inacceptable qu’on tente de donner un droit souverain à Bell pour qu’elle puisse imposer aux petits fournisseurs une façon de faire qui ne représente en rien leur modèle d’affaires et qui ne sert que de frein au développement de la société de l’information.

Ce qui m’irrite le plus ici, ce sont les commentaires des éditorialistes et autres commentateurs dans les médias et qui s’expriment sans vraiment comprendre le fond de la question. Ce qui fait qu’ils colportent des âneries du genre de celle-ci (rapporté par Dianne Buckner) :

It’s the fault of this small pack of hogs who gobble up more than 80 per cent of Canada’s available bandwidth (according to numbers from Bell Canada and quoted by the chairman of the CRTC last week) — they created this scenario where internet access will have to be « capped » and all consumers face a new system of billing.

Ce qui est complètement faux. Les « porcs », c.-à-d. les grands utilisateurs d’internet, consomment 80 % de la bande passante actuellement utilisée, ce qui est loin d’être 80 % de la bande passante disponible. C’est une nuance importante à apporter dans le contexte, car à lire cette phrase alarmante on pourrait être porté à croire qu’il ne reste que 20 % de bande passante pour desservir le reste, la majorité!, des Canadiens. Mais ce n’est pas le cas.

Reprenons l’exemple de l’autoroute. Selon ce qui est écrit par la journaliste, 80 des 100 voies seraient utilisées par les quelques « porcs » d’internet, ce qui ne laisserait que 20 voies pour tout le reste de la population. Mais ce n’est pas ce qui se passe. En fait, la réalité, c’est que si on compte 100 voitures passées, 80 de ces 100 voitures appartiennent aux grands consommateurs de bande passante. Ce qui n’est pas négligeable. Mais les 100 voies de l’autoroute ne sont pas utilisées en entier. Nous n’en utilisons qu’une fraction, peut-être 20, peut-être 40 voies. Le service des utilisateurs « ordinaires » n’est en aucun cas menacé à ce moment-ci.

Bruckner n’est cependant pas la seule à faire dans l’incompréhension des enjeux à la base de cette décision. Mario Roy fait de même après avoir pourtant identifié correctement un des principaux arguments en faveur du rejet de la décision du CRTC :

Deux, la discussion actuelle est colorée par ce que nous serions tentés d’appeler le « nettisme » (!). C’est-à-dire une tournure d’esprit forte et articulée, fondée sur la culture de la gratuité, la gratification de l’échange paritaire et la méfiance à l’endroit des « gros ».

La décision du CRTC se trouve justement à créer une injustice flagrante en tuant la concurrence. Il ne s’agit nullement d’exiger la gratuité à tout prix, mais bien de donner la chance à une concurrence juste et équitable de se mettre en place. Les consommateurs auraient été les grands perdants de cette décision en faisant des petits fournisseurs de service internet de simples comptoirs de revente de Bell.

Au fond, tout ce que cette décision faisait, dans les faits, c’est de renforcer la position monopolistique des grands fournisseurs.

Il ne faut pas oublier deux autres aspects importants qui touchent cette décision. Les services de visionnement sur demande en ligne et les réseaux de télévision. Je m’explique.

Bell, Rogers, Vidéotron, Shaw sont tous de grands fournisseurs de service internet. Non seulement fournissent-ils des services directement aux consommateurs, mais ils sont aussi responsables de fournir des services à des plus petits fournisseurs qui la revendent à leur tour aux consommateurs. Jusqu’ici, tout va bien. Mais ces grandes compagnies sont aussi des fournisseurs de service de télévision. Bell avec le service ExpressVu, Rogers, Vidéotron et Shaw avec le câble.

Or, de plus en plus est-il possible de retrouver sur internet une offre de visionnement des émissions télévisées tel que tou.tv. Ajoutons à ça l’offre de service de visionnement de films sur demande qu’offre maintenant Netflix et il est clair que les intérêts des uns entrent en conflit avec les intérêts des autres.

Il ne faut donc pas s’étonner de voir Bell vouloir limiter l’utilisation de la bande passante à une fraction de ce qu’elle était sachant qu’internet pourrait en venir à remplacer la télévision. Pourquoi payer pour les services d’un revendeur de signal de télévision lorsqu’on peut aller chercher ce qu’on souhaite sur demande et surtout éviter de subir tout ce qui ne nous intéresse pas?

Ce qui nous amène à parler du second aspect inéluctable de la question : l’augmentation de la demande pour l’accès à internet. En effet, avec une offre de plus en plus diversifiée et complète, mais surtout exigeant une connexion à internet à haut débit et idéalement sans limites de téléchargement, il est clair que la pression sur les fournisseurs pour offrir un meilleur service augmentera rapidement.

Car personne ne remet en question ce fait. Il y aura de plus en plus d’utilisation de la bande passante ce qui veut dire qu’il faudra, dans un avenir plus ou moins rapproché, en augmenter la capacité. Et cette augmentation de la demande ne viendra pas des « porcs » du net, mais bien des gens ordinaires, ceux-là mêmes qui actuellement ne consomment que 20 % de la bande passante utilisée. Il ne faudrait pas l’oublier non plus.

Mais surtout, avant de parler d’un sujet, les chroniqueurs devraient d’abord s’assurer de le comprendre. Ça leur éviterait d’écrire des âneries.

Written by Le barbare érudit

12 février 2011 at 16 04 31 02312

Publié dans Réflexion, Techno