Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

La première fois

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Le 6 octobre au matin, je me souvins de la première fois où je me servis d’une souris.

J’étais en secondaire 5. Je faisais partie de l’équipe chargée de produire l’album étudiant de l’école où j’allais. Mais ce n’est pas ce sur quoi je travaillais ce jour-là. Je rédigeais plutôt un texte que je devais remettre à mon enseignante de français. Un travail d’équipe. Nous étions trois dans l’équipe. Nous rêvions tous de carrière en ingénierie. Nous nous imaginions déjà en train de concevoir les grands projets qui allaient révolutionner le monde. Comme tous les jeunes de notre âge.

Je me souviens encore que nous avions sélectionné tout le texte avec la souris et que nous avions joué avec les polices disponibles. Il n’y en avait que quelques-unes. De voir le texte se transformer sous nos yeux, là, à l’écran, nous étions fascinés, hypnotisés. C’était littéralement magique.

Nous décidâmes, à la blague, de choisir une police de symboles et d’en remettre une copie à l’enseignante pour le simple plaisir de voir sa réaction. Nous fîmes donc imprimer cette version de notre texte que nous remîmes à notre enseignante.

L’incrédulité que nous lûmes sur son visage! L’incompréhension totale face à cette page couverte de symboles incompréhensibles, nous nous mîmes à rire à gorge déployée, content de notre coup. Nous lui remîmes une version plus lisible de notre texte.

Vous aurez compris que cette souris était branchée à un ordinateur Macintosh d’Apple. Vous savez, ces vieux Mac classiques avec la souris rectangulaire et l’écran en ton de gris. Ils étaient beiges avec des lignes bien définies, droites, un design intemporel.

Évidemment, la vie n’est pas une ligne droite. C’est une route sinueuse où les intersections sont légions. Et comme la destination n’est jamais connue d’avance, on avance à tâtons en espérant ne pas trop se tromper. Je ne suis pas devenu ingénieur. Je n’ai pas révolutionné le monde. Et bien malin qui aurait pu prévoir qu’aujourd’hui, je me retrouverais à vivre au Nunavik depuis onze ans.

J’utilise toujours les produits Apple qu’a créé Steve et son équipe. Je les utilise et ils m’aident tous les jours dans mon travail et dans ma vie personnelle. Ils m’aident à me rapprocher de ma fille qui étudie au Sud, loin de nous. Ils m’aident à coucher virtuellement mes idées, mes projets. Ils m’aident à me tenir informé, à écouter de la musique, à préparer à manger, à lire. À écrire.

Rien ne nous dit que nous n’en serions pas là si Steve n’avait pas existé et nous ne le saurons jamais. Mais nous savons que grâce à lui, nous y sommes et nous y sommes élégamment.

Merci Steve.

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Written by Le barbare érudit

9 octobre 2011 à 13 h 11 min

Publié dans Réflexion, Techno

Une Réponse

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  1. « Je n’ai pas révolutionné le monde. »

    Laisse moi être en désaccord avec ce propos. Tu es directeur d’école et je suis certain que tu influences tes élèves plus que tu crois mon cher.

    Pour le reste, je ne suis pas fan des produits de la pomme, mais force est de reconnaitre leur influence sur le monde actuel. Bel hommage.

    Félix

    11 octobre 2011 at 1 h 51 min


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