Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

La mort ne nous dépassera jamais. Elle ne fait que nous rattraper.

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Il m’arrive souvent de dire, à la boutade, que la première cause de mort, c’est la naissance. L’effet est à chaque fois pas mal intéressant, passant du rire gras au malaise incertain.

Derrière cette phrase en apparence absurde se cache pourtant toute ma philosophie sur la vie et la raison profonde de mon athéisme. En effet, comme la mort est inévitable dès le premier jour de notre vie, n’avons-nous pas l’obligation d’en profiter au maximum avant qu’elle ne tire à sa fin?

On me reproche parfois d’être fataliste lorsque je laisse tomber ces quelques mots. Or, il n’en est rien. Le fatalisme, c’est se résigner à accepter une chose à propos de laquelle on croit n’avoir aucune emprise. Et même si nous n’avons aucune emprise sur la mort, nous avons toute la latitude de vivre notre vie comme bon nous semble avant que cette dernière ne se présente.

Je crois qu’accepter l’inévitabilité de la mort, c’est faire preuve d’un pragmatisme tout ce qu’il y a de plus raisonnable, mais c’est surtout apprendre à mordre dans la vie afin d’en profiter pendant qu’elle est là. Accepter la mort, c’est apprécier la vie. C’est ne rien attendre d’un au-delà illusoire.

Trop souvent, je vois des gens autour de moi qui refusent la mort et qui la craignent ce faisant oubliant de vivre leur vie. Je ne suis pas de cette race. Je n’attends pas la mort, elle me rattrapera bien assez vite.

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Written by Le barbare érudit

14 août 2011 à 11 h 11 min

Publié dans Réflexion

8 Réponses

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  1. Comme très souvent, je suis d’accord avec toi Barbare!

    Gabriel

    14 août 2011 at 11 h 43 min

  2. Idem pour moi.

    L’important, c’est qu’à la fin, nous soyons content du cheminement parcouru. Alors je mord dans la vie à chaque jour, comme toi.

    Félix

    14 août 2011 at 12 h 32 min

  3. Ter.

    «la première cause de mort, c’est la naissance»

    Je suis étonné que cette phrase cause le moindre malaise. C’est comme dire que la première cause du dicorce c’est le mariage. Ce sont des tautologies. Bon, le fait d’en faire un élément causal plutôt qu’une condition de départ est discutable, mais ce n’est seulement que pour ajouter une trace d’humour à la phrase…

    Darwin

    15 août 2011 at 6 h 05 min

    • Tu comprends que de nombreux individus, probablement une majorité, ont véritablement peur de la mort. Le simple fait de l’évoquer suffit à créer un malaise chez ces derniers.

      Le barbare érudit

      15 août 2011 at 6 h 09 min

      • Je sais bien. Moi aussi, elle me fait peur…

        Mais, le lien entre la naissance et la mort est tellement évident (en fait l’inverse, entre la mort et la naissance) pour un darwiniste que d’en faire part est même réconfortant! Perpétuer la vie est la vraie raison de notre existence (en fait, il s’agit plus d’un rôle que d’une raison). Cela dit, on n’est pas obligé de le faire!

        Darwin

        15 août 2011 at 22 h 37 min

  4. La mort… sujet tabou s’il en est un. Ma soeur et moi escortons présentement ma mère dans ses derniers moment. Combien de temps avant la fatalité? Bien difficile à dire, mais le cancer aura le dernier mot, c’est certain; tout comme il l’a eu avec mon père il y a 30 mois…

    La mort évoque en moi des émotions peu désirables. L’idée de disparaitre, de ne plus être, de devenir souvenirs puis néant me rend inconfortable. Je n’en fais pas une maladie loin de là, mais dans le contexte actuel, j’y pense un peu plus…

    Je profite au maximum, dans les contraintes du quotidien, des petits bonheurs qui font surface ici et là. Et je me promets bien de prendre ma retraite le plus rapidement possible pour justement profiter au maximum des trop peu nombreuses années qu’il me restera. Rivard le chante très bien dans « La passager de l’heure de pointe »…

    Je me lève, y est encore tôt et je m’en vais travailler
    Debout dans un métro bondé pour échanger
    Les plus belles heures de ma journée contre un salaire
    C’est ben clair, j’y perd au change….

    Dans moins de 8 ans…..!

    Yo

    Luc

    15 août 2011 at 15 h 53 min

  5. Si je peux me le permettre, je rajouterai « dans le monde occidental ».

    Car ici nous avons cette pseudo liberté de vivre notre vie comme bon nous semble. Et encore c’est davantage pour rattisser large.

    Le jeune qui meurt de fain dans ces pays de famine a-t-il véritablement un choix entre la vie jusqu’à sa mort?

    J’en doute. Pas certaine mais oui j’en doute vraiment.

    Je ne sais pas pourquoi nous vivons ici comme si une certaine certitude de vivre a perpétuité existait vraiment. Étrange comportement que le genre humain!

    Demijour

    15 août 2011 at 23 h 11 min

  6. […] ne peux m’empêcher de donner suite à ce que j’écrivais au sujet de la mort ici sans citer Kubrick : PLAYBOY: If life is so purposeless, do you feel that it’s worth living? […]


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