Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

HeavyMTL 2011

with one comment

J’y suis allé l’année dernière. J’y retournais cette année encore. Pour le meilleur et pour le pire. Parce que, soyons très honnêtes, on ne peut pas dire que la carte qu’on nous servait cette année était à la hauteur de celle de l’année dernière. Alors que nous avions eu droit à Slayer, Megadeth, Mastodon, Lamb of God et j’en passe, cette année on nous servait Kiss, Godsmack, Billy Talent et Disturbed. WTF?!?

Samedi : première journée

Très chaude. Trop chaude. Mais j’ai survécu.

Ma femme, ma fille et moi sommes arrivés vers 14 h, juste à temps pour All Shall Perish et je ne fus pas déçu. Cette performance fut à la hauteur de mes attentes. Comme je ne déteste pas le genre « deathcore », ce groupe augurait bien ces deux jours. Le reste de l’après-midi, nous l’avons passé à l’ombre, sous les arbres loin de la scène, la musique n’étant plus qu’une ambiance à laquelle je ne portais qu’une attention toute relative.

Comme notre fille était là pour voir Billy Talent, nous nous sommes rapprochés de la scène alors que Trivium y jouait déjà. Une découverte intéressante qui mérite sûrement d’y revenir un peu, ce que je ferai plus tard lorsque j’aurai repris un rythme de croisière plus normal avec le retour au travail (et au Nord!) quelque part en août. Tout de suite après, In Flames a pris place avec un son qui ne m’a pas du tout plu. Heureusement, ça n’a pas trop duré longtemps.

Finalement, Billy Talent est apparu sur scène. Bien que ça ne soit pas du métal, et il a eu l’honnêteté de le reconnaître dès le départ l’annonçant même au micro tout en remerciant le parterre de lui permettre de se produire (un public conquis d’avance…), il est clair que ce gars est une bête de scène qui sait soulever l’enthousiasme de la foule. Mais pour moi, ça ne suffit pas. J’ai besoin de quelque chose de plus agressif, de plus violent. J’ai donc dû patienter un peu.

Ma femme et ma fille m’ont quitté tout de suite après Billy Talent. Elles étaient fatiguées et ont préféré rentrer à la maison. Je suis resté pour une seule prestation, la dernière, celle de Cryptopsy, la dose de violence et d’agressivité dont j’avais tant besoin.

Malheureusement, je devais subir avant ça deux autres groupes pas mal irritants. Godsmack prenait la grande scène principale tout de suite après Billy Talent. J’ai trouvé ça tolérable, sans plus, mais c’est loin d’être ma tasse de thé. Je me suis donc mis en quête de la troisième scène, plus petite et bien cachée que j’ai trouvé à l’écart, loin des deux scènes principales. Un tout petit endroit intime où se déchaînaient les groupes moins populaires de la scène métallique québécoise et d’ailleurs. J’y ai découvert une petite perle que j’ai envie d’explorer davantage, Dissension, groupe local qui donne dans le métal sauvage et agressif. À suivre…

Je suis retourné vers les scènes principales durant le changement de matériel histoire d’écouter Disturbed qui suivait Godsmack. Misère… quelle pénible affaire. La musique plus qu’ordinaire et la voix… la voix… comment dire… atroce. Je suis resté deux minutes et je suis immédiatement retourné vers la petite scène à l’écart pour y attendre la prestation de Cryptopsy. Et ça valait la peine. En chien. Un pur défoulement primal qui agresse sans demi-mesure avec un assaut sonore sans égal. Et il faut voir ces gars-là jouer! La batterie qui défonce tout sur son passage ainsi que les guitares qui vrombissent à une vitesse ahurissante. Bref, j’ai été servi comme je le souhaitais.

Un petit mot sur la qualité de la sonorisation. Sur les scènes principales, elle variait de pourri à tolérable. Parfois, on n’entendait rien, incapable de distinguer la voix des instruments, le tout se mélangeant dans une soupe sonore infecte et indigeste. Par contre, la petite scène à part est servie par une sonorisation plus qu’adéquate qui permet d’apprécier à sa juste valeur chaque note et chaque pièce. Franchement, c’est beaucoup mieux et agréable pour les oreilles!

Dimanche : deuxième journée

Fatigués de la veille à cause de la chaleur surtout, nous avons décidé d’arriver un peu plus tard sur le site. Oui, ça voulait nécessairement dire que j’allais manquer un certain nombre de groupes, à mon grand dam, mais de la même manière que des années et des années de vie boréale nous ont prédisposés à une grande tolérance au froid, tel n’est pas le cas avec la chaleur et celle de samedi, particulièrement accablante, a su me garder loin du soleil pour quelques heures supplémentaires.

Heureusement, dimanche, l’humidité cédait le pas à un air plus sec et moins lourd ce qui a eu pour effet de rendre cette journée d’autant plus agréable.

C’est donc vers 15 h 30 que nous sommes arrivés. Je ne voulais pas manquer la prestation de As I Lay Dying. Bon, petit commentaire ici : il y a à mon humble avis, une grande emphase mise sur la variété « core » du métal durant ce festival comme en témoigne un grand nombre de groupes qui viennent de la scène « grindcore », « metalcore » et « deathcore ». Je trouve qu’il n’y a pas assez de place faite au « death metal » et à ses sous-genres, tel que le « melodeath » et le « progressive death metal ». Et je ne parle même pas ici du « black metal » pratiquement absent. C’est, à mon humble avis, une lacune de ce festival. Voilà, c’est dit. Poursuivons.

As I Lay Dying a donc donné une performance honnête qui m’a permis de voir qu’il y avait là un certain potentiel à explorer davantage, encore une fois. Mais plus tard. Parce qu’après ce début d’après-midi pas mal du tout, Children of Bodom prenait la scène d’assaut. Je tenais à voir ce groupe finlandais de visu avant de me faire une idée de ce dont ils sont réellement capables. Et je dois dire qu’ils sont bien meilleurs live que sur leurs albums studio. Ils dégagent sur scène un aplomb contagieux qui donne envie de les suivre. La magie n’opère pas autant dans l’univers léché des salles de montage audio.

Ce qui, naturellement, nous emmenait à Morbid Angel, précurseurs du « death metal » que l’on connait et adore aujourd’hui. Encore une fois, une prestation à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’un tel groupe malgré la controverse entourant leur dernier album. S’ensuivit Anthrax, groupe légendaire associé aux « Big Four » et une valeur sure en cette journée. Sachant manier la foule avec vigueur, ils donnèrent eux aussi une prestation digne de mention.

Tout ça pour dire que la principale raison pour laquelle j’ai daigné cette année investir 150 huards dans cette histoire de HeavyMTL, c’est pour le groupe suivant, Opeth. Et là, j’aimerais prendre quelques phrases de votre temps afin d’exprimer mon appréciation de ce moment tant attendu. Je l’avoue, je suis pas mal accroc à ce groupe qui se démarque des autres ce qui fait que j’ai un parti pris absolument pas objectif. So be it.

Donc, Opeth. Ce groupe détonne dans l’univers de HeavyMTL. Avec ses très longues pièces, un grand nombre d’entre elles durant plus de dix minutes, aux changements de rythme et de style parfois étonnant, Opeth n’a pas peur de prendre des risques quitte à déplaire à l’audience, par exemple, en jouant Face of Melinda, une longue balade langoureuse et suave. Est-ce que j’ai aimé la performance d’Opeth? Absolument! Sauf qu’un tel groupe méritait franchement davantage que les quelques minutes qui lui ont été accordées… et qui ne lui auront au final permis de jouer que quelques pièces. Beaucoup trop court.

Après une telle performance, ce fut au tour de Motörhead de prendre la relève. Une chose à dire au sujet de ce groupe légendaire : le niveau de décibel a été poussée d’un gros cran juste pour eux. Misère que c’était fort. Mais Motörhead étant ce que c’est, ça cadrait parfaitement avec le style biker métal de ce groupe aussi vieux que la terre du métal qui l’a vu naître. Longue vie à Lenny!

Comme la veille pour Disturbed et Godsmack, Kiss ne faisait pas vraiment parti des groupes pour lesquels je m’étais déplacé. Dire que je n’ai jamais été un grand fan de Kiss serait mentir puisque, comme à peu près tous les jeunes préados de toutes les époques, je me suis laissé séduire davantage par les prouesses scéniques et le maquillage de ce groupe que par leur musique. Sauf qu’aujourd’hui, en anti-fan que je suis, je m’attarde seulement à la musique, à la performance sur l’album ou sur scène si la musique est là, pas en dépit de celle-ci. Ma femme et ma fille par contre tenaient à voir Kiss au moins une fois avant que ces derniers ne disparaissent. Et comme j’attendais une autre performance un peu plus tard, celle de Gorguts, j’ai donc dû subir cette difficile épreuve pendant quelques minutes.

Donc, Kiss a investi la scène à grand renfort d’effets spéciaux, de projection multimédia et de pétards. Dire qu’ils savent occuper la scène est un euphémisme. Ce spectacle, ils le possèdent sur le bout des doigts et ils le délivrent avec une prestance qui frise le kitch et le quétaine. Mais bon, c’est de Kiss dont on parle et on leur pardonne ce trop-plein de bling-bling.

Dès que l’occasion s’est présentée, j’ai quitté cette orgie de couleur et de maquillage pour me diriger vers quelque chose de plus approprié pour un concert de métal. Je me suis dirigé vers cette petite scène à l’écart qui m’avait si bien servie la veille pour Cryptopsy. C’est là que j’ai retrouvé de vieux routiers absents depuis plus de dix ans. Le retour sur scène de Gorguts valait la peine. Ils ne se sont pas gênés pour nous assommer à coup de vieux succès tirés de leur glorieux passé. C’est le genre de musique dont j’avais besoin pour effacer les cruelles ribambelles que Kiss avait semé dans mon oreille.

Quelques notes de fin de parcours

Si j’avais à faire un top trois de mon weekend, j’irais avec Opeth en premier, suivi de Cryptopsy et de Gorguts. Mention spéciale à All Shall Perish aussi.

Sur la qualité sonore, disons que j’ai trouvé ça assez ordinaire en général. Heureusement, ils ont sauvé la face avec la qualité sonore d’Opeth, la puissance de Motörhead et la scène Budweiser sur laquelle tous les shows sonnaient bien.

Comme je l’ai dit plus haut, j’aimerais qu’on laisse un peu de côté les groupes de « core » qui sonnent à peu près tous pareils et qu’on se concentre davantage sur les groupes de « black metal », de « death metal » et de « progressive metal », c’est-à-dire ces groupes qui innovent vraiment musicalement parlant.

Enfin, si j’avais mon mot à dire, je prendrais frais et nuageux plutôt que chaud et ensoleillé. Mais bon, c’est le barbare en moi qui s’exprime, là.

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Written by Le barbare érudit

25 juillet 2011 à 13 h 14 min

Publié dans Musique

Une Réponse

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  1. Tu me fais quasiment regertter de ne pas y être allé… Bon tu as trouvé que ça manque de Black ? En voici une que j’écoute fréquemment… Elle est prog en plus… Si tu es trop impatient, ça commence à péter à 1 min 38… mais tu perdrais la progression!

    Darwin

    26 juillet 2011 at 0 h 45 min


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