Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Dieu vs dieu

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J’étais invité chez des collègues à un 5 à 7 informel un certain vendredi lorsque nous avons abordé le sujet de la religion. Évidemment, comme il s’agit d’un de mes sujets de prédilection, j’ai plongé tête première dans le débat, heureux d’en escrimé intellectuellement.

Or, il n’aura fallu que de très peu de temps pour que je comprenne que nous ne parlions surtout pas la même langue en ce qui concerne la religion et la foi… laissez-moi vous expliquer.

Je ne sais pas

Au-delà des dieux païens, chrétien, musulman, bouddhiste et autres, il y a ce qu’on sait, ce qu’on croit savoir, ce qu’on peut découvrir et ce qui demeurera inconnu. Autrement dit, on connait un certain nombre de choses, appelons ça l’ensemble des connaissances humaines, on croit connaître un certain nombre de choses, appelons ça les croyances, on ignore un grand nombre de choses, appelons ça l’inconnu et il y a sûrement un grand nombre de choses qui nous sera à jamais impossibles de connaître. J’ai essayé de schématiser ma pensée dans le graphique qui suit.

Connaissance

Comme on peut le voir, il existe un univers de connaissance et nous n’en comprenons qu’une infime partie. Par contre, j’ai la vague impression que nous croyons en comprendre beaucoup plus que ce que nous en comprenons réellement. En ce sens, la religion est à la base d’une grande partie de cette illusoire connaissance infondée que je nomme croyance. Et c’est là où je veux en venir avec la discussion à laquelle je faisais référence au début de ce billet.

Il m’est vite apparu clair que mon interlocuteur et moi ne parlions pas de la même chose. Alors que ma critique de la religion se base sur les dieux décrits dans les livres sacrés de ces différents cultes, la bible, le coran, etc., mon collègue lui parlait de cette partie de l’univers des connaissances qui nous échappe et qui nous sera probablement toujours inconnu.

Or, ce qui m’intéresse, c’est ce qu’on ignore encore, c’est d’élargir mes connaissances avec des faits, ce qui est démontrable. Ce qui est impossible à réfuter ou à démontrer ne présente que peu d’intérêt à mes yeux. Ce qui nous échappera toujours pourrait bien être l’œuvre d’un quelconque être supérieur, d’un « Dieu », que ça ne change rien à ma vie et je m’en fous royalement.

Je critique les religions dont les bases sont connues et bien identifiées, pas les élucubrations cérébrales pseudophilosophiques sans fondement et impossibles à confirmer ou réfuter. Quel est l’intérêt de discuter du nombre d’anges qu’on peut asseoir sur la tête d’une épingle s’il est impossible de les compter?

Par contre, affirmer que l’évolution est un mensonge parce que la bible « confirme » que dieu a créé le monde en six jours, ça, nous pouvons en discuter parce que nous savons que c’est faux à cause des connaissances que nous avons acquises à ce sujet.

Dieu vs dieu

Mon collègue ne dit pas qu’il croit en dieu ou en un « Dieu ». Il demeure sceptique à ce sujet, agnostique, donc. Il préfère se garder une petite gêne quant à savoir si oui ou non un tel « Dieu » existe. Mais rendu là, ne pourrait-on pas parler de la nature comme d’un « Dieu »?

Une chose est claire, il ne s’agit pas des dieux que je critique. Et c’est en ce sens que je prends position fermement contre la religion. Car plutôt que de nous émanciper, plutôt que de nous permettre de nous affranchir des chaînes de l’ignorance, elle nous en ajoute davantage.

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Written by Le barbare érudit

1 juin 2011 à 13 h 32 min

Publié dans Réflexion

3 Réponses

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  1. Je dis souvent que les religions organisées ne sont que des excuses pour qu’un petit nombre exerce un pouvoir sur un plus grand nombre – elles se rapprochent ainsi de la politique.

    Ce que je trouve le plus fascinant, c’est de voir comment les preachers peuvent détourner le message d’amour de Jésus (son message c’était «aimez-vous les uns les autres», quand même!) pour en faire un message de haine. Franchement, si Jésus revenait sur Terre aujourd’hui, il oeuvrerait probablement auprès des prostitués transsexuels sidatiques noirs et borgnes! Il n’exclurait certainement pas les gays, il les accueillerait à bras ouverts.

    Personne n’a besoin de me dire comment penser, et, que je sois croyante ou pas, je suis capable d’avoir une morale, de voir que tout n’est pas noir ou blanc, que la vie est remplie de zones grises, et que tout n’est pas si simple. (Il y a vraiment trop de conjonctions de coordinations dans cette dernière phrase!)

    Ne pas croire en Dieu (ou dieu-pas-de-majuscule) n’empêche pas de s’émerveiller devant la nature. Et bon yenne, les zélots (toutes religions confondues) vont-tu finir par arrêter de jouer à «mon-dieu-est-plus-fort-que-le-tien»!

    Désolée, je me suis peut-être un peu écarté du sujet, et j’aurais dû pondre un billet sur mon propre blog (que je délaisse pas mal depuis un bout!) mais ça a sorti tout seul!

    Miss Pointless

    1 juin 2011 at 14 h 39 min

  2. Pour ma part, nous trouvons la présence d’un Dieu illogique. Du moins, selon notre conception du monde. Nous savons tous à peu près comment la Terre s’est formé et comment la vie s’est créée. Mais il y a des questions qui resterons toujours sans réponse tel que pourquoi il y a eu un Big Bang? D’où viens la matière et l’anti-matière qui à créée le Big Bang? Y avait-il de quoi avant cet évènement? Ces questions resterons sans réponse au moment de notre mort.

    Mais nous sommes certains que ce n’est pas l’oeuvre d’une entité ou d’une puissance « supérieure ». Quand à savoir si nous sommes seul dans l’univers… j’en doute. Mais il y a fort à parier que nous ne nous rencontrerons jamais et c’est peut-être mieux ainsi. L’espèce humaine à beaucoup de chemin à faire avant de rencontré une autre espèce sentiente.

    Félix

    5 juin 2011 at 23 h 39 min

  3. Eh bien, le barbare … Quel intéressant sujet !

    Je n’aime pas non plus qu’on veuille expliquer l’inconnu en le reléguant au rang des croyances, à un dieu ou à un autre.

    Rationnellement, l’univers est si grand, que je doute qu’on puisse jamais le comprendre en entier.

    Et alors ?

    Jamais, on ne saura. Jamais, il n’y aura les explications pour tout. J’ai lâché prise.

    Je ne m’explique pourtant pas l’inconnu par le mystique. Ni par la religion.

    Je devrais m’élever contre ces luttes de pouvoir, que tu dénonces, qui ne cherchent qu’à valoriser leurs croyances.

    Je m’en fous.

    Toutes les religions se valent. Ce ne sont que des « guides de survie ». Des outils fournis pour apaiser le peuple au sujet de sa mortalité. Et pour le doter d’un code de morale, assez sain pour éviter les problèmes.

    Ouais, ouais, je sais. Y a de meilleurs « guides » que d’autres …

    Sylvie

    6 juin 2011 at 22 h 39 min


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