Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Le tarot des tarés

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Le tarot. Ce mot évoque probablement chez la majorité l’idée d’une rencontre privée dans un lieu sordide où, vêtue d’un immense châle et d’un foulard lui bandant la tête, une femme prédit l’avenir en retournant les cartes surdimensionnées d’un paquet que son client aura auparavant coupé. Or, le tarot a d’abord été et est encore un jeu de cartes pour quatre joueurs, le tarot divinatoire évoqué auparavant n’étant apparu que plus tard.

Ce qui soulève la question : comment se fait-il qu’un jeu puisse devenir l’objet d’une pratique ésotérique? Qu’est-ce qui fait que des gens puissent voir dans ces tirages aléatoires de cartes des signes de ce que l’avenir leur réserve?

Une partie de la réponse vient peut-être d’un article que j’ai trouvé ici. On y explique succinctement pourquoi les humains sont si prompts à croire tout et n’importe quoi. En anglais, l’article s’intitule The Belief Engine. Je traduis librement par La mécanique des croyances.

C’est un texte absolument fascinant qui explique succinctement le fonctionnement du cerveau humain en lien avec l’étonnante propension à croire tout sans demander de preuve. L’esprit critique n’est définitivement pas un produit de notre évolution…

Évidemment, un tel article se résume très mal étant lui-même un condensé de la connaissance actuel dans ce domaine. Mais s’il est une chose qu’il faut en retenir, c’est que notre esprit est « programmé » pour faire des liens là où il n’y en a pas nécessairement. L’exemple qu’il donne est éloquent…

Il nous est tous arrivé un jour de penser à quelqu’un, de recevoir un appel téléphonique et oh! Surprise! C’est la personne à qui nous pensions qui est au bout du fil! Il s’agit là d’un événement qui a toutes les apparences du surnaturel. Comment se fait-il que, alors que je pensais à elle, voilà que je reçois son appel! Automatiquement, notre cerveau fait un lien entre le fait de penser à quelqu’un et que cette personne nous appelle.

Or, ce lien n’est qu’illusoire. Il n’existe que dans notre esprit. En fait, combien de fois avons-nous pensé à quelqu’un sans que cette personne ne nous appelle? Ou encore au nombre de fois où une personne nous appelle alors que nous ne pensions pas à elle? D’innombrable fois. Mais notre cerveau ne réagit pas à ces événements parce qu’ils ne se produisent pas en même temps, donc il n’y a pas de lien de créé.

Si vous lisez l’anglais, courrez vite lire ce texte. Il est éclairant!

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Written by Le barbare érudit

22 août 2010 à 13 h 03 min

Publié dans Réflexion

4 Réponses

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  1. Carpe diem.

    Pachot

    22 août 2010 at 13 h 09 min

  2. J’ai joué pendant des années au tarot, mais ne me suis jamais fait tirer aux cartes… Je dois être anormal ! 😉

    Darwin

    22 août 2010 at 17 h 15 min

    • Bah… j’ai aussi joué beaucoup au tarot. J’aime bien ce jeu. Mais jamais je ne me suis fait tirer aux cartes. Nous sommes donc deux anormaux.

      lebarbareerudit

      22 août 2010 at 21 h 21 min

  3. Ma mémère, elle nous tirait au carte pour nous faire peur et qu’on fasse nos devoirs.

    Très intéressant cet article.

    Cannelle

    23 août 2010 at 10 h 42 min


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