Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Le jour le plus long

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Voyons ce qu’Environnement Canada dit de l’heure du lever et du coucher du soleil aujourd’hui chez moi. Lever : 3 h 28. Coucher : 21 h 43. Donc, 18 h et 15 min d’ensoleillement. Et il ne fera pas vraiment noir de la nuit.

Le printemps avance et inexorablement, nous nous dirigeons vers l’été. La neige fond rapidement cédant sa place à la toundra dénudée, au roc et aux arbustes qui s’accrochent à la vie comme la misère aux pauvres gens (oui, je sais, c’est un très mauvais cliché).

Mais surtout, c’est la longueur des jours qui est le plus impressionnant. Il reste encore un mois avant le 21 juin, jour du solstice d’été, le jour le plus long, et je sais par expérience que cette journée-là, il n’y aura pratiquement pas de nuit. Le Soleil descendra à peine sous l’horizon pour remonter pratiquement tout de suite et recommencer son cycle une nouvelle fois.

Non, il n’y a pas ici le « soleil de minuit ». Nous sommes tout juste trop au sud pour ça. Le soleil de minuit n’existe qu’à partir du cercle polaire arctique. Mais les journées sont incroyablement longues pour qui n’y est pas habitué. C’est le phénomène qu’on appelle la « nuit blanche ».

Ne s’y habitue-t-on jamais? Non. Encore aujourd’hui après dix ans de ce régime, j’ai toujours autant de difficulté à dormir la nuit à cause justement de cette clarté incessante, permanente et qui rend le simple fait de se coucher une véritable corvée.

Je crois qu’on oublie à quel point la succession du jour et de la nuit influence notre rythme de vie. On se dit le plus naturellement du monde qu’on mangera lorsque le Soleil se couchera par exemple, ce qui ici est tout à fait absurde en mai et en juin alors que le Soleil ne se couchera pas avant 22 h. Et s’il faut se lever durant la nuit pour aller pisser, quel choc de constater qu’à 2 h du matin, il fait clair dehors comme en plein jour!

Avec le temps, on trouve toute sorte de moyens de gérer ce stress nocturne. Le plus commun? Couvrir ses fenêtres avec plusieurs épaisseurs de sacs de vidanges noirs. Non, ce n’est pas très élégant, mais ça aide, en partie. Parce que le stress est bel et bien réel. À mon avis, c’est beaucoup plus dur sur le niveau de fatigue ces journées qui n’en finissent plus que les longues nuits polaires de décembre, janvier et février.

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Written by Le barbare érudit

26 mai 2010 à 20 h 50 min

Publié dans Général

16 Réponses

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  1. J’ai déjà travailler au BC à quelques KM de la frontière du Yukon. Le stress est bien réel, surtout en fin d’année scolaire ça doit en rajouter!

    Mais pour ceux qui aiment les couchés de soleil c’est magnifique car interminable, le soleil ne descend pas mais glisse de côté.

    Jean Rompré

    26 mai 2010 at 21 h 27 min

    • J’ai travaillé de nuit et aussi sur un horaire en rotation continue (jour, soir, nuit…). Il ne fait aucun doute que cela a un impact sur le moral et la santé.

    • La fin d’année scolaire, le sommeil rendu léger par l’absence de noirceur, les élèves qui eux ne dorment littéralement plus, les parents ne faisant rien pour imposer un couvre-feu essentiel, bref, c’est pas toujours la joie.

      Mais c’est beau, et les couchers de soleil sont magnifiques!

      lebarbareerudit

      27 mai 2010 at 7 h 35 min

  2. Moi aussi, j’ai travaillé de nuit. Je sais c’est quoi être incapable de dormir plus de 4 h par «nuit» de sommeil. Ark! Je n’étais plus endurable, déprimée, fatiguée. Ce n’est pas un régime pour toute une vie. Vive les robaxacet platine doux somnifère pour «un dos fatigué» mettons. 😀

    Newton

    26 mai 2010 at 22 h 50 min

    • L’affaire c’est que je (tente) de dormir la nuit, mais c’est difficile. La nuit est réduite à sa plus simple expression et on frôle la clarté 24 h/24. C’est ce qui rend le sommeil si précaire et la fatigue constante.

      Je vais regarder ça, tes Robaxacet…

      lebarbareerudit

      27 mai 2010 at 7 h 39 min

  3. Il n’y a pas de volets ? En tout cas, ça serait certainement l’idéal!

    Cynthia

    27 mai 2010 at 5 h 31 min

    • Non, pas de volets. Disons que l’architecture au Nord, on repassera… c’est pas vraiment une priorité. À mon grand dam d’ailleurs.

      lebarbareerudit

      27 mai 2010 at 7 h 40 min

  4. J’aime ces descriptions que tu nous fais du Nord Québécois. Ça parait presque surréel à mes yeux.

    J’ai longtemps passé pour une bizarre parce que je suis plus « déprimée » en été qu’en hiver. Peut-être que je viens d’en trouver une partie de l’explication par ton billet?

    L’été je me couche plus tard, je dors moins profondément. Au matin, vers 5h30 il fait déjà très clair. Je ne me repose pas dans le bus ni le matin ni le soir en allant travailler. L’été il fait chaud et humide. J’ai envie de ne rien faire. Une vraie loque! À la fin de l’été je me sens épuisée. J’anticipe avec beaucoup de joie le froid, la noirceur de l’hiver.

    L’hiver je dors dans le bus le matin presque 1h, la même chose le soir. Le soir je me couche plus facilement. Je dors profondément puisque je garde la température de ma chambre à 18 degré (mon hom est frileux, moi je la laisserai à 15!) et c’est l’hiver qu’on me dit que j’ai bonne mine, que je déborde d’énergie et que ma déprime disparaît.

    Y aurait-il corrélation?

    Alors oui la lumière a un effet sur nous, sur notre sommeil.

    Mes sympathies!

    continue de nous écrire tes bons billets – de nuit?

    p.s. je ne suis pas très pro médicament mais j’utilise des herbes médicinales pour m’aider à dormir. Je les achète à la bottine aux herbes sur St-Denis à Montreal. Sinon mon doc suggère les Gravol de façon occasionnelle!

    demijour

    27 mai 2010 at 13 h 02 min

    • Le Canada et mon pays, le Québec, sont de très vastes étendues que nous ne connaissons que très peu. Si je peux vous aider à découvrir même très partiellement mon univers, j’en serai très heureux.

      lebarbareerudit

      27 mai 2010 at 22 h 01 min

  5. J’aime la lumière. Mais la lumière doit côtoyer l’ombre, la nuit. Il n’y a pas de plus belle lumière que celle de la nuit, voilà pourquoi ce phénomène du Nord me rendrait probablement dingue. La seule curiosité que j’aurais, serais d’observer qu’elle intensité possède une soleil de soirée. Chaque heure pour moi à son intensité, un soleil de 16 heures est d’une déprime, tandis qu’une lumière de 8 heures est sublime principalement pour la photo. Oui, j’aurais plaisir à observer les variante de ces heures ensoleillées que je ne connais pas mais après je voudrais rentrer chez nous. 🙂

    Eldiablo Minouchka

    27 mai 2010 at 13 h 17 min

    • Ces changements de luminosité qui varie en fonction du moment de l’année sont très déstabilisant. Il faut du temps pour s’y faire même si le tout s’opère relativement lentement. Mais c’est époustouflant.

      lebarbareerudit

      27 mai 2010 at 22 h 03 min

  6. J’ai connu les journées et les nuits d’exactement 12h (sur l’équateur) tout le temps. Bizarre. Le soleil se couche à 18h et se lève à 6h, jour après jour. Difficile d’être plus rythmé.

    @ Demijour

    La lumière a en effet un fort impact sur le sommeil. Un médecin m’a déjà fait un exposé sur une hormone appelée mélatonine, secrétée par le cerveau lorsque l’obscurité commence à s’installer. C’est elle qui joue le rôle de marchand de sable. L’hiver, elle est produite plus tôt et commence à affecter l’organisme plus rapidement. L’été, bien sûr, c’est différent. Ce n’est pas très poétique comme explication, mais c’est assez logique. Il existe d’ailleurs de la mélatonine synthétique vendue en phramacie…

    Quant à moi, je préfère les longues journées de pluie. Si je suis chez moi, je m’installe à l’extérieur avec un livre ou une revue et j’écoute la pluie tomber. À la maison de campagne de mes parents, le toit était en tôle. Le bruit de la pluie sur le métal était véritablement magique, surtout la nuit. J’en suis un peu nostalgique.

    Hérétik

    27 mai 2010 at 14 h 04 min

    • Les rythmes ici sont complètement perturbés par cette luminosité qui n’en finit plus. Comme là, les enfants ne dorment pratiquement plus ce qui a donc pour effet qu’ils sont intenables à l’école le lendemain.

      lebarbareerudit

      27 mai 2010 at 22 h 05 min

  7. «J’ai connu les journées et les nuits d’exactement 12h (sur l’équateur»

    Moi aussi. Mais, ce que j’ai trouvé le plus étrange ou dépaysant, c’est la transition extrêmement rapide entre la clarté et la noirceur. C’est normal, le soleil se déplace (je le sais, ce n’est pas lui qui bouge !) verticalement. Donc peu de crépuscule et d’aurore. Bref, exactement le contraire de ce que le Barbare nous décrit.

    Darwin

    27 mai 2010 at 19 h 50 min

    • Tu as raison. Alors qu’ici, la journée ne connait plus de fin ni de début, je me souviens du Nicaragua où on passait très rapidement du jour à la nuit pratiquement sans transition.

      lebarbareerudit

      27 mai 2010 at 22 h 06 min

  8. Je serais bien curieuse de voir comment je réagirais à ces si longues journées. Moi qui suis une fille de nuit, il n’est pas rare l’été que j’aille au lit quand les merles commencent à chanter et le jour poindre (évidemment, j’ai des persiennes, mais je m’accommoderais de sacs de poubelle !) En fait, si vous croyez que je saurais profiter de toute cette lumière, je crois que pour les oiseaux de nuit ça doit être catastrophique, car le calme et la douceur de l’obscurité, le réconfort enveloppant de la lumière des lampes n’arriveraient jamais… Houhouhou…

    Par contre, les hyperactifs doivent être heureux !

    Missmath

    1 juin 2010 at 8 h 16 min


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