Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Prosélytisme?

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L’inconnu (404, le mâle commode, le vieux crisse) commentait dernièrement mon billet sur l’athéisme en accusant certains athées de prosélytisme. Voici ce qu’il écrivait :

La 2e erreur, selon moi, est de chercher à faire du prosélytisme avec l’athéisme, au fond, la même erreur que ces maudits croyants.

Cette question du prosélytisme m’irrite profondément. Ça m’irrite pour plusieurs raisons. Nous allons voir ça ensemble.

Prosélytisme? Vraiment?

Voyons la définition de prosélytisme selon mon ami Bob :

prosélytisme [prozelitism] n. m.

• 1721; de prosélyte

♦ Zèle déployé pour répandre la foi, et par ext. pour faire des prosélytes, recruter des adeptes (apostolat). Faire du prosélytisme. « Je trouve indigne de vouloir que les autres soient de notre avis. Le prosélytisme m’étonne » (Valéry).

On parle de « répandre la foi », ce qui est tout le contraire de ce que cherchent les athées. Par définition, un athée n’a pas la foi, il ne croit pas. Il y a dans l’accusation envers les athées qu’ils font preuve de prosélytisme un glissement de sens qui n’a pas sa raison d’être et qui frôle la « mauvaise foi ».

C’est malheureusement une tactique fréquemment employée pour discréditer les mouvements athées. On les accuse de n’être qu’une nouvelle forme de religion, ce qui est totalement faux. La religion n’explique pas, ne cherche pas à comprendre et exige de la part de ses adhérents une foi totale en ses préceptes, contrairement aux athées qui tentent d’obtenir une explication et des preuves de l’existence de ce que prétendent les croyants.

On a dans un cas une tentative d’étouffer l’esprit et dans l’autre, une tentative de le libéré. Un esprit critique, un esprit qui s’interroge et ose poser des questions, un esprit libre de toute contrainte intellectuelle, c’est un esprit sain. Le contraire est un esprit captif, dominé par une pensée unique et réductrice.

Comment peut-on, dans de telles circonstances, prétendre que les athées cherchent à faire du prosélytisme leur modus operandi?

Le fardeau de la preuve

L’excellent site Éducaloi nous donne la définition suivante du fardeau de la preuve :

Fardeau de preuve

Obligation qui repose sur les épaules d’une partie de prouver l’existence des faits qu’elle avance, en général la partie qui poursuit.

Une première question est la suivante : à qui incombe le fardeau de la preuve de l’existence de Dieu? Autrement dit, est-ce aux croyants de prouver que Dieu existe ou est-ce aux athées de prouver qu’il n’existe pas?

Si on se réfère à la définition ci-haut, comme ce sont les croyants qui postulent l’existence d’un fait, à savoir, qu’il y a un Dieu et qu’il a créé l’univers tel qu’on le connait, il revient donc à eux de prouver ce fait. L’athée n’a pas à démontrer l’inexistence de Dieu.

Prenons un exemple qui nous suivra tout au long de ce billet. Supposons qu’un individu se présente et affirme que Paris n’existe pas vraiment, que c’est une chimère. Comment pourrait-il prouver que Paris n’existe pas? C’est évidemment impossible! C’est donc que le fardeau de la preuve repose sur les épaules de ceux qui affirment que Paris existe.

Comment faire? Une multitude de preuves pourraient être utilisées afin de le démontrer, mais ultimement, il serait toujours possible de le faire voyager et de lui faire visiter Paris. Il est plus difficile de nier l’existence d’une chose lorsque cette chose vous regarde dans les yeux.

Pourquoi promouvoir l’athéisme?

Mais la vraie question est ailleurs. Elle se situe au niveau des raisons qui nous poussent à « répondre » à ce défi. Quelle serait la réaction « normale » si la situation fictive que je décris ci-haut venait à se présenter réellement? Que ferions-nous?

Je m’interroge souvent sur cette question. Je me demande quelles sont les raisons qui me pousseraient à réagir de telle ou telle manière. Bien que cette réflexion ne soit pas terminée, j’aimerais vous livrer une partie de celle-ci.

Je suis à peu près convaincu que la première réaction spontanée en serait une de surprise et d’incrédulité. Mais une fois cette première réaction passée, je suis tout aussi convaincu que naturellement, nous tenterions de convaincre l’individu de ses torts en prenant le temps de relever toutes les preuves auxquelles nous avons accès.

C’est là où je voulais en venir. Il est dans notre nature profonde de vouloir convaincre les autres autour de nous. La maxime qui dicte le « vivre et laisser vivre » n’est que ça : une maxime. La réalité est que, à moins de se crisser complètement de son prochain, de vivre en ermite ou d’être complètement déconnecté du monde, les interactions avec les autres nous forcent à prendre position et chaque fois qu’on prend position, on doit être prêt à défendre cette position.

Il y a cependant une asymétrie importante entre les deux positions défendues. Dans un cas, tout l’argumentaire repose sur une seule source, la Bible. De l’autre, il y l’accumulation de centaines d’années de connaissances humaines, vérifiées, testées, remises en question, parfois abandonnées, parfois remplacées par de nouvelles connaissances plus justes et qui reflètent l’avancement des sciences. Avancement. Changement. Ce sont les mots clefs qui font cruellement défauts aux religions qui préfèrent se tapir dans la tradition, refusant de se remettre en question, de changer, d’évoluer.

Promouvoir l’athéisme, c’est promouvoir la liberté de penser, l’esprit critique et l’ouverture. Du même souffle, j’ajoute que promouvoir l’athéisme, c’est se soucier des autres, c’est avoir à cœur le bien-être des gens autour de soi. C’est être humain.

AJOUT (15 mai 2010)

J’ai trouvé de document en lien direct avec la discussion actuelle :

Méthode scientifique et fardeau de la preuve.

Je me suis dit que ça en intéresserait peut-être quelques-uns.

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Written by Le barbare érudit

13 mai 2010 à 7 h 20 min

Publié dans Réflexion

34 Réponses

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  1. Comme le dit Laferrière « Je suis mystique comme tous les athées ». Il est possible de refuser de se poser la question de dieu, faire comme si l’histoire occidentale ne la posait pas. Pourtant il y a eu tant de morts, tant d’exploitation au nom de dieu, qu’à moi elle se pose. On peut aussi refuser la question des changements climatiques, la question de l’autre ( l’amour, la dette que j’ai envers mes semblables…). Mais alors pourquoi vivre ?

    Moukmouk

    13 mai 2010 at 8 h 21 min

  2. T’oublies mon dernier nom : Monsieur Fesse 😀

    Monsieur Fesse

    13 mai 2010 at 8 h 43 min

  3. Et l’homme créa Dieu à son image…

    Alexandre Pachot

    13 mai 2010 at 8 h 47 min

  4. Objection votre Honneur : «Si on se réfère à la définition ci-haut, comme ce sont les croyants qui postulent l’existence d’un fait, à savoir, qu’il y a un Dieu et qu’il a créé l’univers tel qu’on le connait, il revient donc à eux de prouver ce fait.» Peut-on prouver l’infini? Pourtant, on se doute bien que l’Univers est infini! On ne peut pas tout prouver ou tout démontrer ou tout définir. Prends un dictionnaire, si tu creuses les définitions, tu vas finir par tourner en rond et à arriver à de l’indéfinissable ou de l’intuitif. 😀

    Monsieur Fesse

    13 mai 2010 at 8 h 49 min

    • On peut toujours faire preuve de prudence et de réserve lorsqu’on ne peut pas prouver l’existence de quelque chose comme l’infini. On peut affirmer que, selon toute vraisemblance, ou dans l’état actuel des connaissances, ce qui ouvre la porte à une révision de ces affirmation lorsque les moyens de le faire apparaissent. Ce qui n’est évidemment pas le cas avec les religions qui affirment de façon canonique et sans possibilité de mettre en doute.

      Mais le fond de ma réflexion n’est pas là. Parce que dans un sens, je me fous de savoir à qui revient le fardeau de la preuve. L’important c’est que nous sommes, à mon avis, naturellement enclin à tenter de convaincre les autres que nous avons raison et que notre position est la bonne. La religion emploi certaines méthodes qui relève de l’endoctrinement alors que l’athéisme utilise l’argumentation.

      lebarbareerudit

      13 mai 2010 at 18 h 23 min

  5. «Promouvoir l’athéisme, c’est promouvoir la liberté de penser, l’esprit critique et l’ouverture.» : je fais la promotion de l’athéisme, de la liberté de penser et de l’ouverture tous les jours en m’écrasant devant la tv en boxer pour écouter mes émissions préférées, surtout la Poule aux Oeufs d’Or, tout en mangeant mes Pizza Pops. 😀

    Monsieur Fesse

    13 mai 2010 at 8 h 59 min

    • Tu m’inviteras cet été, et on ajoutera quelques grosses Mol tablette avec ça! Je suis convaincu que la Poule sera bien meilleure!

      lebarbareerudit

      13 mai 2010 at 18 h 24 min

  6. Nous sommes bien d’accord : l’athéisme ne peut pas être suspecté, et encore moins accusé, de prosélytisme. Pas plus d’ailleurs que la « laïcité philosophique », celle qui, complémentaire à la « laïcité politique » séparant les religions et l’Etat, ne cherche pas à convaincre, contrairement à toutes les religions.

    C’est l’occasion de rappeler que la laïcité philosophique, bien qu’elle se passe de toute référence divine et qu’elle conteste le droit moral d’imposer la croyance, n’est pas pour autant antireligieuse. Elle vise seulement à faire connaître l’alternative de l’humanisme laïque, ses principes, ses valeurs, ses fondements, ses options et ses objectifs, actuellement occultés par les religions, dont la malhonneteté intellectuelle est flagrante.

    La morale laïque, par exemple, au lieu de se fonder sur la soumission à des « Commandements » et à des « textes sacrés », ne reconnaît comme seul juge que la conscience morale de chacun. Elle s’appuie sur le libre examen, l’esprit critique à tous points de vue, elle développe une conscience morale autonome, la responsabilité individuelle, et incite à une spiritualité laïque au moins aussi capable de donner un sens à l’existence que la spiritualité religieuse
    Elle prône des conditions éducatives permettant à chacun de choisir, aussi librement et tardivement que possible, et donc, ses convictions philosophiques OU religieuses, la foi restant évidemment une option d’autant plus respectable qu’elle n’a pas été imposée mais choisie en connaissance de cause.

    Or actuellement, selon moi, la liberté constitutionnelle de conscience et de religion est actuellement plus symbolique qu’effective. En effet, l’émergence de la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers. D’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents (influence légitime mais unilatérale et communautariste). Ensuite par l’influence d’un milieu éducatif croyant excluant toute alternative humaniste non aliénante. L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale.

    Déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, avait constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique (cfr Freud !), fût-il « authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre » …). L’athéisme est naturel à l’être humain : il n’imagine un dieu que si on l’a introduit dans son cerveau.

    Comme l’a écrit le neurobiologiste Henri LABORIT :  » (…) Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(…) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ».

    Les neurosciences tendent d’ailleurs à confirmer l’imprégnation neuronale du sentiment religieux. Des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, et donc les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur.

    L’IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent inconsciemment anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion. Cela permet de comprendre pourquoi tant de croyants, et surtout les créationnistes, sont imperméables à tout argument rationnel ou scientifique.
    Les neurosciences ne visent évidemment pas à démontrer l’inexistence de dieu (aucune existence n’est d’ailleurs démontrable), mais il est vrai qu’elles peuvent inciter à conclure que l’existence de « Dieu » est seulement subjective, imaginaire et donc illusoire. Il s’agit là d’une prise de conscience et non du résultat d’un quelconque prosélytisme.

    Idéalement, à mes yeux, il serait temps, vu la déconfiture actuelle des religions dans la plupart des pays intellectualisés, et en l’absence d’alternatives laïques, de repenser, dans l’intérêt supérieur de l’enfant, certaines notions fondamentales telles que la neutralité de l’ Etat, la liberté constitutionnelle d’enseignement, la transmission des valeurs, leurs priorités relatives et les limites de la tolérance vis-à-vis des prétentions des religions à imposer leurs vérités exclusives, aussi bien celles du catholicisme, du judaïsme, du christianisme évangélique, de l’islamisme et des sectes que celles inspirées par d’ éventuels relents d’athéisme idéologique et dogmatique.

    Une saine conception de la neutralité implique selon moi qu’au fur et à mesure de l’entendement de l’enfant, lors d’un cours d’histoire ou de philosophie, l’école compense l’influence unilatérale de la famille et celle d’un milieu religieux exclusif, par une information minimale, objective et non prosélyte, non seulement sur le « fait religieux » (qui fait partie de la culture général), mais AUSSI, et pour réduire les inégalités socioculturelles, sur le « fait laïque », ce qui ferait découvrir aux jeunes que les religions incitent toutes à la soumission, qui sera toujours un droit, tandis que la laïcité prône au contraire l’autonomie et la responsabilité individuelle.

    Quant à l’enseignement confessionnel subsidié en Belgique sans aucun contrôle, il continue à avoir le droit d’imposer uniquement un cours de religion catholique !
    Cet enseignement est une survivance obsolète, inégalitaire et élitiste du Moyen Âge, et devrait faire place, après plus de 50 ans de « pacte scolaire », à  » l’école pluraliste », mise au frigo depuis 35 ans, ainsi qu’à la fusion des réseaux officiel et privé, du primaire à l’universitaire. Même si les autorités religieuses s’y opposent : la tolérance ne va pas jusqu’à tolérer indéfiniment l’intolérable.

    N’est-il donc pas légitime que la laïcité, tant politique que philosophique, bien qu’elle soit rétive à tout prosélytisme, se montre à présent non pas plus combattante, mais plus fermement attachée à ses principes et à ses valeurs, plutôt que conciliante, frileuse, voire laxiste, afin de promouvoir enfin un meilleur « vivre ensemble » au sein d’une société interculturelle et ouverte à une citoyenneté harmonieuse et responsable ?

    Désolé d’avoir été aussi long !
    Cordialement,
    Michel THYS à Waterloo
    http://michel.thys.over-blog.org

    Michel THYS

    13 mai 2010 at 12 h 46 min

  7. Globalement d’accord avec ta position sauf pour le fardeau de la preuve. Alors que tu préconises la définition légale, j’opte pour une approche plus scientifique. Il appartient à chaque de démontrer que sa position est vraie, même s’il y a souvent plus de deux possibilités. Par exemple, ou le son voyage plus vite dans l’eau que dans l’air, ou l’inverse est vrai ou les deux hypothèses sont fausses la vitesse du son demeurant la même dans les deux cas.
    Évidemment, la science repose sur l’observation, le développement d’hypothèses et l’expérimentation.
    Dans le cas, de dieu. Il est aussi impossible de démontrer qu’il existe que de démontrer qu’il n’existe pas. D’où ma position d’agnostique : faute de pouvoir trancher le débat, je me contente de dire que je ne peux trancher le débat. Mais je ne crois pas pour autant.

    le long détour

    le neurone

    13 mai 2010 at 16 h 58 min

    • OK. Il y a deux positions possibles : soit Dieu existe, soit il n’existe pas. On est d’accord? Parfait.

      La question est maintenant de savoir qu’est-ce qui constituerait une preuve suffisante pour soutenir une ou l’autre de ces deux positions. Autrement dit, comment prouver l’existence de Dieu, ou comment prouver l’inexistence de Dieu?

      Alors qu’il est évident de concevoir qu’est-ce qui représenterait une preuve de son existence (on pense à un miracle (un vrai!), que Dieu viennent nous voir, etc.), il est beaucoup plus difficile voir impossible de déterminer ce qui constituerait une preuve de son inexistence.

      C’est en ce sens que je prétends que le fardeau de la preuve repose sur les épaules des croyants et non le contraire. Parce qu’il existe des moyens de prouver son existence, nous en connaissons certains, mais il n’en existe aucun pour prouver son inexistence.

      lebarbareerudit

      13 mai 2010 at 18 h 31 min

    • Je suis aussi « globalement d’accord avec ta position » neurone, sauf pour la position d’agnostique. Et j’opte tout autant pour une approche plus scientifique. Je te cite:

      > Dans le cas, de dieu. Il est aussi impossible de démontrer
      > qu’il existe que de démontrer qu’il n’existe pas. D’où ma
      > position d’agnostique : faute de pouvoir trancher le débat,
      > je me contente de dire que je ne peux trancher le débat.

      Il en est de même pour un pot de pétunias sur Pluton, ou la fée des dents, ou l’astrologie, ou (je te laisse continuer l’énumération ad nauseam). Vis-à-vis l’énorme improbabilité de certaines choses, je ne me positionne pas comme un agnostique faute de pouvoir trancher le débat, mais je me positionne comme un athée face à ces choses et je tranche le débat en ce qui me concerne. Dieu en fait partie. Quand il y aura du nouveau crédible dans le dossier, je regarderai.

      Je considère, en général, la position agnostique devant les grandes improbabilités non pas comme une ouverture d’esprit, mais comme une certaine apathie néfaste, paresseuse ou détachée avec laquelle se gargarisent les endoctrineurs professionnels zélés.

      Ne prend pas cette sortie comme personnelle, elle ne l’est définitivement pas. C’est tout simplement là où j’en suis rendu sur ma réflexion sur l’athéisme (vs) l’agnosticisme. Je suis ouvert aux arguments! 🙂

      Take care 🙂

      – Mazz

      Mazzaroth

      13 mai 2010 at 19 h 19 min

      • J’appelle ça être assis sur la clôture, ne pas prendre position, ménagé la chèvre et le chou. Donc, Mazz, je te rejoins entièrement sur cette question.

        lebarbareerudit

        13 mai 2010 at 21 h 24 min

  8. «Il est dans notre nature profonde de vouloir convaincre les autres autour de nous»
    «chaque fois qu’on prend position, on doit être prêt à défendre cette position.»

    Je suis bien d’accord avec la deuxième phrase, mais moins avec la première. Par exemple, si je continue à écrire ce commentaire, c’est que je suis prêt à défendre ma position, mais pas nécessairement pour te convaincre.

    J’écris parfois (trop souvent !) à des libertariens : je n’ai vraiment aucun espoir de les convaincre, mais je cherche à les mettre en contradiction, surtout pour l’éventuel lecteur qui pourrait être séduit par leurs sophismes.

    Mais surtout, cela me permet de clarifier ma pensée, donc de mieux peaufiner ma position. Il en est pour moi de même dans une discussion entre un croyant et un athée (ou un agnostique). Aucun ne peut avoir raisonnablement l’espoir de convaincre l’autre. Cela ne les empêche nullement de défendre leur position.

    Darwin

    13 mai 2010 at 19 h 40 min

    • Défendre sa position, c’est, en un sens, tenter de convaincre qu’on a raison. En un sens.

      De deux choses l’une : soit tu te crisses de ce que je pense et alors tu ne perdras pas ton temps à « m’éclairer », soit tu t’intéresses à ce que j’ai à dire et alors tu vas vouloir me faire « changer » d’avis.

      Tenter de convaincre ne veut pas dire qu’on croit réellement à ses chances de réussir à y parvenir. Cependant, pour quoi le faire si on n’entretient même pas l’espoir d’arriver à imprimer ne serait-ce qu’un infime changement dans la perspective de l’autre?

      lebarbareerudit

      13 mai 2010 at 21 h 23 min

      • «pour quoi le faire»

        Je l’ai écrit tantôt, surtout pour clarifier sa pensée, montrer la cohérence de sa position. Entendons-nous, on parlait d’un croyant et d’un non-croyant (et j’ai ajouté un libertarien et un … gauchiste, disons), deux positions aux antipodes.

        Quand les positions sont moins tranchées, comme c’est le cas ici, car on est plus dans la nuance que dans les positions hyper tranchées, il est bien sûr possible d’influencer et «imprimer ne serait-ce qu’un infime changement dans la perspective de l’autre», comme tu l’écris. Mais, même là, convaincre ? Ça peut arriver, c’est je dirais un boni quand cela arrive, mais, non, ce n’est pas un objectif.

        Je ne prétends pas que cela doit être la position de tout le monde, on agit tous selon nous valeur, nos convictions et nos caractéristiques, simplement que c’est la mienne.

        Darwin

        13 mai 2010 at 22 h 45 min

  9. Dans un premier temps, je pense que la seule façon de prouver l’existence de dieu serait qu’il se manifeste directement dans un « face à face » avec l’humanité. Ce qui ne semble pas être pour demain.
    Dans un deuxième temps, je crois que la science peut démontrer l’inexistence de dieu : si on comprend comment fonctionne la « création » et l’univers, il ne restera peut-être plus de place pour la plus insignifiante divinité.
    Et Mazz, ta position est entièrement superposable à celle de mon grand ami Lurch, mais j’assume mes petites bébittes sans pour autant cesser ma quête même si je suis bien conscient que pour trouver les réponses il me faudrait survivre à ma mort ce qui me semble tout aussi peu probable.

    le pot de fleur plutonesque

    le neurone

    13 mai 2010 at 21 h 01 min

    • La réponse classique à la démonstration de l’inexistence de Dieu est que ce dernier a créé l’univers de telle sorte qu’on en découvre le fonctionnement complet. Donc, en prouvant l’inexistence de Dieu, on ne fait que prouver son existence.

      Le croyant trouvera toujours le moyen de pervertir le moindre argument en faveur ou contre sa croyance pour le servir. C’est une autre raison pour laquelle je défends le principe que le fardeau de la preuve repose sur les épaules des croyants.

      lebarbareerudit

      13 mai 2010 at 21 h 29 min

  10. Et pour répondre à Darwin : je ne défends pas ma position, je la conserve parce qu’elle m’est plus confortable mais pas nécessairement la plus logique.

    les limites acceptées

    le neurone

    13 mai 2010 at 21 h 04 min

    • Le barbare m’a aussi déjà dit que j’étais sur la clôture, car je me présente aussi comme agnostique, un peu pour les mêmes raisons. Nous avons conclu qu’il s’agissait plus de différences de postures que de désaccord sur le fond.

      Je pensais avoir minimalement infléchi sa position, mais il semble que non… 😉

      Ce n’était pas un objectif pour moi (d’infléchir sa position), mais, non, je n’ai finalement pas eu de boni cette fois-là !

      Darwin

      13 mai 2010 at 22 h 54 min

      • De bonnes discussions franches et honnêtes dans le respect, quoi de mieux pour faire avancer une cause, une idée.

        Non, tu ne m’as pas fait changer d’avis, et à ce que je vois, je n’y suis pas parvenu davantage pour toi. Pis c’est très bien comme ça. S’il fallait que nous soyons tous du même avis, le monde serait d’un ennui…

        lebarbareerudit

        14 mai 2010 at 6 h 31 min

  11. débat particulièrement intéressant. j,aime beaucoup la thèse de Thys qui suppose que l’idée de dieu est un acquis qu’il est implanté par la religion monothéiste. Ça n’a rien à voir avec un polythéisme qui est une tentative d,expliquer ce qui se passe autour de nous quand on a pas de moyens expérimentaux.

    Ça me conforte dans mon hypothèse que le dieu unique est une invention des agriculteurs pour contrer le seul pouvoir qui existe dans la nature, le pouvoir de donner ou non la vie, et que ce dieu est nécessairement un mâle misogyne qui cherche à écraser les femmes.

    Moukmouk

    13 mai 2010 at 22 h 37 min

  12. S’il n’existe pas, en tout cas, Dieu est un sujet que tout le monde connait qui fait toujours écrire. Fameuse invention!

    On peut aussi s’intéresser, au-delà de ce débat classique, au besoin psychologique de la foi de nature religieuse qui s’est exprimé depuis fort longtemps. Quelque part, l’humain cherche à faire sens dans sa vie. Dieu et la religion sont commodes pour plusieurs pour remplir ce vide ou pour donner une structure à leur représentation du monde et de leur vie dans ce monde et donc donner sens à leur action.

    L’idée de Dieu qui a changé à travers l’histoire a tout de même permis de faire évoluer un certain nombre de valeurs judéo-chrétiennes qui caractérisent pas mal le fonds de valeurs occidentales partagées de nos jours même par ceux qui maintenant remettent en question l’idée de la réalité du divin.

    Pour beaucoup partager une foi permet une association avec les autres dans le questionnement face aux mystères de la vie. Aussi, la faculté de se raconter des histoires nous permet souvent d’élargir notre perspective sur des événements dramatiques qui nous percutent dans nos vies.

    Les histoires mystiques et religieuses ont une richesse symbolique qui nourrit peut-être cette soif de sens de nombreux humains, ce besoin de détourner l’attention de l’angoisse qui souvent nous traverse au cours de la vie. Un peu comme les enfants face à la peur du monde qui les terrifie souvent aiment se faire réconforter par des histoires tout aussi irréelles, mais dont la présence réconforte tout de même et permet de mieux dormir!

    Sans faire de religion, sans partager avec les autres des représentations convenues de l’univers de ces causes et de sa structure, j’aime bien regarder les histoires spirituelles et voir leurs effets tangibles et calmants et même moteur pour aller de l’avant.

    L’athéisme de jeunesse qui m’a habité dans mon jeune âge m’a longtemps empêché d’apprécier la réalité psychologique qui se nourrissait de ce genre de représentation.

    Évidemment face à certaines forces destructrices que convoquent certaines attitudes religieuses, il y a matière à militer pour des représentations saines. En même temps, n’opposer qu’un fin de non recevoir sans substituer au vide «une histoire pour bien dormir» aux gens qui en ont l’habitude, rend cette entreprise assez difficile.

    On peut donc s’intéresser à la saveur et à l’effet de ces «belles histoires des pays d’en haut» ou non, sans verser dans le besoin d’enlever aux autres
    ces chimères qui leur conviennent. Car, qui n’en a pas?

    Il importe peut-être donc, à mon sens, de dénoncer plus utilement les extrémismes religieux à vocation violente et d’opposer à la déraison évidente (créationnisme primaire par exemple) les arguments et les attitudes d’une science soucieuse des faits que de rejeter la spiritualité des gens qui n’est pas toujours comme on aime à le croire si illogique et borné…

    L’ouverture d’esprit est aussi l’ouverture à la possibilité que l’autre se représente les choses autrement que la nôtre sans toutefois nous nuire en aucune façon et tel est sa liberté la plus élémentaire…

    Cette flexibilité m’a permis de monter sur un autel et d’aller parler de mon père mort au côté d’un prêtre catholique à plusieurs de ces connaissances et amis et de participer à une cérémonie pleine de sens encore pour plusieurs pour marquer ensemble ce départ vers l’au-delà d’une présence qui avait marqué nos vies. Ce jour-là, un athée et un croyant ont animé un rituel vieux comme le monde pour dépasser le mystère de cette réalité de la vie qui nous touche et personne, à mon sens, n’en a souffert.

    A 18 ans, dans mon inflexibilité de militant athée qui ne voulait pas entendre parler de Dieu, je n’aurais certes pas pu partager significativement ce moment et participer à cette cérémonie qui nous permet de vivre ensemble un moment la méditation au sujet de l’angoisse que nous partageons tous de perdre les êtres chers de nos vies et celle de notre propre mort…

    J’aurais été bien embêté d’offrir à ces gens une cérémonie athée en alternative qui aurait fait mieux en terme de sens…

  13. Je persiste à penser que la foi est un choix. Un choix que ni l’athée ni l’agnostique n’ont fait. Je ne crois pas plus en dieu que Lurch ou Mazz. Mais j’ai fait tellement d’erreurs, erré sur tant de sentiers d’illusions que je mets plus mon poing sur la table même si j’ai appris à vivre avec la tête sur le billot.

    l’allergie aux certitudes

    le neurone

    14 mai 2010 at 8 h 34 min

    • Nous sommes sur la même longueur d’onde. C’est que l’athée, comme Mazz et moi, disons que Dieu n’existe pas jusqu’à preuve du contraire alors que les agnostiques, comme toi, dites que vous ne savez pas si Dieu existe ou non. La nuance est subtile, mais importante.

      lebarbareerudit

      14 mai 2010 at 22 h 19 min

  14. Et je continue à dire que Dieu en créant le bien absolu crée le mal absolu et qu’il faut donc le combattre.

    Moukmouk

    14 mai 2010 at 22 h 21 min

    • C’est un commentaire intéressant. Il est logique que si Dieu existe et qu’il représente le bien, il doit nécessairement exister une représentation du mal. Ils sont les deux côté d’une même médaille.

      Si on pousse la réflexion un peu plus loin, il y a peut-être lieu de se demander si, en rejetant Dieu et l’idée de la foi, on ne s’affranchit pas de l’idée même de bien et de mal? Ce que je veux dire, c’est que le bien et le mal sont une façon extrêmement réductrice de voir le monde. C’est la vision manichéenne du monde : les bons et les méchants, les cowboys et les indiens, l’Empire et les rebelles, Frodon et Sauron, Dieu et le diable…

      Je vais y réfléchir davantage. Il y a matière à réflexion ici.

      lebarbareerudit

      14 mai 2010 at 22 h 30 min

  15. Quote « Promouvoir l’athéisme, c’est promouvoir la liberté de penser, l’esprit critique et l’ouverture. Du même souffle, j’ajoute que promouvoir l’athéisme, c’est se soucier des autres, c’est avoir à cœur le bien-être des gens autour de soi. C’est être humain.

    Concretement l avis du barbare c est le meme que celui de Voltaire  » Dieu a crée l homme a son image , et l homme le lui a bien rendu . »

    Remarquons que les critiques historiques des religions portent moins sur la valeur indéniable de leurs messages , mais sur les abus de leurs institutions .
    ( ex: Mathematicien celebre handicapé a vie parceque ses parents avaient preferé le conseil du prêtre : » Quoi qu il arrive ( handicap/mort/guerison) DIeu y pourvoira!  » plutot que ceux d un médecin qui l aurait plus aidé. et qui sera le reste de sa vie au 20 siecle un farouche partisan de l athéisme ).

    Dieu n est peut etre qu un mot, mais comme tous les mots c est une accusation , c est la nature des langues.
    c est parceque l origine du langage et donc de cette/ces accusations nous echappe que dieu existe ou a ete crée c est selon votre choix.

    Je recommande aux lecteurs courageux ce livre plein d humour à propos de la religion  » pourquoi j ai mangé mon père » cf :http://fr.wikipedia.org/wiki/Pourquoi_j'ai_mangé_mon_père )

    En gros un des fils d un homme préhistorique, dont le père est un génie de son tempsl ( inventeur de l arc , domptant le feu, ) ce fils tue accidentellement son père génial, sur fond de dispute à propos du refus de celui que ces fils epousent ses filles, hors une ses soeurs lui plaisait fort.
    suite a ce meurtre accidentel , hanté par la culpabilité, il idéalise les souvenirs. et invente l animisme ( les choses et les etres ont une ame , le père , l arc …) , L animisme etant une forme de religion primitive.

    JéJé

    8 juillet 2010 at 8 h 32 min


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