Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

LaTeXemple

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Il me faut bien me rendre à l’évidence. En voulant montrer ce qu’est LaTeX, j’ai manqué mon coup. Je me suis mal exprimé. Je me reprends donc ici d’une façon qui, je crois, sera plus appropriée.

On va y aller par l’exemple. Je vais faire comme si j’écrivais ce billet pour mon blogue à l’aide justement de LaTeX. Je vais donc passer au travers tout le processus de création d’un document LaTeX jusqu’au résultat en format PDF. C’est parti.

Les outils du forgeron

Lorsqu’on forge, on a besoin d’outils appropriés. Un bon marteau, une enclume, une forge, un tablier. Sans ces outils, le forgeron ne sera pas en mesure de réaliser correctement ses chefs-d’œuvre de fer.

J’ai aussi mes outils de travail. Voyons ça de plus près. J’utilise un Mac. Il s’agit d’un MacBook Pro avec processeur Intel Core Duo à 2,16 GHz et 2 GB de mémoire vive. Je roule sous Mac OS X, v. 10.5.8. J’ai installé la dernière version de la distribution MacTeX-2009.

Comme LaTeX ne demande que des fichiers textes, n’importe quel logiciel capable d’éditer du texte ferait l’affaire. Personnellement, j’utilise Textmate, à mon avis le meilleur éditeur de texte disponible sur Mac. Pourquoi Textmate? Parce qu’il possède la capacité de gérer tous les aspects de LaTeX directement à partir de l’éditeur sans jamais avoir à sortir, il inclut la syntaxe en couleur, sans compter la puissance du logiciel pour tout un tas de particularité comme les raccourcies clavier, etc.

C’est à peu près tout ce dont on a besoin pour se servir de LaTeX. On peut donc passer à la rédaction comme telle.

La structure du texte

Voyons mon fichier alors que je commence à écrire mon billet.

\documentclass[11pt]{article} % C'est un article et la police est en 11 pts

% Pour pouvoir utiliser les caractère accentués
\usepackage[applemac]{inputenc}
\usepackage[cyr]{aeguill}

% Support pour la typographie française
\usepackage[frenchb]{babel}

\title{LaTeXemple} % Titre de l'article
\author{Le Barbare Érudit} % Moi, l'auteur
\date{2010-03-12} % Date de création

\begin{document} % On commence l'écriture du document ici

    \maketitle % LaTeX va faire un en-tête avec le titre, l'auteur et la date

    \section{Introduction} % Première section, l'introduction

    \section{Les outils du forgeron} % Les outils que j'utilise pour écrire

    \section{La structure du texte} % Comment structurer son texte

    \section{Ensuite?}

\end{document}

J’ai mis des commentaires directement dans le corps du texte pour bien suivre ce dont il est question. Mais je vais quand même ajouter quelques remarques pertinentes afin de clarifier peut-être des questions qui pourraient être soulevées à la lecture de ce fichier.

Premièrement, tous les fichiers LaTeX sont des fichiers textes seulement. Donc, il est toujours possible de les récupérer et de les lire, peu importe la plateforme (Windows, Mac, Unix, Linux, etc.) ou l’âge des logiciels utilisés. En effet, le fichier texte est probablement le plus universel des fichiers utilisés. Donc, il sera toujours possible de récupérer un fichier LaTeX. Toujours.

La première ligne du document sert à déclarer le type de document que le système devra produire. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit d’un article. Les différents types de documents vont avoir différents paramètres de mise en page. Il s’agit donc de les apprendre. Rien de bien compliqué. Entre crochets, on retrouve les arguments optionnels, ici « 11pt » indique simplement au système que le document sera composé avec une police 11 points.

Les lignes suivantes servent à déclarer certains « packages » pour pouvoir profiter pleinement du système. Entre autres, ici, il faut déclarer qu’on va utiliser les caractères accentués du Mac, les guillemets français et la typographie française. Spécifiquement, le module babel supporte à peu près toutes les langues de la terre et permet de composer des documents qui respectent la typographie et la mise en page spécifique à ces langues. Le fait de le déclarer ici me permet de m’assurer que les césures de mots seront parfaites et que les guillemets seront les bons.

Les trois lignes suivantes servent à déclarer le titre du document qui sera imprimé sur le document, le nom de l’auteur et la date de création. Ces paramètres seront conservés en mémoire pour utilisation ultérieure au besoin.

Ce qui nous amène au cœur du texte. Les documents commencent toujours par un « \begin{document} » et se terminent toujours par un « \end{document} ». Entre les deux, tout ce qui y est écrit sera imprimé.

La commande « \maketitle » indique à LaTeX qu’il doit insérer un titre à cet endroit. La séquence de titre comprend le titre, le nom de l’auteur et la date de publication. Ensuite, les quatre commandes « \section{} » indiquent à LaTeX la structure de l’article. Regardons ça d’un peu plus près.

LaTeX offre plusieurs niveaux de structure. De plus, ces niveaux sont fonctions du type de document. Dans le cas qui nous intéresse, c.-à-d. un article, le premier niveau, le plus élevé, c’est la « section ». C’est suivi de la « \subsection{} », « \subsubsection{} », « \paragraph{} » et « \subparagraph{} ». Avec ces divisions, il est facile de voir à quel point la structure d’un document est facile à organiser.

Ce qui est encore plus intéressant de savoir, c’est que LaTeX s’occupe de la mise en page de ces différents niveaux d’organisation du texte sans qu’il y ait quoi que ce soit à faire de plus que de les déclarer. Comme on peut le constater, cette façon de faire nous oblige, au moment même où nous écrivons, à réfléchir à comment nous organisons notre texte.

Et là, je ne parle même pas de table des matières… qu’il est aussi facile à ajouter que d’utiliser la commande « \tableofcontents » là où on veut l’insérer.

Ensuite?

C’est maintenant le temps d’écrire. Il n’y a rien de difficile à faire ici. C’est simplement de mettre les mots dans le bon ordre à la suite des grandes divisions que l’on a choisies. Construire ses phrases, correction et révision, bref, vous voyez le topo.

C’est vraiment juste ça. Écrire le billet.

J’ai volontairement choisi de ne pas écrire sur certaines fonctions de traitement de texte qu’offre LaTeX, par exemple les citations, les bibliographies, les notes en bas de page et en fin de document, les formules mathématiques, les images et les graphiques, etc. Et je ne parle pas des « packages » pour créer des documents spécialisés du style examens (avec un corrigé intégré!), rapport de réunion, présentations de style « PowerPoint », analyse de partie d’échec, etc. La liste est tellement longue que je manque de place pour le faire ici.

Les possibilités existent.

Lorsque j’ai terminé d’écrire et que j’ai corrigé et révisé mon document, je suis prêt à le publier. Pour ce faire, avec Textmate, je n’ai qu’à appuyer sur ⌘+R pour générer le fichier en format PDF. C’est tout.

Fichier LaTeXemple.pdf

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Written by Le barbare érudit

13 mars 2010 à 13 h 03 min

Publié dans Général

14 Réponses

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  1. Je vais t’en montrer moi du latex. Mais bon, ça aurait pas le même effet ^_^

    Ze Nurse

    13 mars 2010 at 14 h 23 min

  2. Ça me semble bien, mais il faudrait que j’expérimente. Tu présentes pleins de belles qualités, mais ça me semble encore un peu flou!

    Gabriel

    14 mars 2010 at 12 h 02 min

    • Je te recommande fortement d’expérimenter. Surtout que le logiciel est gratuit et il y a des tonnes d’outils, dont des outils de gestion bibliographique très puissant, disponible aussi gratuitement.

      T’as pas grand chose à perdre d’essayer!

      lebarbareerudit

      14 mars 2010 at 12 h 31 min

  3. pour avoir utilisé LaTeX longtemps je ne peux qu’être d’accord avec toi sur ses qualités. Quel bel outil. je l’utilisais pour un rapport jusqu’à ce que l’on me demande de changer pour MS Word. Mon template TeX était bien rodé. le temps nécessaire pour créer ce rapport a doublé lorsque j’ai fait le switch à word.

    je m’ennui de de l’utiliser plus fréquemment. mon compromis ces jours-ci est Pages.

    subethaedit est un super éditeur également.

    Christian

    14 mars 2010 at 12 h 20 min

    • En effet, quel déclassement… Word… misère…

      Pages est pas pire. As-tu essayé Nisus Writer Pro? C’est bien aussi. Beaucoup plus conviviale que Word, pas de doute sur ça.

      Je n’ai pas utiliser SubEthaEdit. C’est que j’adore Textmate. On dit aussi énormément de bien de BBEdit.

      lebarbareerudit

      14 mars 2010 at 12 h 34 min

  4. Je suis contente de savoir que je ne suis pas la seule à ne pas avoir tout compris. Je pense avoir besoin de cours privés…

    Quoi que je suis meilleure élève quand j’essaie et que je découvre par essais/erreurs… mais pour l’instant le temps me manque (non ça c’est une excuse!).

    Mais c’est bon à savoir que ça existe…

    demijour

    15 mars 2010 at 22 h 29 min

  5. J’arrive sans doute bien après la bataille, mais je pense que la forte puissance de LaTeX réside aussi dans sa gestion des références croisées (on ne numérote rien, on ne fait que labelliser ce qu’on veut, c’est le compilateur qui s’occupera de tout numéroter correctement selon les appels des labels). Vous pouvez ainsi déplacer des chapitres entiers complexes (avec des nombreux tableaux, figures, équations, listes,…) sans jamais avoir de problèmes de numérotations ou de figures qui se perdent. Et un autre élément important est l’utilisation de macros qui sont de jeux de commandes (préexistantes ou que l’on crée soit-même) pour automatiser certaines mises en formes : tout est configurable.

    LaTeX permet de séparer le fond de la forme. Mais en fait, on a toute liberté pour la forme malgré tout. C’est juste une étape indépendante. Dans ce billet et le précédent, vous insistez sur la mise en page automatique de LaTeX et certains commentaires insistent justement sur le souhait de garder un contrôle sur cette mise en page. Dans les faits, LaTeX propose des mises en page par défaut mais on peut les modifier, en créer d’autres. L’avantage de LaTeX est ensuite d’équilibrer la construction de document en suivant votre mise en page que vous avez définie. Celle-ci définie, on ne s’occupe alors que du contenu du document.

    Personnellement, j’ai créé ma propre classe de thèse à partir de la classe book de LaTeX, un classe de CV, des mises en page pour cartes de visite, des notes techniques d’Airbus France… Pour ce dernier exemple, j’ai même utilisé les polices Arial et Arial Black de Microsoft, mais en gardant le bénéfice du calcul de positionnement de caractères de LaTeX (notamment les problèmes de crénage que vous évoquiez pour le cas de Word).

    Je crois que les lecteurs de vos 2 billets sur LaTeX imaginent être les mains liées avec LaTeX pour la mise en page d’où la faveur de Word dans les commentaires. Mais la réalité est tout autre : encore une fois, vous définissez votre mise en page (mais vous pouvez garder celles par défaut) et le moteur de LaTeX s’occupe d’agencer le tout pour obtenir la meilleure qualité possible en respectant votre mise en page.

    pulsar68

    7 mai 2010 at 13 h 56 min

  6. Petit témoignage d’un transfuge de LaTeX à Word pour changer !

    Oui je l’avoue, depuis Word 2007 et son nouvel éditeur d’équation, la gestion de la biblio et beaucoup d’effort sur l’ergonomie de l’interface j’ai sauté le pas après 12 longues années de LaTeX et entre autre une thèse en maths et de nombreux cours.

    Je trouve qu’il y a des idées reçues sur LaTeX et Word… « LaTeX sépare le fond de la forme »… Là je dis non il suffit d’ouvrir un fichier source .tex pour s’en rendre compte, au milieu du texte de multiples balises pour justement indiquer au compilateur comment mettre en forme… De ce côté là j’irai même jusqu’à oser dire que Word (ou Writer) fait mieux.

    LaTeX bien sûr c’est excellent et inegalé si on se plie à une classe de document prédéfinie et qu’on ne fait que quelques arragements de ci de là, quelques newcommand ou newenvironment pour personnaliser tout ça mais si on veut avoir vraiment la main sur sa mise en page, ces styles, et j’ose à peine parler des tableaux, graphiques et autres cela peut devenir très vite l’horreur (t’arrives pas à éteindre la cellule d’un tableau sur plusieurs lignes… ah mais fallait penser à utliser la commande multirow… et à charger le package multirow cela va de soi !).

    Word lorsque l’on n’est pas un minimum formé c’est la cata. C’est Wysiwig donc on pense que cliqué c’est gagné… c’est Faux. Word avec un bon apprentissage, ça vaut LaTeX, enfin à mon goût de matheux depuis la version 2007 seulement, et Writer est à la traîne… Dailleurs il me semble que Leslie Lamport bosse pour microsoft maitenant… ça en dit long.

    LaTeX c’est quand même un truc de geek quand on y pense non ? lol

    Bertrand

    12 mai 2010 at 11 h 16 min

  7. Rare sont les personnes qui utilisent LaTeX en éducation, à part un certain milieu universitaire.

    Rien que pour cela, je lève mon chapeau, et je fais une révérence à notre barbare.

    Quelqu’un qui veux écrire une thèse où un livre, je recommande LaTeX, car une fois le template créé, il n’y a vraiment aucune mise en page à faire, et la séparation de la forme et du fond peut réellement se faire à l’aide de fonctions. Alors que sous un autre logiciel je ne suis pas sûr que l’on peut changer tout le texte italique en gras rapidement.

    Par contre, pour quelqu’un qui veut écrire une simple lettre, un document avec plein d’illustrations comme un livre pour enfant, je ne pense pas forcément recommander LaTeX. De même, la gestion des tableaux est un peu ardue.

    Pour ceux qui veulent se mettre à LaTeX, il y a un newsgroup que je vous recommande chaleureusement : fr.comp.text.tex

    Pachot

    25 août 2010 at 12 h 43 min

  8. […] déjà abordé ce sujet à deux reprises. Je parle ici de l’environnement de préparation de document […]


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