Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Le lagopede

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Lorsque je tiens un lagopède entre mes mains, il est généralement mort. Si ce n’est pas le cas, je lui brise le cou en le tordant d’un côté et de l’autre. Inutile de le laisser souffrir pour rien. La viande devient coriace.

La première chose que je fais, c’est de lui arracher la tête. Y a rien à manger là-dedans. Que des os. Donc, je lui arrache la tête. Je prends le corps de ma main gauche qui me sert d’appui au niveau du cou et, de la main droite, je prends la tête juste à la base du cou et je tire un bon coup. Normalement, la tête vient immédiatement ainsi que quelques vertèbres. Je jette ça au loin.

Il faut ensuite arracher les ailes. Je suis les fins os jusqu’au coude. Là, je plie le bras dans tous les sens en tentant de briser les liaisons nerveuses avant de tirer pour détacher le tout du corps. Je répète l’opération des deux côtés.

Lorsque la tête et les bras sont enlevés, le reste est un jeu d’enfant. Je tiens le corps fermement entre mes mains, les pouces appuyés fortement contre la poitrine. Je déchire la peau de la poitrine du lagopède en écartant mes pouces et, comme si je le déshabillais, j’enlève toute la peau comme on retire un survêtement. C’est probablement le moment le plus agréable de toute l’opération.

De ma main droite, je soulève ensuite la cage thoracique du lagopède afin d’atteindre les viscères. Je ne garde que le cœur et le foie. Souvent même, je mange le foie sur le champ, encore tout chaud et cru. C’est délicieux! Quant au cœur, il faut savoir en prendre grand soin…

Voici donc comment j’apprête le lagopède.

Et maintenant, on recommence en remplaçant « lagopède » par « bébé ». En l’honneur de Cannelle

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Written by Le barbare érudit

12 mars 2010 à 19 h 31 min

Publié dans Fiction

7 Réponses

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  1. Moukmouk

    12 mars 2010 at 20 h 50 min

    • En fait, c’est vraiment comme ça que j’écorche un lagopède. Mais je garde aussi le gésier, probablement la meilleure partie de l’oiseau.

      lebarbareerudit

      12 mars 2010 at 21 h 26 min

  2. Cette description est presque une rengaine qui pourrait nous être murmuré à l’oreille en boucle. C’est le genre de conte que les démones lisent à leurs rejetons afin de les endormir. Cœurs sensibles donc, s’abstenir!

    Eldiablo Minouchka

    12 mars 2010 at 23 h 15 min

  3. eldiabolo: j’aime ton idée de lire pareil contes aux enfants qui ne sont pas sages… Gare à mon petit hom!

    demijour

    13 mars 2010 at 10 h 08 min

  4. Ça pourrait effectivement s’intituler: «Journal d’un Ogre» ou «Recettes de base de l’Ogresse»…

    D’où te vient, cher Barbare, cette expression littéraire avec goût prononcé pour le sang humain?

    France

    13 mars 2010 at 10 h 23 min

    • C’est un exutoire. Je préfère laisser libre cour à mon imagination pour me libérer de mes démons via la musique et l’écriture.

      Je prends plaisir à la provocation. Ce n’est pas tant le sang humain que le fait que les gens refuse de regarder en face cette violence qui nous habite tous à un moment ou un autre. Je suis un pacifiste convaincu dans ma vie, ce qui ne m’empêche pas de reconnaître ce besoin de violence. J’utilise la musique et l’écriture pour l’évacuer.

      Ça me semble plus sain.

      lebarbareerudit

      13 mars 2010 at 10 h 30 min

  5. En effet!

    France

    13 mars 2010 at 11 h 05 min


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