Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Le rituel

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J’aime le scotch. J’en au souvent parlé et je n’ai certainement pas fini de le faire. Je ne me qualifierai pas de grand spécialiste de la chose, mais disons que j’ai bu un certain nombre de ces merveilleuses bouteilles depuis quelques années.

Prenons ce soir. Lorsque je suis rentré, j’ai décidé de m’en servir un petit verre, histoire de décompresser après une bonne journée au travail. Il s’agit d’un scotch Single Malt : The Balvenie Double Wood, 12 ans.

The Balvenie Double Wood

C’est un de mes scotchs préférés. Il est à la fois doux, sucré, légèrement marin, légèrement fumé, beaucoup de noix et une touche fort agréable de xérès. C’est un excellent scotch pour s’initier à cet univers. Et il est relativement abordable.

Un gagnant.

La bouteille que j’ai était neuve, je devais donc briser le scellé. C’est un moment important dans l’histoire d’une bouteille. C’est là où je me dois de lui démontrer tout le respect que j’ai pour elle. C’est d’autant plus important que sans ce respect, c’est le plaisir même de la dégustation qui s’en trouverait affecté.

Je me prépare donc à effectuer le rituel, ces gestes sensibles et mesurés qui procèdent de l’ouverture de la bouteille, qui participent du plaisir de déguster ce précieux liquide ambré.

Je commence donc par sortir délicatement la bouteille de son écrin de carton et de tôle. En effet, les scotchs sont généralement vendus dans un emballage particulier. Souvent, c’est une boîte de carton aux couleurs de la distillerie, mais il arrive fréquemment que les bouteilles viennent dans un cylindre de carton fermé à chaque extrémité par une capsule de tôle. Le Balvenie Double Wood est de cette race.

Une fois la bouteille délicatement sortie de sa prison, je replace soigneusement son emballage sur la table en prenant soin de le refermer. Je ne voudrais surtout pas le perdre. J’observe alors la forme et l’étiquette de celle-ci. Je lis chaque mot qu’on a pris le temps d’écrire et je manipule l’objet, cherchant à en inscrire de façon permanente dans mon esprit chaque détail, chaque courbe. J’en profite pour évaluer la meilleure façon de la tenir pour verser le nectar de la façon la plus appropriée.

Il est maintenant temps de s’attaquer à la capsule métallique qui recouvre le bouchon. Je ne peux me permettre d’en laisser la moindre trace. Je m’évertue donc à la retirer en entier. Personnellement, cette feuille d’aluminium est disgracieuse et m’empêche de goûter au plaisir complet de mon scotch.

Une fois retiré, je me débarrasse de cet encombrant déchet pour enfin déboucher la bouteille et libérer les premiers arômes de ce scotch. C’est probablement le moment que je privilégie. C’est une communion, un instant de grâce où cette délicieuse boisson va enfin, pour la première fois, laisser ses effluves s’échapper à l’air libre.

Il ne faut surtout pas les manquer! C’est pourquoi je choisis généralement un endroit calme et libre de toute interférence pour les capter et en apprécier chaque nuance, chaque subtile particularité. Comme maintenant, avec ce Balvenie, ce sont d’abord des notes d’agrumes puis de fruits frais qui ont atteint mes voies nasales. Ensuite, la vanille, le café, les noix et le miel. Mmm! Quel délicieux plaisir olfactif! Il ne me reste plus qu’à me verser un verre afin de profiter au maximum de mon scotch.

Or, il faut un verre distinctif pour accompagner un tel nectar. Je me suis donc procuré un verre Riedel de la collection Vinum, le verre à dégustation de scotch Single Malt.

Verre riedel Single Malt

Lorsque tout est dit, tout est fait, mon rituel me permet de renouer avec une paix intérieure qui n’a d’égal que la musique que j’écoute.

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Written by Le barbare érudit

9 mars 2010 à 21 h 19 min

Publié dans Général

13 Réponses

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  1. Ah non, celui-là j’en ai bu 2 bouteilles je crois, que je trouvaient très bonnes d’ailleurs, et après avoir passé à autre chose, j’ai racheté une bouteille, ben là, déception : le petit arrière-goût sucreux me devenait écoeurant. J’en ai pu jamais racheté, je l’avais sur le coeur juste d’y penser.

    L'introuvable

    9 mars 2010 at 21 h 29 min

    • C’est une des choses que j’aime beaucoup de ce scotch. C’est ce caractère doux et sucré qui me fait revenir vers celui-ci. Il faut dire que j’aime de plus en plus les bourbons et il me semble que le Balvenie est un bon pont entre les scotchs et les bourbons.

      lebarbareerudit

      9 mars 2010 at 22 h 37 min

  2. Hum? Pour moi cette description ne provient pas du pays de la Cartésie. Oh! Que non!!! Vous êtes en voyage cher Barbare?

    Eldiablo Minouchka

    9 mars 2010 at 21 h 32 min

    • Le barbare émigre de la Cartésie. Il tente de se faire accepter dans la Baudelairie.

      lebarbareerudit

      9 mars 2010 at 22 h 38 min

      • C’est contagieux la Baudelairie? 🙂 Bonne dégustation! La démone va aller dormir dans les limbes infernales, elle est crevée, dure journée avec Belzébuth.

        Eldiablo Minouchka

        9 mars 2010 at 23 h 02 min

  3. On s’y croirait… Huuuummmm

    France

    9 mars 2010 at 22 h 22 min

  4. Le scotch a été mon incontournable pendant des années. C’est pour cela que je pouvais en sentir les effluves corsées et presqu’y goûter en te lisant.
    Mais là… Y en a pas dans la maison, on se contente des p’tits rouges.
    Par contre, FrankyBGood et toi, êtes en train de me reconvertir!

    France

    9 mars 2010 at 23 h 37 min

    • C’est un vice des plus agréable! Il n’y a rien comme de sentir la mer pénétrer dans sa bouche et seul le scotch offre cette possibilité.

      lebarbareerudit

      10 mars 2010 at 6 h 03 min

  5. Je n’ai pas pris de scotch depuis des décennies… Mon problème est que j’aime trop boire ! À chacun ses rites et ses vices !

    Darwin

    10 mars 2010 at 7 h 33 min

  6. En te lisant on y lit toute la passion qui te lie avec le scotch Whiskey. Tu me donnes l’envie d’y goûter en fermant les yeux et d’y déposer délicatement mes lèvres comme s’il n’y avait rien de plus précieux que ça. De sentir le nectar rouler dans ma bouche pour lentement glisser dans ma gorge.

    Un rituel qui amène la paix de l’âme et qui arrête le temps.

    Je te demanderai conseil c’est certain lorsque je vais aller acheter la prochaine bouteille en cadeau au chum d’une bonne amie!

    demijour

    10 mars 2010 at 10 h 30 min


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