Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

The Greatest Show On Earth

with 10 comments

Comme tout ce qui me concerne, je pars à gauche et à droite, dans toutes les directions, je m’éparpille, je m’égare, je suis complètement chaotique.

J’aime ça.

Prenez ce billet. Je voulais écrire sur un commentaire qu’on m’a fait la semaine passée lorsque nous nous sommes rencontrés entre blogueurs, mais non, pas tout de suite. Ça viendra. Mais pas tout de suite. J’ai autre chose dont je veux vous entretenir. De la lecture. Ben oui, encore un livre. Que je n’ai même pas encore terminé! Anyway, place au « Greatest Show On Earth! »

The Greatest Show On Earth

Ceux qui me lisent depuis un petit bout savent à quel point la question de l’évolution m’intéresse. C’est le seul sujet avec la linguistique qui ne manque jamais d’éveiller un intérêt soutenu et que j’explore volontiers chaque jour davantage.

Lorsque j’ai appris que Dawkins publiait un livre dans lequel il démontrerait hors de tout doute raisonnable que l’évolution n’est pas qu’une théorie au sens populaire du terme, mais bel et bien une certitude scientifique mainte fois mise à l’épreuve depuis que Darwin l’a énoncé. Il s’attelle à la tâche de façon systématique avec une rigueur telle qu’il prend chacune des objections soulevées contre cette dernière et qu’il les déconstruit une à une avec toute l’intelligence qu’on lui connaît.

Par exemple, ce passage extrêmement éclairant sur l’utilisation des anneaux de croissance des arbres pour remonter dans le temps, théoriquement jusqu’à l’époque jurassique!

Overlaps. […] To use the overlap principle in dendrochronology, you take the reference fingerprint patterns whose date is known from modern trees. Then, you identify a fingerprint from the old rings of modern trees and seek the same fingerprint from the younger rings of long-dead trees. Then you look at the fingerprints from the older rings of those same long-dead trees, and look for the same pattern in the younger rings of even older trees. And so on. You can daisychain your way back, theoretically for millions of years using petrified forests, […] And the amazing thing about dendrochronology is that, theoretically at least, you can be accurate to the nearest year, even in a petrified forest 100 million years old.

C’est absolument fascinant! Le seul hic actuellement, c’est que cette technique ne permet de remonter en pratique que d’environ 11500 ans. Pourquoi pas plus? Tout simplement parce qu’on manque d’échantillons pour former une chaîne ininterrompue qui remonterait plus loin dans le temps. Il ne nous suffirait de trouver davantage d’arbres fossilisés afin de combler les « trous » et nous pourrions remonter jusqu’à l’apparition des premiers arbres plusieurs centaines de millions d’années dans le passé.

Comment ne pas être émerveillé devant la science qui nous permet de mieux comprendre nos origines? Comment ne pas être ébahi face à de telles démonstrations? On ne parle pas ici de croire aveuglément, tant s’en faut! On nous fait une démonstration complète et précise des principes qui permettent d’apprécier à sa juste valeur ces techniques développées justement dans le but de prouver l’âge de la Terre. C’est exactement le contraire d’une position dogmatique.

Je n’ai pas encore terminé la lecture de ce monument, mais vous pouvez être certain que je vous en reparlerai dès que ça sera fait. Bonne lecture!

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Written by Le barbare érudit

2 mars 2010 à 21 h 26 min

Publié dans Littérature

10 Réponses

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  1. Ton texte me rappelle la lecture du Nom de la rose, d’Umberto Eco. J’en ai retiré le fait que la science construit des représentations de la réalité mais que celles-ci ne sont que temporaires. Elle est prête à les raffiner, les remettre en question sans les ériger en vérités absolues. Elle n’affirme pas: elle avance. Les religions prétendent être des vérités. Elles sont des dogmes qu’on ne peut contredire.

    Le prof masqué

    2 mars 2010 at 23 h 55 min

    • Tu mets le doigt sur la différence fondamentale entre croyance et science. Dans le premier cas, il n’y a aucune remise en question possible. C’est le domaine du dogme. Dans le second cas, on appelle à la remise en question constante. Par exemple, Dawkins explique dans ce livre qu’il serait très simple de « convertir » un néo-darwiniste au créationnisme : il n’y a qu’à découvrir un seul fossile de mammifère datant du cambrien. Et paf! Il se convertira aussitôt!

      Mais ne retenez pas votre souffle. Ça ne risque pas de se produire.

      lebarbareerudit

      3 mars 2010 at 7 h 40 min

  2. Je vais mettre ce livre sur ma liste lecture! Ça semble vraiment intéressant.

    Cynthia

    3 mars 2010 at 4 h 44 min

  3. Je suis anti-évolutionnisme autant qu’anti créationnisme, mais ça ne m’empêche pas de parler avec personne, je me demandais juste comment fait-il pour expliquer la diversité de la vie sur Terre? Tout ce qui est dans l’Univers n’est-il pas soumis à l’entropie, c’est-à-dire que les choses tendent plutôt à se dégrader et à perdre leur énergie qu’à devenir plus complexes?

    L'introuvable

    3 mars 2010 at 9 h 16 min

    • Cette réponse exige beaucoup plus qu’un simple commentaire. Je te promets d’y revenir. En fait, c’est là toute la beauté et le puissance de l’évolution et de la sélection naturelle. Tu va voir, c’est fascinant!

      En passant, tu devrais ouvrir ton blogue aux commentaires des gens qui n’utilisent pas nécessairement blogger. Content de te retrouver!

      lebarbareerudit

      3 mars 2010 at 11 h 14 min

  4. L’évolution en complexité va à l’encontre, me semble-t-il, de toutes les lois de la physique.

    L'introuvable

    3 mars 2010 at 9 h 18 min

  5. […] de l’évolution comme un fait scientifique démontré (c’est le rôle du livre que je lis en ce moment). La question devient donc pourquoi ça marche et comment on passe du simple au […]

  6. […] voulais écrire une critique plus complète du livre The Greatest Show on Earth dont j’ai déjà parlé, mais j’ai trouvé cet article qui en parle en le comparant à un autre livre très […]


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