Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Waterloo littéraire

with 5 comments

Vous vous souvenez de ce billet que j’ai écrit il y a quelques semaines? J’y abordais ces livres qui sont plus forts que nous, ces livres que nous n’arrivons pas à terminer, à lire, qui nous forcent à abandonner en cours de route.

Je les avais appelés les Waterloo littéraires.

J’y reviens avec quelques suggestions qui risquent d’en être pour certains. Voici quelques romans que j’ai lus, tous excellents à leur manière, bien que très différents, et qui abordent des univers tellement éclectiques, tellement déroutants.

Le premier, Perdido Street Station de China Miéville.

Perdido Street Station

C’est une œuvre fantastique hautement littéraire et difficile qui demande, non, qui exige un dévouement total et soutenu. Écrit dans un anglais irréprochable, j’ai dû me fouetter à plusieurs reprises pour ne pas abandonner la lecture dans les 200 premières pages. Puis, subitement, le déclic s’est opéré et je suis embarqué à fond la caisse dans cet univers étrange à mi-chemin entre le steampunk et le fantasy.

Le second, Diaspora de Greg Egan.

Diaspora

Nous sommes loin, très, très loin ici de Miéville et de son Perdido Street Station. À des années-lumière du fantastique (littéralement), on entre ici de plain-pied dans ce que la science-fiction a de plus difficile à lire. De la hard science-fiction. Probablement la plus hard qui soit. C’est pratiquement un roman pour ingénieur avec des concepts et des idées qui demandent presque d’avoir de solides bases en science. Il est fascinant de voir, entre autres, la direction que choisit d’emprunter son auteur, direction qui se retrouve dans toute son œuvre. Par contre, c’est loin d’être de la grande littérature. Les personnages sont superficiels, et la langue est adéquate, sans plus. Ce sont les idées ici qui dominent.

La dernière recommandation, Accelerando de Charles Stross.

Accelerando

Bien écrit, ce roman nous plonge dans la continuité directe du boom internet des années 90. Qu’est-ce qui pourrait bien arriver si on poursuivait dans cette direction? Stross tente de répondre à cette question et sa réponse est fascinante et non sans rappeler les idées développées par Egan. Ce qui est fantastique avec ce roman, c’est que son auteur a décidé de l’offrir gratuitement à tous avec l’accord de son éditeur. Vous pouvez donc le lire ici, sur le site de Charles Stross.

Bonne lecture!

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Written by Le barbare érudit

10 janvier 2010 à 11 h 42 min

Publié dans Littérature

5 Réponses

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  1. Aucune de ses lectures ne se retrouvent dans ma bibliothèque municipale. Dommage!

    Toutefois je cours voir le site mentionné!

    Merci pour ces deux billets qui m’ont donné quelques nouveaux titres à ajouter dans mes trucs à lire.

    Je lis environ 25 pages par jour (le soir en me couchant). C’est peu mais sûrement plus que la moyenne de la population canadienne 🙂

    demijour

    10 janvier 2010 at 20 h 09 min

  2. Ça me fait plaisir de partager mes découvertes.

    En ce qui concerne Greg Egan, je suis sérieux lorsque je dis que c’est une lecture extrêmement ardue. Loin d’être accessible, c’est technique et l’utilisation d’un vocabulaire très hermétique rend la lecture encore plus difficile. Et je ne parle même pas des thèmes abordés.

    Perdido Street Station est un véritable chef-d’œuvre. C’est un roman fascinant autant par l’histoire que par tout l’univers que son auteur a créé. C’est aussi grand, à mon avis, que le Seigneur des Anneaux. C’est dire.

    lebarbareerudit

    10 janvier 2010 at 20 h 19 min

  3. C’est certain que je ne pourrais pas lire Greg Egan. Je suis bilingue mais je lis peu l’anglais. J’ai lu mon premier livre « Confession of a shoppaholic » en anglais il y a 2 ans. J’étais à Calgary et j’ai demandé à un libraire quelque chose de facile et léger! J’ai eu ça.

    Je suis trop perfectionniste et chaque mot que je ne connais pas je veux savoir ce que c’est alors je lis avec un dictionnaire anglais-français!

    Pourtant je travaille en anglais, j’écris des lettres. Mais entre l’anglais des affaires, l’anglais des journaux et celui d’une oeuvre littéraire je ne pourrais pas encore.

    J’y travaille. Tiens ça pourrait être mon objectif de 2010. Le hic c’est que je cherche toujours LE livre à lire en anglais qui saura venir me chercher, qui saura m’atteindre dans son contenu. Je ne connais pas assez la littérature anglophone pour ça.

    Peut-être aurais-tu quelques suggestions pour une néophyte comme moi!

    demijour

    10 janvier 2010 at 20 h 29 min

  4. Ben, The Road, de Cormac McCarthy. C’est une œuvre facile d’un point de vue vocabulaire et dans une certaine mesure au niveau des phrases. Mais c’est en même temps de la grande littérature.

    lebarbareerudit

    10 janvier 2010 at 20 h 36 min

  5. Et The road sera sur ma table de chevet ce mardi! (la biblio est fermée demain!)
    Faveur échangée ! Bonne lecture

    demijour

    10 janvier 2010 at 20 h 56 min


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