Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

La forêt solitaire

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On l’appelle la forêt solitaire.

C’est presque devenu un lieu de pèlerinage dont on parle avec déférence et respect. Nous la croisons en chemin vers la rivière Barnoin après être passés par le lac que nous nommons « Interlake ».

À partir du village, nous commençons par remonter la côte du lac de la centrale. Une série de lacs nous y attend que nous nous dépêchons de traverser. Il faut comprendre que toute la région autour de Kangiqsualujjuaq est formée d’une succession de longues vallées qui vont des monts Torngats jusqu’à la baie d’Ungava.

Après être passés par ces quelques lacs, nous arrivons sur le lac Mivvivinik. Nous prenons la direction N-O. Nous sommes dans la vallée du lac de la vieille femme (Old Women’s Lake). Il nous faut nous rendre dans la prochaine vallée : la vallée de la Barnoin. On traverse une petite gorge entre les montagnes puis nous devons enfin gravir la pente abrupte qui nous mène au lac « Top Lake ».

Ici, c’est la toundra. Il n’y a rien. Que la cime des montagnes, un plateau, nue, aucune végétation. Le vent est puissant, soufflant sans obstacle pour en ralentir la course. Nous poursuivons notre chemin. S’ensuit une série de quelques lacs que nous traversons allègrement.

Nous arrivons enfin à « Interlake ». C’est ici que nous devons décider si nous poursuivons notre chemin vers Ujarasujjulik, où vers la rivière Barnoin. Le premier, un immense lac où on pêche de tout : omble chevalier, truite mouchetée, truite grise. La Barnoin, c’est la rivière qui alimente ce lac.

Après environ 45 minutes de motoneige, nous décidons de poursuivre vers la Barnoin. Et c’est là que nous arrivons devant la forêt solitaire.

forêt solitaire

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Written by Le barbare érudit

8 novembre 2009 à 9 h 41 min

Publié dans Général

15 Réponses

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  1. Pas de doute : c’est seulement là que se terre Chipeur !

    Oh ! Miiiiiiiiiiiince !

    Beau Zappa

    8 novembre 2009 at 9 h 54 min

  2. Il s’est perdu cet arbre ou quoi??

    Drew

    8 novembre 2009 at 12 h 27 min

  3. Stupéfiant.

    Gordon

    8 novembre 2009 at 12 h 33 min

  4. Sur les motoneiges, il y a ma femme, Mélanie, et mon ami, Guy. La photo date de l’hiver dernier, en mars ou en avril. Nous nous dirigions vers la rivière Barnoin pour aller y pêcher.

    Personnellement, je ne pêche pas. Je chasse. Mais ma femme adore la pêche. Je me fais donc toujours un point d’honneur de l’emmener là où il y a du poisson. Pendant que je vais à la cueillette de petits oiseaux blancs, délicieux au demeurant, elle s’amuse à sortir du poisson de sous la glace.

    Tout le monde est heureux.

    Cet arbre est un repère important l’hiver. À cet endroit, comme vous pouvez le voir, il y a peu d’indice d’où on se trouve. Et encore, cette journée, ensoleillée, c’est facile de voir où on s’en va. Mais essayez d’imaginer une journée nuageuse où toute la lumière est diffusée et où on ne distingue ni le ciel, ni la terre, ni les accidents du terrain… nous appelons ça un « whiteout » et il est très difficile de s’orienter dans ces conditions. C’est là que ce genre de repère devient essentiel.

    lebarbareerudit

    8 novembre 2009 at 12 h 56 min

  5. Un « whiteout ». C’est beau en diable cette expression. C’est beau pis ça effraie. Faut que je note ça quelque part.

    Gordon

    8 novembre 2009 at 14 h 56 min

  6. C’est la version Nunavik du Joshua Tree…j’adore! Personnellement, avec les années, j’étais rendu capable de retrouver mon chemin en plein blizzard parce que je reconnaissais les roches! Assez pèté!

    frankybgood

    8 novembre 2009 at 16 h 28 min

    • Est bonne!

      Oui, après un certain temps, on finit par connaître suffisamment la toundra. On dirait qu’elle finit par nous rentrer dans le sang.

      lebarbareerudit

      9 novembre 2009 at 7 h 55 min

  7. Tout est une question de perspective.

    Rouge

    8 novembre 2009 at 17 h 29 min

    • Crois-moi. Dans la toundra, le sens de la perspective, c’est très relatif. On perd les repères avec lesquels nous avons grandi. Sans arbres, il est très difficile d’évaluer les distances.

      C’est un autre monde.

      lebarbareerudit

      9 novembre 2009 at 7 h 57 min

      • C’est bien ce que je disais ! Ça m’impressionne et je conçois amplement qu’un simple arbre prenne toute cette importance. Le blizzard Laurentinois, qui est tout petit tout petit, nous fait parfois perdre, l’espace de quelques minutes de vent, la présence des montagnes. C’est là qu’on se rend compte comment, inconsciemment, on se localise grâce à elles. Alors un arbre ! C’est si éphémère…

        Rouge

        9 novembre 2009 at 8 h 07 min

  8. Je n’ai qu’à fermer les yeux pour voir défiler ces paysages que tu décris si bien. Faudrait bien que je vois cela une fois dans ma vie…

    lionne

    9 novembre 2009 at 0 h 09 min

    • Merci Lionne. J’essaie tant bien que mal de partager avec vous mes expériences boréales. Et j’ai l’humble croyance de savoir écrire un peu, faute d’être un grand artiste de la plume.

      Si tu as la chance de venir, ça vaut la peine. C’est une expérience riche et envoûtante.

      lebarbareerudit

      9 novembre 2009 at 7 h 59 min

  9. Une touffe de végétation sur ce blanc manteau, et qui se voit de loin pourtant, c’est assez rare.

    Moi aussi j’adore la pêche, quoique ça fera des lustres que j’ai pratiqué la pêche sur glace.

    Je n’ai pas hésité à venir te visiter, sachant que ton blogue est tout à ton honneur et à ceux et celles qui te lisent régulièrement… 😉

    taximan535

    9 novembre 2009 at 6 h 29 min

    • Bienvenu dans mon humble demeure, taximan. Merci de ce commentaire fort agréable.

      Comme je l’écrivais, la pêche, c’est pas ma tasse de thé. Je préfère la chasse. Mais ma femme ne jure que par la pêche. Elle peut d’ailleurs rester des heures dehors, par grand vent, couchée sur la glace à « jigger » dans un trou à attendre que ça morde. Elle est beaucoup plus patiente que moi sur ce point.

      lebarbareerudit

      9 novembre 2009 at 8 h 02 min

  10. Oui, rouge, cet arbre est éphémère, mais il a déjà peut-être plus de cent ans et il vivra plus vieux que nous tous. Il est éphémère, mais permanent pour nos pauvres yeux d’humain. D’où son importance en tant que repère dans la toundra.

    lebarbareerudit

    9 novembre 2009 at 8 h 11 min


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