Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Lendemain de tempête

with 4 comments

L’air est chargé de milliards de particules de glace plus fine que la poussière. C’est couvert. Le ciel et la terre se fondent dans l’horizon de sorte qu’on ne distingue l’un de l’autre. On croirait vivre au milieu d’une page blanche sans limites.

C’est lendemain de tempête.

Le blizzard s’est dissipé durant la nuit et ce matin, le vent s’étant calmé, ma maison n’est plus violemment secouée par ses rafales. Les camions de la communauté s’affairent à dégager les rues de la neige accumulée afin qu’on puisse venir nous livrer l’eau et siphonner le septique. On entend les motoneiges rouler un peu partout autour du village.

La vie reprend son cours lentement.

Pour moi, il s’agit d’une allégorie de la vie. Des tempêtes violentes suivies de moments d’accalmie où notre vie reprend son cours. Lentement. Nous vivons probablement tous ce cycle irrégulier de hauts et de bas en alternance. Nous n’y échappons pas.

Ce que j’aime de ces tempêtes, c’est qu’elles me rappellent à quel point je suis vivant. Oui, elles sont dures et souvent, elles laissent des traces et des blessures qui prennent du temps à guérir. Je crois que rien n’est plus durable dans la mémoire qu’une blessure profonde et qui prend du temps à guérir.

Les tempêtes de notre vie s’opposent aux véritables tempêtes de la nature en ce sens que ces dernières sont hors de notre contrôle, alors que nous sommes souvent les premiers responsables de nos propres malheurs. Un mot, un geste, qui peut nous apparaître banal se trouve mal interprété par une ou plusieurs personnes qui nous tiennent à coeur et voilà qu’un blizzard furieux s’abat sans avertissements sur nous.

Ces tempêtes me rappellent à quel point je suis vivant parce que, vulnérable durant son cours, je me vois renaître et grandi lorsqu’elle prend fin. Je me sens transformé. La tempête m’a appris quelque chose.

Si elles peuvent faire de moi un meilleur homme, je leur en serai toujours reconnaissant.

Publicités

Written by Le barbare érudit

1 novembre 2009 à 11 h 44 min

Publié dans Général

4 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Belle allégorie que celle de la tempête, surtout pour toi qui vit au Nord. Tu écris beaucoup ces temps-ci. Est-ce ta façon de pelleter? 😉
    p.s.je suis jalouse de ta fréquence de publication.

    Hortensia

    1 novembre 2009 at 12 h 29 min

    • Merci Hortensia. C’est ma vie de célibataire temporaire qui me donne du temps pour écrire. Et le fait que je ne possède pas de téléviseur. Tout ce qu’il me reste à faire, c’est de lire, d’écrire et d’écouter de la musique!

      Par contre, entre toi et moi, certains de mes billets récents ne sont pas à la hauteur de mes attentes. Je les ai publié surtout pour maintenir un certain flot de publication.

      Moins écrire, mais mieux le faire, c’est, à mon humble avis, une meilleure stratégie à long terme. Il ne faut jamais oublier que les écrits restent…

      lebarbareerudit

      1 novembre 2009 at 12 h 34 min

  2. Dommage que le célibat n’ait pas cet effet sur moi. 😉
    Moins écrire n’égale pas nécessairement écrire mieux; question de rythme personnel, mais je vois ce que tu veux dire.

    Hortensia

    1 novembre 2009 at 12 h 53 min

  3. Ce que j’aime c’est le silence…

    Magnolia

    2 novembre 2009 at 11 h 48 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s