Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Hypothèque

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Et si on était en train d’hypothéquer l’avenir de notre pays? Et si, à force de « tenir les partis politiques en laisse », on en faisait les pires ennemis du bien commun?

Je dis ça parce que, cynisme oblige, on voit les partis politiques jouer de plus belle à qui léchera le mieux le cul des autres partis pour éviter de faire face à la musique. On voit un parti politique de gauche, le NPD, qui, il n’y a pas si longtemps, se targuait de ne jamais avoir voter avec le gouvernement et qui là, voyant que la récréation est presque terminée et qu’il faudra bien se présenter en classe pour y recevoir sa note, décide de suivre Harper.

Je ne suis pas du tout un fédéraliste. Tant s’en faut. Je suis souverainiste, séparatiste, indépendantiste, tout ce que vous voudrez, mais en attendant ce grand jour (qui m’apparaît, réalistement parlant, encore bien loin…), il faudra bien composer avec l’appareil fédéral. Mais comment gouverner si, la seule chose à laquelle on pense, c’est le prochain sondage et la peur de se retrouver devant un vote confiance et de retourner aux urnes? Je vous le demande, comment gouverner dans ces conditions?

J’appelle ça de la gestion à la petite semaine. Pas de plan, pas de vision, pas de risque, mais pas de réalisations non plus. Qu’est-ce qui nous restera de ces années minoritaires? Rien. Un déficit. Une crise. Et de l’idéologie à la tonne. Mais rien de marquant, rien de grand, rien qui ne nous rende davantage fier d’être « Canadian » (ou Québécois, tant qu’à y être; mais c’est une autre histoire…).

Je trouve ça triste parce que c’est de l’immobilisme malsain qui me fait douter du sérieux de la population envers ses, oui, oui, SES institutions démocratiques. Je n’ai pas envie de voir ma fille vivre dans un pays où tout ce qui importe, c’est de consommer, d’être un bon père de famille, ou une bonne mère de famille, et où moins on dérange, plus on est heureux.

Non, c’est pas ça que je veux pour elle. Je veux que ça bouge, que ça brasse, qu’il y ait des idées, des gestes qui soient posés, je veux lui légué un avenir, des bâtisseurs, de grands projets rassembleurs et qui font de notre pays (idéalement, le Québec!) un pays où il fait non seulement bon vivre, mais où on peut s’épanouir et où tous on une chance égale d’y arriver.

Ce qui ne se fera pas avec les leaders actuels, malheureusement.

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Written by Le barbare érudit

17 septembre 2009 à 21 h 45 min

3 Réponses

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  1. Si on regarde notre histoire, je parle celle du Québec, on dirait que nos leaders se font de plus en plus rare… je me rappelle la jeunesse de mon père (qui est peut-être la tienne, je ne connaît pas ton âge) et c’était des jeunes avec un goût pour la démocratie (la vraie, pas une fade copie comme on nous vend aujourd’hui), de progrès, de révolution. Maintenant… maintenant, les gens s’amourachent des innombrables chaînes qu’on leur impose parce que « qu’est-ce que tu veux faire, c’est compliqué, c’est dur ». Comme si les gens préféraient s’abrutirent et abrutir les générations futures au lieu de s’accomplir. C’est probablement « trop dur, trop compliqué » pour eux. Bref…

    Cynthia B. Demented

    18 septembre 2009 at 16 h 14 min

  2. Tu vois, Barbare, ce n’est pas tant la situation de gouvernement minoritaire qui est malsaine que la politique elle-même. Au provincial, le PLQ a décidé d’accumuler des déficits en sachant bien que c’est le PQ qui sera pris avec… On gouverne, on dépense, on évité l’impopularité de certaines mesures et on refile la facture à l’autre.

    En même temps, on est tellement critique avec nos gouvernements que plus personne d’intéressant ne veut y aller. À mon école, je ne joue plus de rôle syndical ou autre. Les gens veulent des leaders, mais veulent tous chiâler contre eux en même temps.

    À sa manière, Harper voudrait être un leader (de la droite). Sauf qu’il est obligé de faire des compromis pour gouverner à cause de son statut minoritaire. Même chose au PQ ou Pauline Marois doit composer avec des souverainistes mous, des gens à droite, à gauche…

    le professeur masqué

    19 septembre 2009 at 6 h 45 min

  3. En réponse à vos deux commentaires, je me permets de citer Le Prince de Machiavel :

    Tous les États, toutes les dominations qui ont tenu et tiennent encore les hommes sous leur empire, ont été et sont ou des républiques ou des principautés.

    « … qui ont tenu et tiennent encore les hommes sous leur empire… » On parle bien ici de dirigeant et de dirigés, non? On parle ici de gens qui se font gouverner par d’autres. Dans le cas des démocraties, ça se fait par choix. C’est pour ça qu’on vote. Mais poursuivons un peu avec Machiavel :

    Je dis donc que, pour les États héréditaires et façonnés à l’obéissance envers la famille du prince, il y a bien moins de difficultés à les maintenir que les États nouveaux : il suffit au prince de ne point outrepasser les bornes posées par ses ancêtres, et de temporiser avec les événements. Aussi, ne fût-il doué que d’une capacité ordinaire, il saura se maintenir sur le trône, à moins qu’une force irrésistible et hors de toute prévoyance ne l’en renverse

    Ma foi! Il parle de ce qui se passe actuellement avec Harper (et avec Chrétien lors du règne Libéral). « … ne fût-il doué que d’une capacité ordinaire… » Jean Charest, peu-être? Mais on voit surtout qu’à la fin, on a les politiciens qu’on mérite. Rien de plus, rien de moins. Et c’est ce miroir que nous avons élevé entre nous, peuple docile votant, et nos dirigeants politiques qui m’attriste le plus : ce miroir nous renvoie notre propre image alors que nous y cherchons celui de bons leaders.

    Un leader, c’est quelqu’un qu’on a envie, non, qu’on désire ardemment suivre. On veut le voir triompher et on veut faire partie de ce triomphe, en être un acteur. Qui inspire ce genre de comportement aujourd’hui au Québec et au Canada?

    Réponse : personne.

    Il n’y a personne parce que personne ne veut s’impliquer, personne ne veut se mouiller, mettre la légendaire épaule à la roue, il n’y a pas de désir et d’engouement pour la chose politique, la Res Publica de nos lointains ancêtres romains.

    Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?

    Je n’en ai pas la moindre idée. Mais je cherche. Je cherche…

    lebarbareerudit

    19 septembre 2009 at 10 h 51 min


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