Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

La plus meilleure poutine au monde

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On ne choisit pas toujours son inspiration. C’est une muse capricieuse que, lorsqu’elle se pointe le bout du nez, nous devons nous empresser de saisir avant qu’elle ne disparaisse.

Prenez-la ce matin, alors que je mangeais sans grand enthousiasme mon légendaire bol de céréales. Je vaquais à ma routine habituelle et qui consiste à lire les nouvelles et les éditoriaux sur Le Devoir et sur Cyberpresse et je tombe sur cette nouvelle gastronomique tout à fait édifiante. Ainsi donc, selon le magazine Travel & Leisure, la poutine de La banquise serait un des meilleurs plats à 5 $ au monde. Au monde!

Non, Môssieur, pas, genre, tsé, sur le Plateau, ou à Montréal. Non, non. Pas au Québec. Que nenni : au monde, rien de moins.

Bon, il faut qu’en revienne, là. Parce qu’au fond, c’est pas ça l’important dans cette nouvelle. C’est pas le fait que La banquise se fasse reconnaître comme le boui-boui par excellence pour s’envoyer une graisseuse noyée dans la sauce brune avec des crottes de fromage à 3 h du mat. C’est le sous-texte derrière ça. C’est le fait que le Monde (avec un grand « M ») ne s’interroge pas sur la légitimité de cette création culinaire québécoise.

On s’assume ou pas, finalement?

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Written by Le barbare érudit

5 septembre 2009 à 17 h 48 min

Publié dans Général

3 Réponses

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  1. Peut-être aurait-il plus d’interrogations s’il était question d’un met plus raffiné, fine cuisine?! Il faut garder en tête que le monde culinaire n’est pas douillet, plutôt sauvage. Ce n’est pas rare qu’un chef soit condescendant à propos d’un met/d’une recette… c’est pas tous les « comfort foods » qui s’installent dans leur top, mettons. Au final, on s’en fout des critiques, mais pas les chefs qui recherchent les diamants et les étoiles pour leurs restaurants! Oh non, monsieur!

    Cynthia B. Demented

    7 septembre 2009 at 2 h 04 min

  2. Je m’intéresse et m’interroge sur la nourriture, la « gastronomie » avec un petit « g », et j’essaie de voir où tout ça nous mène. Par exemple, le fait que d’un côté, la poutine est un plat honni au québec qu’on ose à peine mentionné sinon avec dérision, du genre « chus ben saoul, j’mange une p’tite poutine pis j’men va m’coucher », et de l’autre, qu’il faut bien reconnaître qu’il fait parti de notre paysage culturel alimentaire (faute de dire gastronomique), pour le meilleur et pour le pire.

    En fait, je me demande si, ailleurs dans le monde, on s’interroge autant et avec tant de passion sur quelque plat populaire… au Mexique, par exemple, ou en France? Ne me dites pas que ces pays ne possèdent pas leur « poutine »! La grande question, c’est comment considèrent-ils ce plats?

    Ce genre de reconnaissance, ce genre de prix, n’est-ce pas un bon moyen de s’affranchir de notre honte vis-à-vis notre création culinaire populaire par excellence?

    lebarbareerudit

    7 septembre 2009 at 9 h 26 min

  3. N’oublie pas: on parle de se régaler pour moins de cinq dollars…

    Effectivement, la poutine a besoin de reconnaissance à nos yeux au même titre que bien d’autres composantes de notre société. Il fut un temps, pas si lointain, ou il fallait avoir du succès en France pour être un vrai chanteur.

    le professeur masqué

    13 septembre 2009 at 7 h 13 min


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