Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

La mise à mort

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Lu ce matin dans Le devoir, ce texte de Manon Cornellier avec, à la toute fin, ce passage :

En mars dernier, un juge de la Cour fédérale déclarait illégal le refus du gouvernement Harper de demander la clémence pour Ronald Smith, un Canadien condamné à mort pour deux meurtres commis au Montana. Au début de juin, un comité des Nations unies demandait au Canada de renouer avec sa politique traditionnelle d’opposition systématique à la peine de mort et d’abandonner l’approche du cas par cas adoptée par les conservateurs. Interrogé sur le sujet lundi, aux Communes, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a eu l’ahurissante réponse qui suit: «Dans le cas de M. Smith […], le gouvernement sera assujetti à la décision des tribunaux, mais dans tous les autres cas, et je vais être très clair, la clémence n’est pas une obligation. LA CLÉMENCE DOIT NÉCESSAIREMENT SE MÉRITER.» (Je souligne.) Depuis quand un Canadien doit-il mériter le droit de rester en vie? L’opposition à la peine de mort est affaire de principe fondamental et non de politique à géométrie variable. Jamais les Canadiens n’ont, en portant les conservateurs au pouvoir, donné au gouvernement le pouvoir de décider qui méritait d’avoir la vie sauve ou d’être mis à mort. L’idée même est odieuse. C’est pourtant celle exprimée par le ministre.

J’en reste sans voix. Encore une pierre à ajouter à l’édifice rétrograde de haine que construisent les conservateurs de Harper. S’il est une chose que ces derniers ont su démontrer au cours de leurs années de pouvoir, c’est qu’ils incarnent le contraire de toutes les valeurs qui me sont chères et qui m’ont été léguées par l’enseignement de mes parents.

Il n’y a qu’un pas à franchir entre ne pas s’opposer à la peine de mort et la réintroduire dans l’appareil judiciaire et je trouve effrayante l’idée que ce gouvernement n’est pas sans considérer le franchir.

Encore une fois, je n’ai pas voté pour ça.

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Written by Le barbare érudit

17 juin 2009 à 7 h 39 min

Publié dans Politique fédérale

Une Réponse

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  1. Le mode politique (lire cynique) que nous avons est préhistorique et désuet, tant et aussi longtemps que les citoyens ne reprendront conscience que les abus de ce genre seront à l’ordre du jour.

    D’une petite semence, un jour naîtra une petite pousse qui elle se propagera et un jour, elle prendra le dessus de la mauvaise herbe, pour cela il faut serrer le rang et bâtir des liens indéniables pour une égalité sociale équitable pour toutes les populations de notre bien aimé La Terre.

    Mon cher Nelson, je me joins à vous dans cette triste constatation.

    Franco

    Franco Moggia

    18 juin 2009 at 9 h 35 min


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