Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Lamalchance

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Laissez-moi vous raconter une drôle d’aventure.

C’est arrivé en juin 2008. Après avoir endommagé ma plume par mégarde durant la semaine, je croyais que tout reviendrait à la normale. En tant qu’être absolument pas superstitieux, rien ne m’avait préparé à la série d’événements qui allaient s’ensuivre. Surtout que ça aurait pu mener à un divorce…

Parce qu’il est des jours comme ça où on dirait que tout va mal. Où on dirait que le malheur s’acharne sur une victime qui le mérite peut-être, par sa très grande faute, mais qui aurait tout aussi bien pu ne pas en être une.

J’ai été victime d’une lamalchance. Vous savez : c’est lorsque rien ne va plus. Et d’une autre. Et d’une autre. Parce que la plume allait donc entraîner dans sa suite toute une série de malheurs facilement évitables. C’est vraiment ce qui en fait des lamalchances. Ils sont évitables!

Bref, samedi, ma femme, grande amatrice de pêche devant l’Éternel, m’informe qu’elle s’en va pêcher dans la rivière George tout près d’un site archéologique découvert par hasard l’année passée. Et de me demander si j’ai l’intention de la suivre. Je lui explique alors que j’ai quelques petites bébelles à terminer, mais que j’irai la rejoindre plus tard avec une carabine au cas où il y aurait des ours. Merci mon amour, je t’aime et merci de prendre soin de moi et patati et patata.

Donc, je termine mes affaires et je monte mon VTT, direction Mélanie. Il faut, pour se rendre là, prendre la route de l’aéroport puis, passé cette dernière, bifurquer vers la gauche sur la route qui mène au dépotoir. Arrivé au dépotoir, on continue sur la même route qui s’en va vers la baie d’Ungava avant que ce chemin de gravelle ne s’en retourne en direction générale de la rivière. On croise en chemin de nombreuses tentes et quelques cabanes à l’apparence plus ou moins solide ainsi que quelques Inuits à l’air inintéressé.

Après environ 15 minutes de route, j’arrive au bout du chemin. Je descends, mais je sais que je ne suis pas encore rendu. Je dois pour cela suivre une piste afin de passer par-dessus une petite arête et redescendre vers la rivière où je trouve ma femme, Mélanie, et un collègue de travail, Guy ainsi que son fils.

Malheureusement pour elle, ma femme n’avait toujours rien attrapé lorsque j’arrivai. La rivière, brassée par la marée descendante, nous présentait une eau très trouble où aucun poisson ne semblait vouloir vivre. Un bon vent accompagnait le tout, bien que le Soleil rendait la journée un peu plus agréable.

Après quelques minutes, je décide de tirer un coup de carabine, histoire que vérifier que tout va bien et que mes cartouches ne sont pas mortes. Je sais que ma femme n’aime pas beaucoup ça, mais je me dis que ce n’est pas la fin du monde. Je m’éloigne un peu et je prends position et je vise un point quelconque dans la montagne, probablement une roche. Je charge ma carabine, une superbe . 30-06 à pompe équipée d’un canon court que mon père m’a donné. Et là, je tire.

Je ne sais pas quel est votre expérience avec le tir à la carabine, mais disons qu’une .30-06, c’est un calibre assez puissant dont on se sert pour la chasse au gros gibier : orignal, chevreuil, caribou, wapiti, ours, bison, etc. Or, ça faisait près de deux ans que je n’avais pas tiré avec ma carabine et j’avais « oublié » l’effet de recul qu’une telle arme pouvait offrir.

Ouch!

Le télescope de ma carabine est venu frapper de plein fouet mes lunettes et voilà que je me retrouve avec une belle blessure au nez. Et je saigne abondamment. Ma femme, en criss à cause du bruit, me voit et plutôt que de s’en faire pour moi (pas que je souffrais, mais par principe, vous comprenez), se met à m’engueuler parce qu’elle me trouve maladroit.

J’ai préféré en rire.

C’est donc à grand coup de t’es mieux de pas recommencer, pis tu’l’sais que j’hais ça, pis t’aurais pu faire attention, que j’ai réussi à arrêter le saignement. Mais mes malheurs n’allaient pas s’arrêter là. Oh, non!

Mon collègue Guy décide alors d’allumer un feu parce que son gars a froid (le vent…). Mélanie choisit alors d’arrêter de pêcher parce que, de toute façon, elle n’attrape rien et elle a faim. On s’installe près du feu qui brûle dans un recoin formé par les rochers. Sauf que le vent poussant la fumée vers nous, il nous faut nous éloigner un peu.

Comme tout bon homme des cavernes qui se respecte, mon instinct de pyromane s’empare de mon bon jugement et je décide d’alimenter le feu « pou’ le fun ». Et pour ce faire, je dois y aller par le dessus, étant donné qu’autrement, je serais étouffé par la fumée que le vent pousse. Je me penche pour ajouter du vieux bois mort et mon GPS, que j’avais complètement oublié et qui se trouvait dans ma poche, glisse de cette dernière et se retrouve dans le feu.

!

Je me précipite littéralement dans le feu et à l’aide d’un bout de bois, je réussis à sortir mon GPS de là. Merde, toute la surface est brûlée, le caoutchouc est très endommagé, je ne sais vraiment pas s’il marchera à nouveau. Et ma femme d’en rajouter parce que je ne sais vraiment pas faire attention à mes affaires pis je suis négligent et j’en passe.

Finalement, retour à la maison et seul point positif de cette fin de semaine, mon GPS fonctionne toujours! Je n’en crois toujours pas mes yeux! C’est vraiment tough ces petites machines-là!

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Written by Le barbare érudit

9 avril 2009 à 20 h 35 min

Publié dans Non classé

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