Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Le robinet et l’éponge

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Je suis une éponge. Je l’ai toujours été. Même petit, je ne trouvais de plus grand plaisir que dans le fait d’accumuler les connaissances et le savoir. Je lisais et je lis encore des livres de science, des bandes dessinées, des romans, des magazines, des journaux, des pamphlets, des affiches, des sous-titres, des pages web, des courriels, des lettres, des mémos, des rapports, des thèses, des mémoires, des analyses et j’en passe. Tout ça dans le but avoué d’en apprendre toujours plus sur le monde qui m’entoure, sur la vie, sur l’univers, sur moi et sur ma petitesse dans l’espace-temps.


Ainsi, on peut partager le monde en deux : les robinets et les éponges. Je suis une éponge qui aspire à devenir un robinet. D’où la création de ce blogue, de ce carnet comme le proposent Rad-Can et Le Devoir.

Jamais je n’aurais pu me gorger de tant de matière sans l’apport inestimable des robinets. Les robinets, ces nombreux créateurs de contenus, ces esprits libres qui s’évertuent à vider leur tête pleine d’idée à partager, ces têtes qui ne cessent de se remplir au rythme infernal de mille hectolitres par seconde! Une source sans fin de pensées à coucher sur le papier, à transformer en électrons, à enregistrer sur support magnétique afin d’en faire profiter la masse.

J’admire les robinets et j’aspire à en devenir un. Le journaliste, le romancier, le rédacteur, le traducteur, le scripteur, le comédien, le chanteur, tous font le remarquable travail de produire l’information nécessaire aux éponges. Sans leur apport, les éponges erreraient sans buts, loin de tout, le regard hagard, perdu. Sans leurs écrits, leurs productions, l’univers serait un grand vide, la télé n’existerait pas, tout comme les livres, le cinéma, les journaux, les pamphlets, le web, les affiches, les mémoires, les thèses, magazines, les lettres, les analyes et j’en passe.

La littérature : niet! Le septième art : niet! le neuvième art : niet! La peinture : niet! La musique : niet! Le théâtre : niet! La danse : niet! La sculpture : niet!

L’art : niet!

C’est pourquoi j’aimerais, par cette chronique, rendre hommage à ces créateurs qui alimentent les éponges dont je suis. Merci à vous tous, chers robinets!

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Written by Le barbare érudit

20 février 2009 à 9 h 41 min

Publié dans Général

5 Réponses

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  1. Je dirais que le monde est divisé en 3. Les éponges, les robinets et les éviers.

    Les éviers sont des personnes que les connaissances leurs coule dessus mais ils attendent seulement de tiré le bouchon pour que la connaissance s’en aille dans l’égout du savoir passé. Ce sont des personnes qu’ils ne veulent rien apprendre de nouveau.

    Pat

    23 février 2009 at 13 h 26 min

  2. Salut Haver,

    Je viens de tomber sur ton blogue à ton invitation. Et j’ai quelques questionnements juste pour toi ma grosse éponge, que je crois dans la même veine que ton texte, et ça va comme suit;

    Qu’est ce que recherche vraiment celui qui est avide de connaître?

    Quel(s) est (sont) le(s) besoin(s) que tente d’assouvir celui qui transmet ses connaissances?

    Qu’est ce que tu penses qui motive le désir de connaître et le désir de transmettre la connaissance?

    J’ai mes réponses bien personnelles là dessus, mais je suis curieux de lire les tiennes.

    Bye.

    Stoik

    24 février 2009 at 20 h 24 min

    • Je vais répondre à tes questions selon mon point de vue, qui différera nécessairement du tient.

      Qu’est ce que recherche vraiment celui qui est avide de connaître?

      Il n’y a pas de limite à ce que recherche celui qui veut connaître. La recherche de connaissance est définitivement une affaire sans fin, mais c’est aussi une affaire hautement personnelle. Ce que je recherche n’est pas nécessairement la même chose que ce que tu recherches. Ce qui n’enlève rien à la pertinence de ce que tu recherches.

      Quel(s) est (sont) le(s) besoin(s) que tente d’assouvir celui qui transmet ses connaissances?

      C’est au robinet que tu devrais poser ta question. Moi, je ne suis qu’une éponge!

      Qu’est ce que tu penses qui motive le désir de connaître et le désir de transmettre la connaissance?

      Les besoins sont toujours la motivation des actions. En ce qui concerne les robinets, j’ai déjà répondu. En ce qui concerne les éponges, j’imagine que ça va varier en fonction de la personne à qui tu poses la question.

      J’ai toujours eu beaucoup de difficulté à mettre tout le monde dans un le même bateau.

      (Oui, oui, je vois l’ironie de ce que je viens d’écrire. Et il est vrai que ça peut sembler paradoxal lorsque d’un côté, on divise le monde en deux grands groupes, et de l’autre, on affirme ne pas vouloir mettre tout le monde dans le même bain. Mais il y a une différence majeure entre les deux. Premièrement, ce texte est un jeu, une aventure ludique, une construction de l’esprit. Les robinets n’existe pas plus que les éponges dans le sens où je l’entends dans ce texte. Ensuite, la question touche à un aspect personnel, à savoir, pourquoi considères-tu faire partie de tel ou tel groupe. Et ça, ça relève du jugement personnel de chacun.)

      lebarbareerudit

      24 février 2009 at 21 h 45 min

  3. Resalutations,

    Merci pour la réponse à la fois rapide et étoffée. Ma seule protestation vise la deuxième question, où j’aurais peut-être aimé lire ton côté robinet, je veux dire l’enseignant que tu es.

    Je vais te rendre la politesse en répondant à mes propres questions!

    1- Il recherche qui il est, et comment en profiter le mieux possible.

    Ça a l’air trop simple comme réponse, hein? On prend tellement de choses pour acquises. Prenons juste un exemple; Moi. J’ai erré dans ce monde pendant 27 ans sans savoir d’où je venais, jusqu’à temps que je puisse retrouver ma mère biologique qui me l’a finalement dit. Moi au moins j’ai pû le savoir, tandis que d’autres n’auront jamais cette chance.

    2- Son besoin est celui de communiquer.

    Trop simple? Encore une fois, non. Surtout toi qui a étudié la linguistique, tu as sûrement constaté l’envergure de la complexité de ce processus. À quoi sert d’apprendre quelquechose si ce n’est pas pour l’exploiter ou la redistribuer? Je ne crois pas que ça soit par simple intérêt personnel, parce que d’une façon ou d’une autre, cette connaissance influencera (ne serait-ce qu’indirectement) l’interraction avec ses semblables et son environnement, et cela aurait des répercussions sans aucun doute. Qui n’a pas été influencé par un individu de grande culture ou qui a fait sa marque à l’histoire du monde? Qu’il me lance la première pierre.

    Sans moyen de se transmettre, la connaissance n’est rien.

    3- C’est l’espérance.

    C’est le propre de l’homme. Dans sa lutte incessante à essayer de dominer le chaos, l’homme se forge l’espérance d’un futur meilleur et tente de s’en donner les moyens. Ça fait partie de sa panoplie instinctive; À la fois pour celui de veiller à sa survie, qu’à celui d’engendrer sa pérénité.

    Alors bonsoir et merci de ton attention!

    Bye.

    Stoik

    24 février 2009 at 23 h 24 min

  4. […] octobre 2009 in Général Dans ma série « Divisons le monde en deux », j’ai déjà traité des éponges et des robinets. Ça n’est certainement pas la seule façon de diviser le monde. C’est un exercice par […]


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