Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Les armées

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L’oeuf ou la poule. Qu’est-ce qui est venu en premier? La poule ou l’oeuf? Il s’agit là d’un vieux jeu qui ne connaîtra jamais de fin puisqu’à tout prendre, ni l’une ni l’autre des deux réponses ne donne satisfaction. Si l’oeuf vient avant, qui l’a pondu? Et si c’est la poule, de quel oeuf sort-elle?


On peut raisonnablement penser qu’il en va de même pour les choses qui nous intéressent. Tous ces passe-temps que nous pratiquons, tous ces loisirs que nous entretenons, sont-ils venus comme ça, de nulle part, ou y avons-nous été exposés même si le souvenir nous en échappe?

L’idée de pratiquer quelque sport, quelque loisir a-t-il germé hors de tout contexte, spontanément comme se plaisait à le penser les philosophes d’autrefois en parlant de la vermine dans les sacs de farine? Ou n’est-ce pas plutôt le fait que nous sommes aujourd’hui complètement inondés d’images et de son, de publicités, de magazines (eux-mêmes guère plus que des vecteurs de publicités, mais ça, c’est une autre histoire), de la télé, d’internet (l’âge des communications!)?

Je me plais à croire qu’il me reste un peu d’autonomie intellectuelle quand vient le temps de choisir mes loisirs et mes préférences. J’aime penser que tout ne m’est pas dicté, que tout ne m’est pas donné, par petite cuillerée comme à un poupon, qu’il me reste un peu de ce libre arbitre, de dignité humaine. Que je ne suis pas seulement une statistique à exploiter par des « focus groups » et des armées de marketeurs.

Mais je dois admettre qu’il n’est pas rare que je sois influencé par toute cette propagande spécialement conçue pour attirer mon attention et me vendre un produit, un service ou pour que je m’engage dans une des innombrables voies de la consommation. Je succombe à ces tentatives parce que des années et des années d’études y ont été consacrées afin d’identifier qui je suis, qu’est-ce que j’aime, qu’est-ce qui m’intéresse et comment faire pour attirer mon attention. Tous ces efforts dans le but d’augmenter les profits déjà indécents de quelques entreprises, pour faire « tourner l’économie ».

Mais je m’éloigne de mon propos. Je m’emporte et ça me fait oublier l’essentiel. Que chaque fois que je m’assoie pour regarder un film ou lire un roman, que chaque fois que j’enfourche ma motoneige pour aller à la chasse, que chaque fois que j’écoute de la musique, que je fabrique une enceinte, je fais quelque chose que j’aime. Je me retrouve avec moi-même, en paix, sachant que, malgré toute la publicité, tous ces stimuli qui se battent pour mon attention, que malgré le fait que je ne sois, peut-être, qu’une insignifiante statistique sur le grand mur de la vente, je puisse profiter pleinement et sereinement de ce que j’aime faire, de ce qui m’allume, ce qui me raccroche à mon quotidien.

Je vous en souhaite autant.

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Written by Le barbare érudit

19 février 2009 à 17 h 09 min

Publié dans Général

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