Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Ludicité

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Je commençais mon secondaire lorsque j’ai découvert Donjons et Dragons. À l’époque, je m’étais abonné à une revue française (je vous raconterai, un jour, cette aventure qui, pour un jeune de 13 ans, relevait de l’exploit!), Jeux et stratégie, et un des numéros présentait les jeux de rôle comme un nouveau genre de jeux qui faisait fureur aux États-Unis.

Je vivais alors en Gaspésie, loin des grands centres où j’aurais pu trouver ces merveilleuses boîtes colorées aux dessins fantastiques. Ma tête de jeune adolescent était très influençable et mes yeux s’illuminaient à la simple vue de ces dragons crachant le feu, de ces chevaliers à l’allure invincible et de ces femmes (relativement peu vêtues) qui éveillaient en moi des désirs… il est clair aujourd’hui que les éditeurs de ces jeux connaissaient très bien la démographie de la clientèle qu’ils tentaient de séduire!

Dès que j’en appris l’existence, un seul but m’anima : mettre la main sur une de ces boîtes et regrouper des amis pour y jouer. Je fis mes recherches du mieux que je pus, mais je dus attendre environ un an avant de finalement mettre la main sur mon premier jeu de rôle, Empire galactique de François Nedélec. Je fus conquis.

En me replongeant aujourd’hui dans ces souvenirs, ma tête se remplit d’images et je me revois, lisant goulûment ces lignes, regardant ces images, étudiant ces règles avec toute l’attention et la passion qui anime un jeune ado de 13 ans. J’entends la musique que j’écoutais à l’époque : AC/DC, Iron Maiden, Metallica, Slayer, Dio. Couché à plat ventre sur mon lit, je me rappelle les grandes lignes de ces livres qui m’accompagnaient vers le sommeil tous les soirs.

Au fond, ces jeux étaient plus que de simples divertissements. Ils étaient ma nourriture intellectuelle, ils alimentaient mon imagination et je vivais les aventures dans ma tête que je préparais pour mes amis. Malheureusement pour moi, en Gaspésie, je ne pus jamais éveiller d’intérêt pour ces jeux chez mes amis. C’est donc seul que je vivais cette passion.

Lorsque mes parents déménagèrent à Rouyn-Noranda, je fis la connaissance d’un nouveau groupe d’amis avec qui j’allais enfin pouvoir partager et vivre cette passion à plein. Ces derniers pratiquaient déjà ce passe-temps avant que je n’arrive et ils m’ont invité à me joindre à eux. Je pus enfin passer de la théorie à la pratique. Fini les heures passées seul à lire et à relire les mêmes pages, les mêmes lignes. Je pouvais enfin incarner tous les personnages que j’imaginais depuis si longtemps.

Je n’ai pas beaucoup de souvenirs spécifiques de ces soirées et de ces nuits de jeu. Les aventures imaginaires que j’ai vécues durant ces parties ne sont que de vagues souvenirs imprécis et confus. Je crois qu’au fond, j’ai toujours préféré la théorie : lire les règles, découvrir les univers inventés par ces auteurs et ces créateurs. C’était là ma grande motivation.

Aujourd’hui, je ne pratique plus le jeu de rôle. J’ai délaissé ce genre ludique pour me tourner vers les jeux de plateau. Le temps et les occasions sont les principales raisons pour lesquelles j’ai changé. Les jeux de rôle demandent à la fois beaucoup de préparation avant la rencontre, et un suivi régulier. Avec un jeu de plateau, une soirée suffit à tirer une, deux et parfois même plusieurs parties. Il n’y a pas de préparation nécessaire et les jeux de plateau sont autosuffisants.

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Written by Le barbare érudit

11 janvier 2009 à 0 h 44 min

Publié dans Ludique

Une Réponse

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  1. Ah! Donjon et Dragon… j’ai adoré y jouer. Ce fut malheureusement sur une courte période de temps et sur le tard mais Dieu que j’ai adoré. J’avais un personnage de loup-garou qui perdait son intelligence lors de sa transformation, plutôt problématique. Je me souviens de deux skills inutiles que je possédais. Celui de pouvoir vomir à volonté, que j’ai réussi à placer dans un combat. Et oui! Et l’autre c’était de pouvoir manger de la crème glacé à volonté sans avoir de Brain Freeze. Ce fut de belles rencontres.

    Eldiablo Minouchka

    28 février 2010 at 21 h 03 min


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