Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Le système parlementaire canadien

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Je ne suis pas un expert en droit constitutionnel ni en politique fédérale. Mais je m’y intéresse. Je vous livre donc quelques réflexions sur l’état des choses tel que je le conçois en ce moment.

J’entends les hauts cris et je lis beaucoup d’inepties sur la crise politique à Ottawa depuis plusieurs jours. En fait, ce qui m’apparaît très clair, c’est que la partisanerie prend le pas sur l’analyse froide et objective des faits. C’est un exercice d’autant plus difficile que notre niveau de partisanerie est élevé.

Je vais donc m’en tenir loin et j’annonce dès maintenant que je ne suis ni objectif ni n’ai envie de l’être. Mon but ici n’est pas de plaire ou de comprendre, mais bien de m’exprimer sur la situation.

Ainsi donc, les « Canadiens » auraient élu un gouvernement Harper. Si je comprends bien, 38 % du suffrage source : Wikipedia égal majorité des voix… donc, un peu moins de quatre « Canadiens » sur dix se trouvent à décider du sort des six autres, et c’est ce qu’on appelle de la démocratie.

Je n’ai pas la même définition du mot démocratie. Pour moi, la majorité des voix devrait remporter l’élection, pas la plus grande minorité. Parce que c’est exactement ce qui se passe ici. On se retrouve avec à la tête du pays un gouvernement qui n’a l’appui ni de la majorité des sièges, ni de la majorité de la population.

Et je ne parle même pas du fait que ce gouvernement est surreprésenté par l’Ouest lorsqu’on le compare à l’Est du pays. En effet, les Conservateurs n’ont réussi à obtenir la majorité des sièges dans aucune province à l’Est du Manitoba à l’exception du Nouveau-Brunswick.

En fait, ce qu’il faut retenir de cette élection, c’est que plus de 62 % des électeurs ont refusé à Stephen Harper le droit de former le prochain gouvernement. Et je parle bien des électeurs.

Le taux de participation aux élections fédérales a été de 59 %. Moins de 60 % des Canadiens en droit de se prévaloir de leur droit de vote ont été votés. C’est un des plus faibles taux de participation de l’histoire canadienne. En tenant compte du taux de participation, le gouvernement Harper ne représente plus que 22 % de la population canadienne.

Une vraie honte!

Les trois partis d’opposition représentent la majorité des sièges et la majorité des voix de la dernière élection, n’en déplaise aux analystes et autres commentateurs de la scène politique fédérale qui crient au putsch et au coup d’État. Mais il n’en est rien. Voici pourquoi (selon moi, bien sûr!)

  1. Dans le système politique canadien, on vote pour un député, pas pour un parti.

  2. Rien n’empêche les députés de « changer de bord », même s’il y a généralement un prix à payer de faire ça.

  3. Le Premier ministre n’est qu’un député comme les autres; il ne possède pas de pouvoir particulier autre que celui d’avoir été choisi chef de son parti politique.

  4. Rien n’empêche des partis de former une alliance afin de contrôler la Chambre; c’est ce qui est arrivé cette semaine avec l’entente entre les partis Libéral, NPD et le Bloc.

Pour toutes ces raisons, je crois que le parti Conservateur et son chef, Stephen Harper, auraient dû faire face à la musique en laissant la Chambre voter contre son énoncé budgétaire; ils auraient dû accepter le verdict de la Chambre et donner la chance à la coalition de former un gouvernement en attendant les prochaines élections.

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Written by Le barbare érudit

5 décembre 2008 à 14 h 41 min

Publié dans Politique fédérale

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