Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

Politique fiction

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Imaginons un instant ce qui pourrait se passer dans quelques mois après la prise du pouvoir par un improbable gouvernement de coalition…

Le 31 janvier 2009, la Gouverneure générale Michael Jean accepte de remettre le pouvoir à la coalition Dion-Layton après que le gouvernement Harper ait été battu en chambre lors d’un vote de confiance sur le discours du trône. Harper a bien tenté de dénouer la crise d’abord en prorogeant la session d’automne puis en y allant de nombreuses concessions à l’endroit de l’opposition. Mais ces derniers sont restés sur leur position, fort de l’entente qu’ils avaient signée le 1er décembre 2008.

Il s’agit d’un précédent dans l’histoire parlementaire canadienne. Ce gouvernement de coalition tourne une page importante et s’apprête à changer le Canada de façon profonde. Le Premier ministre Dion s’empresse de former son tout nouveau cabinet des ministres sachant pertinemment qu’il ne sera que temporaire. Effectivement, dans quelques mois, un nouveau chef sera nommé pour le remplacer à la tête du parti libéral, un nouveau Premier ministre.

Révolte dans l’Ouest

Tout cela provoque une vive réaction de la part des électeurs de l’Ouest, particulièrement l’Alberta, berceau du nouveau parti conservateur. Un profond sentiment de méfiance s’est transformé en véritable haine à l’endroit des provinces centrales, l’Ontario et le Québec, et ce sentiment est attisé par les groupes indépendantistes qui se réveillent dans cette province riche et trop longtemps laissé de côté.

Certains Premiers ministres provinciaux de l’Ouest, Stelmach en tête, ont laissé entendre qu’ils pourraient tenter de court-circuiter la Chambre des communes en tentant de rapatrier une grande partie des pouvoirs des mains d’Ottawa. Ils laissent même entendre que la séparation n’est pas exclue…

Le feu de la souveraineté

Au Québec, une certaine quiétude règne en ces premiers jours de la coalition. On sait que les intérêts du Québec ont été chèrement défendus par le Bloc. Et il est rassurant de savoir que les Libéraux n’ont pas les coudées franches pour imposer quoi que ce soit à la population.

Mais le tonnerre qui gronde à l’Ouest semble avoir un effet sur la ferveur souverainiste. Ces derniers parlent de plus en plus d’imiter leurs cousins des prairies afin de ne pas se retrouver sans le sou au cas où…

Un événement inattendu va cependant fournir aux souverainistes l’arme qu’ils attendaient : l’Alberta appuie une motion pour contrôler les flux financiers de son économie afin de limiter le pouvoir de percevoir des impôts par le fédéral sur le pétrole. En terme à peine couvert, certains des plus influents membres du cabinet Stelmach croient qu’ils pourront par cette action limiter le soutien aux séparatistes du Québec.

Il n’en fallait pas plus pour faire exploser Duceppe qui crie au vol. Ce faisant, la raison même du fédéralisme perd tout pouvoir et voilà que le mouvement souverainiste reprend du poil de la bête en grande partie grâce à l’Ouest.

Partira, partira pas

Contre toute attente, les provinces de l’Ouest, ulcérées par la tournure des événements à Québec et à Ottawa, s’entendent pour soumettre à leur population respective un projet de création d’une nouvelle entité, une fédération des provinces des prairies. Et c’est lors d’un référendum tenu simultanément dans les quatre provinces de l’Ouest que cette entente s’est retrouvée entérinée. L’Ouest se sépare du Canada!

Ce geste inattendu sonne le glas du « plus meilleur pays du monde ». Et avec lui entraîne toute une série d’affrontements constitutionnels entre Ottawa et les provinces sécessionnistes. Malheureusement, il est trop tard. La population ayant donné son aval à l’entreprise, le fédéral n’y peut rien. D’autant plus que de l’autre côté de la rivière Outaouais…

Vive le Québec libre!

N’ayant plus rien à trouver à Ottawa, le Québec n’a d’autre choix que de lui aussi soumettre à la volonté populaire le choix de rester ou non à l’intérieur d’une fédération canadienne qui s’étiole. La pression populaire étant immense, le mouvement souverainiste revient à la charge et organise des manifestations tous azimuts en faveur d’une séparation du Québec la plus rapide possible.

Le Canada a atteint le point de non-retour. Le Canada n’existe plus. Une poignée de provinces sont maintenant devenues des pays, membres à part entière du concert des nations. De nouveaux défis les attendent lors de cette crise économique qu’on croyait avoir oublié!

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Written by Le barbare érudit

2 décembre 2008 à 16 h 27 min

Publié dans Politique fédérale

Une Réponse

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  1. Haha! Excellent 🙂 Encore encore!

    Jonathan

    2 décembre 2008 at 17 h 52 min


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