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Flash. Fini.
Apparemment, Adobe s’apprête à baisser les bras en ce qui concerne sa plateforme Flash sur les appareils mobiles.
Ainsi, Steve aura eu raison et Flash disparaît du paysage techno sur les appareils mobiles. Et ben, quel revirement! Remarquez qu’on entendait de moins en moins parler de la controverse entourant l’absence de Flash sur les appareils roulant iOS d’Apple depuis un bon p’tit bout. Preuve que la technologie ne manquait pas à grand monde.
Cela dit, il est peut-être pertinent de s’interroger sur l’avenir de Flash en général. Je crois qu’en un sens, Adobe vient de reconnaître non pas la défaite de Flash sur internet comme outil de design web, mais bien que nous sommes arrivés à un tournant et qu’il est temps de passer à une autre technologie, html5, plus ouverte et moins hypothéquante.
Pourquoi je dis ça? Tout le monde s’entend pour dire que l’accès à internet via les appareils mobiles ne fera qu’augmenter avec le temps, ce qui fait qu’on peut affirmer qu’avant longtemps la majorité des gens accédera à internet à partir de leur appareil mobile, surpassant ainsi les accès à partir des ordinateurs normaux.
Or, bien peu d’organisations voudront maintenir deux versions de leur plate-forme web, une pour les appareils mobiles et une pour les ordinateurs normaux. Et comme la majorité des accès se fera à partir d’appareils mobiles, Flash deviendra un handicap dont il faut se débarrasser.
La première fois
Le 6 octobre au matin, je me souvins de la première fois où je me servis d’une souris.
J’étais en secondaire 5. Je faisais partie de l’équipe chargée de produire l’album étudiant de l’école où j’allais. Mais ce n’est pas ce sur quoi je travaillais ce jour-là. Je rédigeais plutôt un texte que je devais remettre à mon enseignante de français. Un travail d’équipe. Nous étions trois dans l’équipe. Nous rêvions tous de carrière en ingénierie. Nous nous imaginions déjà en train de concevoir les grands projets qui allaient révolutionner le monde. Comme tous les jeunes de notre âge.
Je me souviens encore que nous avions sélectionné tout le texte avec la souris et que nous avions joué avec les polices disponibles. Il n’y en avait que quelques-unes. De voir le texte se transformer sous nos yeux, là, à l’écran, nous étions fascinés, hypnotisés. C’était littéralement magique.
Nous décidâmes, à la blague, de choisir une police de symboles et d’en remettre une copie à l’enseignante pour le simple plaisir de voir sa réaction. Nous fîmes donc imprimer cette version de notre texte que nous remîmes à notre enseignante.
L’incrédulité que nous lûmes sur son visage! L’incompréhension totale face à cette page couverte de symboles incompréhensibles, nous nous mîmes à rire à gorge déployée, content de notre coup. Nous lui remîmes une version plus lisible de notre texte.
Vous aurez compris que cette souris était branchée à un ordinateur Macintosh d’Apple. Vous savez, ces vieux Mac classiques avec la souris rectangulaire et l’écran en ton de gris. Ils étaient beiges avec des lignes bien définies, droites, un design intemporel.
Évidemment, la vie n’est pas une ligne droite. C’est une route sinueuse où les intersections sont légions. Et comme la destination n’est jamais connue d’avance, on avance à tâtons en espérant ne pas trop se tromper. Je ne suis pas devenu ingénieur. Je n’ai pas révolutionné le monde. Et bien malin qui aurait pu prévoir qu’aujourd’hui, je me retrouverais à vivre au Nunavik depuis onze ans.
J’utilise toujours les produits Apple qu’a créé Steve et son équipe. Je les utilise et ils m’aident tous les jours dans mon travail et dans ma vie personnelle. Ils m’aident à me rapprocher de ma fille qui étudie au Sud, loin de nous. Ils m’aident à coucher virtuellement mes idées, mes projets. Ils m’aident à me tenir informé, à écouter de la musique, à préparer à manger, à lire. À écrire.
Rien ne nous dit que nous n’en serions pas là si Steve n’avait pas existé et nous ne le saurons jamais. Mais nous savons que grâce à lui, nous y sommes et nous y sommes élégamment.
Merci Steve.
Jobs. C’est fini.
Steve Jobs a remis sa démission ce soir à titre de PDG de Apple. Une lettre d’une grande sobriété. À lire absolument.
Je ne peux m’empêcher de réécouter ce discours qu’il a donné à Stanford en 2005. Un très grand discours qui vaut amplement qu’on le réécoute encore et encore.
La loi du plus fort aide qui, au juste?
Peter Bright d’Ars Technica nous propose un article intéressant sur la démarche de Microsoft en ce qui a trait à l’inclusion de fonctionnalités « tabler friendly » dans la nouvelle mouture de son système Windows, Windows 8.
Son analyse est fort intéressante et à plusieurs endroits, très pertinente. On souhaite honnêtement voir apparaître un concurrent de taille face à la domination outrageuse d’Apple dans le marché des tablettes numériques. Et si Microsoft réussit à le faire, le marché ne s’en portera que mieux.
Cependant, comme c’est souvent le cas lorsqu’on compare Apple à ses concurrents, la conclusion sombre dans l’allégorie belliqueuse et perd de vue l’essentiel :
If Microsoft is right in believing that people don’t actually want limitations, and that they’ve been forced into those compromises because the iPad is the only device giving them the ease of use they’re after, Windows 8 will be triumphant. Given the choice between tablets that offer the full power of the PC and tablets that don’t, the PC ones could well win out. But that’s still a big "if."
Comme si, à la fin, il ne pouvait y avoir qu’un « gagnant » et les autres, des « perdants ». Voyons, c’est ridicule. On ne voudrait pas limiter à un seul constructeur la production d’autos de la planète, pourquoi viser un tel but dans le domaine de l’informatique? Pourquoi pas deux ou trois gagnants, Apple, Microsoft et Google? Où est le problème avec ça?
Jusqu’où aller trop loin?
Un peu de contexte.
Durant un certain été, peut-être en 2009 ou en 2008, deux jeunes adolescentes organisent un party pyjama chez l’une d’elles. Durant la soirée, elles décident de prendre des photos d’elles dans des positions très suggestives, mais sans nudités. Elles les postent sur facebook. Plus tard, lorsque la direction de l’école qu’elles fréquentent apprend la chose, elles sont suspendues des activités parascolaires pendant une partie de l’année scolaire.
On trouve un compte-rendu plus détaillé ici de cette affaire -> http://arstechnica.com/tech-policy/news/2011/08/teenage-girls-facebook-photos-are-constitutionally-protected-speech.ars
Reprenons ça en termes plus clairs et plus directs. Deux ados font des niaiseries à la maison et l’école décide de les punir à cause de ça. En d’autres mots, l’école joue le rôle des parents, pas seulement à l’école, ce qui est dans sa mission, mais aussi à la maison, ce qui devrait être la mission des parents.
Suis-je le seul à ne pas trop trop comprendre la réaction de l’administration de cette école? À la limite, je pourrais comprendre que l’école communique avec les parents pour les informer de la situation sachant que ce ne sont pas tous les parents qui savent ce qui se retrouve sur la page facebook de leurs enfants, mais de là à appliquer des mesures disciplinaires à des élèves pour des activités qui ne sont aucunement reliées à l’école, il me semble qu’on sort drôlement du cadre défini par la mission de l’école, non?
Parfois, je me demande à quoi pensent ces individus lorsqu’ils prennent la décision de poser un geste semblable. Ne leur est-il pas venu à l’esprit que ce qui se passe à la maison ne relève en aucun cas de l’autorité scolaire sauf s’il existe un doute sur la protection de l’intégrité physique et psychologique de l’enfant, auquel cas il faut en informer les autorités compétentes (la DPJ au Québec)?
Il y a de quoi se demander quel est le niveau de jugement de certains individus. Que des ados fassent des conneries, rien de plus normal. Et c’est le rôle des parents et des éducateurs de les encadrer et de voir à ce que ces conneries deviennent le point de départ d’un apprentissage des règles de vie en société et du respect de soi et des autres. Sauf que tout ça doit se faire dans le respect de la vie privée des gens et du mandat d’autorité de chacun.
Only in the states… I hope…
Teaturumavi?
Lorsque nous sommes on the land avec ou sans inuit, il est très important de s’hydrater régulièrement, surtout l’hiver. Pour une raison que j’ignore, le froid semble favoriser la déshydratation de manière sournoise. Ce qui fait qu’il est difficile de se garder au chaud. Les inuit nous invitent donc à prendre le thé avec eux en nous demandant : « Teaturumavi? », ce qui se traduit à peu près par « est-ce que tu veux du thé? »
J’aime le thé. J’en ai parlé ici en vous présentant certains de mes thés favoris. J’en bois aussi de grandes quantités. Plus d’un litre par jour, tous les jours. Lorsque je pars travailler le matin, je traîne avec moi une bouteille isolée de type Thermos d’un litre rempli de thé gunpowder temple du ciel. Tous les matins.
Donc, je bois beaucoup de thé. Souvent, chez moi, j’aime prendre le temps de préparer le thé selon les règles de l’art en vérifiant la température et le temps d’infusion afin d’extraire le maximum de saveur et d’arôme de ces précieuses feuilles délicates. Mais tout ça, ça demande du temps et des outils que je n’ai pas le temps d’utiliser le matin lorsque je quitte la maison précipitamment pour le travail.
Les feuilles de thé sont très délicates et une des choses les plus importantes à vérifier lorsqu’on infuse le thé, c’est la température de l’eau. Par exemple, un thé vert devrait être infusé à environ 80 °C. Si la température de l’eau dépasse ce seuil, les feuilles seront brûlées et le goût s’en trouvera grandement affecté. Par contre, un thé noir doit l’être avec de l’eau bouillante, c.-à-d. de l’eau à 100 °C.
Il faut aussi tenir compte du temps d’infusion, un thé vert requérant un temps d’infusion plus long qu’un thé noir. Donc, un bon thermomètre, une montre, du temps et de la patience sont les principales qualités nécessaires à la préparation du thé selon les règles de l’art.
Parfois, on n’a pas le temps ou le goût de l’investir dans une telle entreprise. C’est ici qu’intervient la Breville One-Touch Tea Maker.
Qu’est-ce que c’est?
Dans la catégorie des gadgets absolument pas nécessaires, mais dont on ne veut surtout pas se passer, je vous présente la Breville One-Touch Tea Maker.
Je l’avoue d’entrée de jeu, y a absolument rien de ce que fait ce gadget qu’on ne peut réussir à faire autrement avec des instruments faciles à obtenir et à moindre coût. Voilà, c’est dit. Avec ça en tête, plongeons.

La Breville One-Touch Tea Maker.
Il s’agit d’une bouilloire doublée d’une théière automatique. Elle permet de faire chauffer l’eau jusqu’à la température désirée et d’infuser les feuilles de thé le temps voulu tout ça automatiquement.
La bouilloire est fabriquée d’un fond en acier inoxydable surmonté d’un récipient en verre de grande qualité et muni d’une poignée en acrylique. À l’intérieur de la bouilloire, on trouve une petite colonne d’acier inoxydable à laquelle s’attache un panier, lui aussi fait d’acier inoxydable, qui contiendra les feuilles de thé à infuser. Cette bouilloire se dépose sur une base en acier inoxydable où se trouvent les commandes qui permettent de faire fonctionner l’appareil.
La qualité de fabrication de l’appareil est irréprochable. On voit qu’un grand soin a été apporté au design et à la finition de l’objet. L’acier inoxydable au fini brossé complémente à merveille le verre de la bouilloire ainsi que l’acrylique de la poignée.
Comment ça marche?
L’utilisation de l’appareil est d’une simplicité désarmante. Comme on peut le voir sur la photo ci-dessous, la base donne accès à toutes les commandes à l’aide d’une série de boutons et d’indicateur d’état. À gauche, trois boutons permettent de contrôler la mise en marche automatique (oui, oui, elle est programmable!), le maintien de la température et d’élever ou d’abaisser le panier à infusion. Ensuite, un plus gros bouton permet de sélectionner le type de thé qu’on désire infuser. Ceci a pour effet de fixer une température et un temps d’infusion adapté au type de thé.
En plein centre de la base, il y a l’affichage à DEL qui indique clairement la température de l’eau et le temps d’infusion. Il est possible d’ajuster de façon plus spécifique ces deux variables à l’aide des flèches qui se trouvent de chaque côté de l’affichage. À droite de l’affichage, on trouve un bouton qui permet de choisir la force du thé, ce qui modifie le temps d’infusion. Enfin, deux boutons de mise en marche de l’appareil soit pour faire une infusion, soit pour tout simplement faire chauffer de l’eau.

Les commandes de la One-Touch Tea Maker
Lorsque nous voulons nous faire du thé, on sélectionne le type de thé à infuser, on a le choix entre thé vert, thé oolong, thé blanc, thé noir et tisane, on sélectionne la force d’infusion désirée entre fort, moyen et faible, on remplit la bouilloire d’eau, on met le thé dans le panier et on appuie sur TEA. Voilà, le reste se fait seul. La théière chauffe l’eau jusqu’à la température désirée et infuse le thé le temps voulu en fonction des choix faits. Il est même possible de programmer une température différente et un temps d’infusion différent en fonction de ses goûts ou encore du type de thé qu’on possède.

On peut voir ici le panier à infusion suspendu au-dessus de la liqueur
Bien qu’à première vue il ne semble y avoir aucune pièce mobile dans cette bouilloire, on comprend rapidement que le tout fonctionne grâce à des aimants placés dans la petite colonne d’acier qui retiennent le panier en suspension au-dessus de l’eau jusqu’à ce que cette dernière atteigne la température voulue. C’est alors que le panier descend lentement dans l’eau où il restera immergé le temps d’infuser les feuilles. Lorsque le temps prescrit est terminé, le panier remonte au-dessus de l’eau seul afin de stopper l’infusion. L’appareil sonne alors trois fois pour nous informer que le thé est prêt.
Voir la bouilloire fonctionner est tout à fait impressionnant et hypnotisant comme on peut le voir dans le court vidéo que j’ai tourné ici :
La grande question!
Pis, barbare, est-ce que le thé est bon? Ben oui. Ça marche vraiment bien. Bien que je ne l’ai que depuis très peu, grâce à ce gadget, je n’ai plus besoin de me concentrer sur le rituel de préparation du thé. Je rempli d’eau et de feuilles de thé, j’appuie sur quelques boutons et voilà, il ne me reste plus qu’à attendre mon thé. L’infusion est parfaite, la température est parfaite et je sais que toute la substantifique moelle de ces feuilles a été extraite de la manière la plus efficace et respectueuse qui soit.
Est-ce que cette machine va bientôt remplacer mes théières yi-xing? Non. Ou plutôt, pas chez moi. Le plaisir de préparer un thé en respectant le rituel est en soi un plaisir qui ne peut être remplacé par une machine, aussi sophistiquée soit-elle.
Pour moi, cette théière servira à préparer le thé de tous les jours, le thé au travail par exemple où elle trônera près de moi et prête à me servir un thé toujours impeccable sans que j’aie besoin de m’investir dans le rituel de la préparation de la parfaite infusion.
OK, OK, la VRAIE grande question!
Est-ce que ça vaut le coût? J’y vais d’une réponse politicien classique : ça dépend. Si vous êtes du type à boire un petit thé Salada après le repas dans votre tasse de grand-mère, peut-être que ça ne vaut pas la peine. Si vous buvez surtout du thé noir en sachet, n’investissez pas dans cette machine.
Si par contre, comme moi, vous buvez des litres de thé par semaine et que vous n’avez pas le temps de toujours préparer le thé convenablement, si vous avez envie d’extraire tout le goût et les arômes de ces précieuses feuilles et que vous n’avez pas peur de sauter d’un thé vert japonais délicat à un pu-erh terreux et surprenant en passant par un thé parfumé comme le thé au jasmin, je crois que vous n’avez rien à perdre d’aller voir cette théière automatique. Elle pourrait facilement répondre à vos besoins.

La théière automatique Breville avec mon fidèle verre à thé à double paroi
Au delà de LaTex
J’ai déjà abordé ce sujet à deux reprises. Je parle ici de l’environnement de préparation de document LaTeX.
Je crois toujours que LaTeX est un excellent outil pour écrire des textes qui seront imprimés, mais je comprends que plusieurs pourraient trouver la courbe d’apprentissage plutôt abrupte. C’est que, en effet, ce ne sont pas tous les ours qui ont envie d’apprendre à programmer, même un outil relativement simple comme LaTeX.
Il existe cependant d’autres possibilités qui permettent de tirer avantage du système LaTeX sans avoir à en apprendre toutes les subtilités. Je pense ici à Markdown et à MultiMarkdown.
De kossé?
John Gruber est le créateur de Markdown. Il s’agit d’un outil de conversion qui prend du texte et qui le transforme en HTML. L’idée est d’écrire normalement avec seulement quelques balises simples et naturelles à apprendre et laisser l’outil convertir le tout en code HTML.
Ainsi, plutôt que d’écrire quelque chose comme
on écrit
ce qui, comme on peut le constater, est tout de même plus facile à retenir que le code HTML.
Mon objectif n’est pas ici de faire un cours sur la syntaxe de Markdown. Je vous invite à visiter la page Markdown de Gruber sur son site pour en apprendre davantage sur cet outil.
Quel lien avec LaTeX, dites-vous? J’y arrive. En passant par Multimarkdown. Il s’agit d’une extension de Makdown qui ajoute certains éléments de syntaxe pour couvrir des aspects non couverts par Markdown. Entre autres, Multimarkdown ajoute les notes en bas de page, les tableaux et la bibliographie.
Là où Multimarkdown brille, c’est dans le fait qu’il est possible de l’utiliser pour générer un document LaTeX et ainsi profiter du système LaTeX et de ses forces, à savoir, la composition et la mise en page de documents structurés, sans avoir à se préoccuper d’en connaître la syntaxe et le fonctionnement.
À découvrir si vous écrivez le moindrement.
Le iPad 2
Demain, 2 mars, Apple tiendra une conférence afin de présenter ce que d’aucuns croient qu’il s’agira de l’iPad 2. Il y a un an, l’iPad sortait et, grand amateur devant l’éternel de techno, je m’en suis procuré un dès sa sortie au Canada. J’en ai d’ailleurs fait plusieurs billets (ici, ici, ici, ici et ici).
Si je vous parle de ça aujourd’hui, c’est que, lisant quelques trucs à ce sujet, entre autres, les conjectures de certains analystes à ce sujet, je ne peux m’empêcher de penser que l’apparition d’Android, de Windows Phone 7 et de WebOS dans le paysage des tablettes et téléphones numérique est une excellente chose en soit. On lit souvent que la prochaine tablette numérique Android sera l’« iPad killer », ce qui est une réaction tout à fait puérile. Mais la véritable bonne nouvelle ici, c’est que sans cette concurrence, le rythme des innovations déclinerait rapidement.
En effet, quel est l’intérêt d’innover s’il n’y a personne à battre? On se repait alors dans la facilité plutôt que de tenter de repousser ses propres limites.
C’est ce qui me dire que ces tous ces développeurs de systèmes d’opération mobile vivent dans une sorte de symbiose, s’alimentant les uns les autres des innovations qu’ils développent. C’est ce qui fait que l’annonce de demain par Apple est si intéressante. Elle s’inscrit dans une saine compétition où il n’est pas permis de relâcher sa garde. Il est certain qu’Apple se sera inspiré des dernières trouvailles de tous ses concurrents tout comme ces derniers ne cessent de bâtir sur ce qu’Apple a déjà créé.
Et je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour notre pauvre système de télécommunication au Canada, autrefois l’envie de tous les pays du monde, mais qui aujourd’hui perd de plus en plus de valeur à cause justement du manque de concurrence qui n’oblige pas ses « développeurs » à innover et à se dépasser. Je crois qu’il y a là une grande leçon à prendre.
Quand on ne sait pas de quoi on parle
Je fais rarement dans le techno préférant laisser ça à des gens plus compétents et plus connaissants que moi. Mais parfois, comme c’est le cas maintenant, il y a des sujets qui viennent me chercher. Je ne me gênerai pas pour les aborder.
On en parle depuis des semaines. Mario Roy en a parlé. Dianne Buckner en a parlé. Même Ars Technica en a parlé, plus d’une fois.
De quoi s’agit-il? De la décision du CRTC d’imposer la tarification selon l’usage de la bande passante d’internet. En gros, l’argument se pose de la manière suivante : tout comme on paye pour chaque litre d’essence qu’on utilise, on devrait payer pour chaque octet qu’on utilise.
Donc, à première vue, tout ça semble bien raisonnable. On paye selon l’usage qu’on fait de la bande passante. Et en effet, c’est un fait reconnu que certains usagers font une plus grande utilisation de la bande passante que d’autres, ils devraient donc en assumer un plus grand coût.
Donc, la bande passante, c’est comme de l’essence dans une voiture. Plus on en utilise, plus on doit payer.
Non.
L’analogie avec l’essence est non seulement boiteuse, elle est carrément fausse. Les octets voyageant sur le réseau internet n’ont rien de l’essence qu’on utilise pour faire fonctionner la voiture. Ni avec l’électricité dont on se sert tous les jours pour faire fonctionner nos appareils.
Imaginons une autoroute. Pas n’importe quelle autoroute. Une autoroute à 100 voies. Elle peut facilement accueillir des millions de voitures par jour sans problème et sans congestion. Les voitures sont des octets, donc des données, voyageant le long de cette autoroute incroyablement large et dont la capacité est loin d’être atteinte.
Imaginons maintenant que sur cette autoroute roule l’équivalent du trafic actuel à Montréal. Vous allez être d’accord avec moi pour dire que les embouteillages et autres désagréments de la conduite en ville seraient pratiquement inexistants.
Et bien voilà ce à quoi ressemble actuellement le réseau internet au Canada. Sauf que plutôt que d’avoir une autoroute publique qui appartient à l’État, cette autoroute est privée et à appartient à quelques immenses conglomérats qui sont Bell, Shaw, Rogers, Telus et Vidéotron.
Je ne reprendrai pas les excellentes explications de mon ami Laurent sur Geekbecois sinon pour le citer :
Quand on dit que Bell veut facturer pour la bande passante des clients des petits fournisseurs, ce n’est pas la « consommation d’internet », qu’on facture ici, mais bien un genre de « droit de passage sur le réseau de Bell ». La vraie bande passante pour internet, c’est le petit fournisseur qui la paie à son propre fournisseur de connexion, soit Bell, ou un autre.
Allez lire l’article au complet ainsi que celui dans lequel il explique ce que représente cette décision heureusement annulée depuis.
Mais, ceux qui me connaissent l’auront compris, c’est pas vraiment ça qui m’irrite ici. Oui, je trouve inacceptable qu’on tente de donner un droit souverain à Bell pour qu’elle puisse imposer aux petits fournisseurs une façon de faire qui ne représente en rien leur modèle d’affaires et qui ne sert que de frein au développement de la société de l’information.
Ce qui m’irrite le plus ici, ce sont les commentaires des éditorialistes et autres commentateurs dans les médias et qui s’expriment sans vraiment comprendre le fond de la question. Ce qui fait qu’ils colportent des âneries du genre de celle-ci (rapporté par Dianne Buckner) :
It’s the fault of this small pack of hogs who gobble up more than 80 per cent of Canada’s available bandwidth (according to numbers from Bell Canada and quoted by the chairman of the CRTC last week) — they created this scenario where internet access will have to be "capped" and all consumers face a new system of billing.
Ce qui est complètement faux. Les « porcs », c.-à-d. les grands utilisateurs d’internet, consomment 80 % de la bande passante actuellement utilisée, ce qui est loin d’être 80 % de la bande passante disponible. C’est une nuance importante à apporter dans le contexte, car à lire cette phrase alarmante on pourrait être porté à croire qu’il ne reste que 20 % de bande passante pour desservir le reste, la majorité!, des Canadiens. Mais ce n’est pas le cas.
Reprenons l’exemple de l’autoroute. Selon ce qui est écrit par la journaliste, 80 des 100 voies seraient utilisées par les quelques « porcs » d’internet, ce qui ne laisserait que 20 voies pour tout le reste de la population. Mais ce n’est pas ce qui se passe. En fait, la réalité, c’est que si on compte 100 voitures passées, 80 de ces 100 voitures appartiennent aux grands consommateurs de bande passante. Ce qui n’est pas négligeable. Mais les 100 voies de l’autoroute ne sont pas utilisées en entier. Nous n’en utilisons qu’une fraction, peut-être 20, peut-être 40 voies. Le service des utilisateurs « ordinaires » n’est en aucun cas menacé à ce moment-ci.
Bruckner n’est cependant pas la seule à faire dans l’incompréhension des enjeux à la base de cette décision. Mario Roy fait de même après avoir pourtant identifié correctement un des principaux arguments en faveur du rejet de la décision du CRTC :
Deux, la discussion actuelle est colorée par ce que nous serions tentés d’appeler le « nettisme » (!). C’est-à-dire une tournure d’esprit forte et articulée, fondée sur la culture de la gratuité, la gratification de l’échange paritaire et la méfiance à l’endroit des « gros ».
La décision du CRTC se trouve justement à créer une injustice flagrante en tuant la concurrence. Il ne s’agit nullement d’exiger la gratuité à tout prix, mais bien de donner la chance à une concurrence juste et équitable de se mettre en place. Les consommateurs auraient été les grands perdants de cette décision en faisant des petits fournisseurs de service internet de simples comptoirs de revente de Bell.
Au fond, tout ce que cette décision faisait, dans les faits, c’est de renforcer la position monopolistique des grands fournisseurs.
Il ne faut pas oublier deux autres aspects importants qui touchent cette décision. Les services de visionnement sur demande en ligne et les réseaux de télévision. Je m’explique.
Bell, Rogers, Vidéotron, Shaw sont tous de grands fournisseurs de service internet. Non seulement fournissent-ils des services directement aux consommateurs, mais ils sont aussi responsables de fournir des services à des plus petits fournisseurs qui la revendent à leur tour aux consommateurs. Jusqu’ici, tout va bien. Mais ces grandes compagnies sont aussi des fournisseurs de service de télévision. Bell avec le service ExpressVu, Rogers, Vidéotron et Shaw avec le câble.
Or, de plus en plus est-il possible de retrouver sur internet une offre de visionnement des émissions télévisées tel que tou.tv. Ajoutons à ça l’offre de service de visionnement de films sur demande qu’offre maintenant Netflix et il est clair que les intérêts des uns entrent en conflit avec les intérêts des autres.
Il ne faut donc pas s’étonner de voir Bell vouloir limiter l’utilisation de la bande passante à une fraction de ce qu’elle était sachant qu’internet pourrait en venir à remplacer la télévision. Pourquoi payer pour les services d’un revendeur de signal de télévision lorsqu’on peut aller chercher ce qu’on souhaite sur demande et surtout éviter de subir tout ce qui ne nous intéresse pas?
Ce qui nous amène à parler du second aspect inéluctable de la question : l’augmentation de la demande pour l’accès à internet. En effet, avec une offre de plus en plus diversifiée et complète, mais surtout exigeant une connexion à internet à haut débit et idéalement sans limites de téléchargement, il est clair que la pression sur les fournisseurs pour offrir un meilleur service augmentera rapidement.
Car personne ne remet en question ce fait. Il y aura de plus en plus d’utilisation de la bande passante ce qui veut dire qu’il faudra, dans un avenir plus ou moins rapproché, en augmenter la capacité. Et cette augmentation de la demande ne viendra pas des « porcs » du net, mais bien des gens ordinaires, ceux-là mêmes qui actuellement ne consomment que 20 % de la bande passante utilisée. Il ne faudrait pas l’oublier non plus.
Mais surtout, avant de parler d’un sujet, les chroniqueurs devraient d’abord s’assurer de le comprendre. Ça leur éviterait d’écrire des âneries.






