Le barbare érudit

Je mange du phoque cru avec mes mains en lisant du Baudelaire.

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Une nouvelle grande noirceur

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Quelques nouvelles glanées sur cyberpresse cette semaine. Toutes très intéressantes.

On lit cette liste de nouvelles portant sur la politique fédérale et qui touche toute à la façon conservatrice de gouverner le pays et on se dit que… on se dit quoi, au juste? Que c’est ce qu’on cherche?

On a l’impression de retourner à la grande noirceur, version canadienne, avec Harper dans le rôle de Duplessis.

Un pays où la loi et l’ordre règnent en maître alors même que la criminalité ne cesse de diminuer, alors qu’il a été maintes fois démontrées que l’approche punitive préconisée par les conservateurs ne donne pas les résultats escomptés.

Un pays où on remet en question l’indépendance judiciaire en convoquant un juge devant un comité parlementaire.

Un pays où le drapeau revêt plus d’importance aux yeux du gouvernement que tout autre enjeu à tel point qu’il faille en faire l’objet d’un culte délirant. Ne faut-il donc pas se méfier de l’idolâtrie? Pour des chrétiens fondamentalistes tels qu’ils le sont, les conservateurs font une lecture bien particulière de la bible s’ils se permettent d’élever le drapeau canadien au rang d’idole qu’on ne peut interdire…

Un pays où les dirigeants, pourtant de simples élus, agissent comme des souverains à qui il faut obéir en répondant à leurs moindres désirs, aussi futiles dérisoires soient-ils.

Voilà exactement le genre de chose que je craignais avec l’arrivée au pouvoir des conservateurs. On se croirait aux États-Unis avec les dirigeants du Tea Party en train de lancer le pays en plein délire idéologique.

Je sais, j’exagère un peu, mais il n’en demeure pas moins que c’est ce qui ressort de ce genre d’action. Et c’est la perception qui compte ici. Sauf que cette perception s’en trouve renforcée par des actions concrètes qui ne laissent guère autre chose qu’un arrière-goût désagréable d’une régression rapide vers une société moins juste, moins socialement évoluée.

Cependant, nous avons pu apercevoir une petite lumière au travers toute cette noirceur. Dans un jugement extraordinaire de lucidité et de retenu, le plus haut tribunal au pays vient de donner raison à Insite, cet organisme qui, réalisant qu’il vaut apprendre aux gens à faire les bons choix plutôt que de les empêcher de faire les mauvais, s’assurait au moins d’offrir des conditions salubres pour que des toxicomanes puissent se piquer en toute sécurité, fasse au gouvernement conservateur. Il s’agit d’une victoire importante pour la société en entier en même temps qu’une véritable gifle au visage des conservateurs.

La semaine n’aura pas été que noire…

Rédigé par Le barbare érudit

30 septembre 2011 à 20 h 46 min

Épidermique

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André Pratte dans son éditorial : « Les centaines de milliers de Québécois francophones qui ont voté pour le NPD partagent de toute évidence les mêmes idées sociales-démocrates que les concitoyens des autres provinces qui ont fait de même. »

Non. Ça ne fait pas de sens cette histoire. C’est trop émotif, trop réactionnaire, trop viscéral comme réaction. Épidermique.

Depuis hier soir que je ne cesse de réfléchir à ça, que je tente « d’envelopper ma tête autour de ça », comme diraient les Anglais, mais ça ne marche tout simplement pas. Il y a une profonde incohérence derrière les résultats de ces élections.

Il y a quelques semaines à peine, un sondage donnait gagnant l’inexistant parti de Legault à d’éventuelles élections provinciales. Or, le positionnement de Legault sur l’échiquier politique est clairement à droite malgré la rhétorique de ce dernier pour ne pas y être identifié.

C’est pourquoi j’ai beaucoup de misère à comprendre les résultats de cette élection. Il n’y a probablement pas plus diamétralement opposé que la coalition de Legault et le NPD. Donc, pourquoi?

Mais revenons un peu sur cette phrase de Pratte en haut de mon billet. Je crois que Pratte, en tant qu’éditorialiste, à le devoir de prêter beaucoup plus de crédit au peuple qu’il n’en mérite réellement. Je ne suis pas limité par cette contrainte. En fait, je suis à peu près convaincu que si nous demandions au peuple en général ce qu’il pense du programme de Layton, les réponses seraient au mieux évasives et au pire complètement incohérentes avec ledit programme.

C’est que, j’en suis certain, la très vaste majorité des électeurs ne lisent pas les programmes des partis. Ne pas savoir ce pour qui et pour quoi on vote revient à remettre un chèque en blanc au premier quidam venu!

Enfin, je me demande en quoi placer des députés du NPD améliore le sort du Québec au fédéral par rapport au Bloc? On passe d’une députation expérimentée, efficace, pertinente et qui a fait ses preuves à de nombreuses reprises à une députation jeune, certes, mais inexpérimentée et qui devra souscrire à un programme pancanadien qui ne lui ressemble pas nécessairement.

Une réaction épidermique, que je disais…

Rédigé par Le barbare érudit

3 mai 2011 à 8 h 30 min

Les intérêts du Bloc | Le Devoir

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Dans sa chronique, Les intérêts du Bloc, Manon Cornellier nous offre une analyse très intelligente et tout en nuance de la scène politique du Québec et en particulier du Bloc québécois.

C’est à mon ce qui manque le plus souvent aux autres analyses de la situation du Québec : la nuance. Il est beaucoup plus facile de simplement remettre en question la pertinence du Bloc à Ottawa sans tenter d’en comprendre le sens. C’est ce qui ressort de cette chronique et c’est ce qui la rend si intéressante à mes yeux.

En particulier ce passage :

Le message du Bloc occulte le fait que le Canada anglais est beaucoup moins homogène que le Québec.

En effet, on a souvent tendance à croire, à écouter discourir le Bloc, que le Canada forme une entité monolithique et homogène. Or, c’est complètement faux. Il faut le souligner et le rappeler.

Rédigé par Le barbare érudit

26 avril 2011 à 9 h 52 min

Publié dans Politique fédérale

« Tous des crosseurs »

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Mettons que ça soit vrai. Mettons que tous les politiciens, quels qu’ils soient, soient des crosseurs. Qu’est-ce que ça change?

Ma question est légitime. Qu’est-ce que ça change que tous les politiciens soient des crosseurs? Est-ce que ça nous permet de conclure que la démocratie ne sert à rien? Est-ce que ça nous permet de conclure que nous serions mieux servis sans eux?

Qu’arriverait-il sans politiciens?

Je suis incapable de croire que tous les politiciens soient des crosseurs. Pour moi, sorry, no compute. Ça ne tient tout simplement pas la route, ni ne fait aucun sens.

Est-ce possible que les politiciens prêchent pour leur paroisse? Tout à fait. Est-ce possible qu’ils exagèrent les faits, qu’ils en ajoutent, qu’ils ne donnent pas toujours toute l’information requise pour se faire une véritable idée des enjeux auxquels nous devons faire face? Absolument.

Ça n’en fait pas pour autant des crosseurs.

Il existe une telle chose que l’on nomme le service public. Ce sont des hommes et des femmes qui se dévouent pour le bien commun, afin d’améliorer la qualité de vie de tous les citoyens d’un État. Et je crois que dans l’ensemble, les politiciens ont à cœur de bien servir le public.

J’insiste sur « dans l’ensemble ». Parce que oui, il y aura toujours des escrocs et des gens malhonnêtes pour tenter de tirer avantage de toute situation quelle qu’elle soit. Comme dirait quelqu’un que je connais bien : tant qu’il y aura de l’homme, il y aura de l’hommerie.

Ce qui est malheureux, c’est que comme dans tout autre domaine d’activité, la loi du 80/20 s’applique presque parfaitement. C’est-à-dire qu’on passe 80% de notre temps à nous occuper de 20% des problèmes. En transposant ça dans le monde politique, on remarque que 20% de crosseurs monopolisent 80% de l’attention, ce qui fait qu’on généralise à l’ensemble des politiciens les agissements de cette minorité.

Tous des crosseurs?

Non.

Rédigé par Le barbare érudit

21 avril 2011 à 15 h 14 min

Mythes et clichés électoraux | Vincent Marissal

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Mythes et clichés électoraux | Vincent Marissal

D’abord, 300 millions, ça représente tout juste un peu plus de 0,1% du budget annuel total du gouvernement fédéral. Rien pour conduire le pays à la faillite. Si on n’a plus les moyens au Canada de se payer des élections aux 30 mois, eh bien! abolissons les élections.

C’est exactement ce que je voulais dire hier! Mais il y a bien plus dans ce texte. À lire parce que tout ce qui y est écrit porte à réfléchir aux innombrables conneries qui se diront au cours des prochains jours.

Rédigé par Le barbare érudit

24 mars 2011 à 7 h 35 min

Publié dans Politique fédérale

Privilège

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J’ai voulu écrire sur la campagne électorale fédérale qui semble maintenant inévitable, mais je n’ai trouvé rien à dire. Sinon ceci. Le coût de la démocratie. Il tournerait autour de 300 millions de dollars au Canada.

Il ne faudra jamais laisser quiconque venir dire que des élections n’étaient pas nécessaires ou qu’il s’agit d’une dépense inutile. Il n’en est rien. Les élections, c’est le moment de choisir nos représentants politiques, ceux qui, de par les décisions qu’ils prendront et les projets de loi qu’ils déposeront, dirigeront le pays au cours des prochaines années.

Je ne vous ferai pas le coup de la culpabilité en rappelant que certains pays ont payé de leur sang cette accession à la démocratie très récemment. Non. Mais je vous dirai que c’est un privilège, un droit chèrement acquis et que nous devons l’exercer avec diligence et en toute connaissance de cause.

Et avant d’inscrire votre marque sur le bulletin de vote, demandez-vous si le parti que vous avez choisi d’appuyer représente vraiment vos valeurs et vos ambitions.

Rédigé par Le barbare érudit

23 mars 2011 à 8 h 00 min

Cent livres

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Et si tous les Canadiens écrivaient à Harper un peu à la manière de Yann Martel et lui faisaient parvenir un bouquin, un seul, leur préféré…

L’idée m’est venue ce matin alors que je lisais Manon Cornellier du Devoir qui, dans une lettre ouverte à Stephen Harper, revenait sur cette incroyable aventure entreprise par Martel le 16 avril 2007 avec le livre La mort d’Ivan Illitch de Tolstoï.

Pour ceux qui ignorent de quoi il est question ici, je cite le site de Martel afin de vous éclairez :

Tant que Stephen Harper sera Premier ministre du Canada, je promets de lui envoyer par la poste, un lundi matin tous les quinze jours, un livre réputé faire épanouir la quiétude. Ce livre sera dédicacé et accompagné d’une lettre que j’aurai écrite. Je ferai fidèlement rapport, sur le site www.quelitstephenharper.ca , de chacun des livres, de chaque dédicace, de chaque lettre, et de toute réponse que je pourrais recevoir du Premier ministre.

Pendant près de quatre ans, Martel a envoyé au premier ministre Harper un livre toutes les deux semaines accompagné d’une lettre. Et toutes les lettres se retrouvent sur son site web.

Martel a choisi de mettre fin à cette aventure après 100 livres dans une lettre où il explique les raisons de cette décision. Je vous invite fortement à lire cette ultime lettre remplie de passages essentiels.

Je vais donc le faire. Je vais donc envoyer un livre à Harper, un seul, et je vous invite à le faire aussi. Peut-être que ça ne changera rien. Sûrement que ça ne changera rien. Et au fond, je ne le fais pas vraiment pour Harper, je le fais pour moi.

P.-S. Harper n’a jamais répondu à Martel. Pas une fois.

Rédigé par Le barbare érudit

28 février 2011 à 13 h 30 min

Je réfléchis à certaines questions, partie 2

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Dans le premier billet de cette (courte) série, j’ai présenté ma compréhension de l’état de droit, le fondement même de tout État démocratique. Je le répète, je ne suis pas un spécialiste de la chose, je ne fais que présenter ma réflexion autour de la question.

Mais ce premier billet se voulait d’abord et avant tout une introduction à ma compréhension de la chose politique. De toute évidence, j’ai employé un ton neutre parce que le sujet n’était pas chargé émotivement.

Les bases de la démocratie devraient être, et enseignée à, et comprise par, tous. C’est là une condition sine qua non à toute participation active et en toute connaissance de cause à la vie publique.

La suite, ce billet-ci et le suivant, touchent à des questions qui n’ont rien de neutre. Je prends position.

La question qui tue

Autour d’un verre. Quelques amis, ou collègues ou membres de la famille et là, on tente tout pour éviter le seul sujet qui assurément fera dégénéré la soirée. La politique. Surtout la politique québécoise qui est polarisée à l’extrême. Le débat identitaire, référendaire et constitutionnel, ça vous dit quelque chose?

Évidemment, il n’est pas long qu’on déborde sur ledit sujet maudit et que le ton se met à monter. Et c’est là que la question qui tue tombe : ouains, mais, pourquoi t’es séparatisse? Euh… ben passe que. Baon. Pis toi, pourquoi tu tiens tant que ça à rester dans le Canada?

Donc, on ne s’en sort pas, on tombe dans l’infantilisme primaire parce qu’on tente de se coincer d’un côté comme de l’autre. Mais n’est-ce pas là l’occasion idéale de se lancer à corps perdu dans un véritable débat d’idée? Les plus beaux débats?

Non, mais, vraiment, pourquoi?

Je le dis d’entrée de jeu : je suis souverainiste, indépendantiste, séparatiste, c’est comme vous voulez.

Je le dis et l’affirme sans détour parce que profondément, j’y crois. Lorsqu’on me demande de quel pays je viens, naturellement, je réponds le Québec.

Mais la question qui me hante toujours après avoir affirmé que je suis indépendantiste, c’est pourquoi? Pourquoi suis-je indépendantiste? Où sont les racines de cette conviction qui m’habite à ce sujet? Et comment puis-je l’articuler de telle sorte qu’il soit possible de transmettre cette conviction aux autres?

Parce qu’il ne faut pas être dupe : il n’y aura pas de souveraineté sans une adhésion claire à cette option. Et cette adhésion ne se fera pas sans effort. Il faudra convaincre les indécis et peut-être même d’autres individus opposés à cette idée que de toutes les options possibles, c’est celle qui présente le plus grand intérêt, les meilleures perspectives d’avenir.

L’objet de ce billet est justement de réfléchir à la raison qui me pousse à épouser cette position. Je voudrais offrir un semblant de réflexion pour répondre à cette fameuse question.

C’est pas économique

Comme tous ceux qui me lisent depuis un bout le savent, je vis au Nunavik depuis maintenant onze ans. Je ne reviendrai pas sur tout ce que j’ai déjà écrit au sujet de cette région. Fouillez un peu, vous trouverez beaucoup de choses.

Le Nunavik est complètement dépendant économiquement des gouvernements fédéral et provincial. Il n’y a pas d’industrie, mis à part la mine de Raglan, pas d’économie. Trois grandes organisations se partagent la vaste majorité de la manne gouvernementale : l’Administration régionale Kativik (ARK), la Commission scolaire Kativik (CSK) et la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSS). L’ARK est un organisme paragouvernemental dont les dirigeants sont élus au suffrage universel par les résidents du Nunavik. Tout son budget lui vient de Québec. La CSK possède un conseil des commissaires élu par les bénéficiaires du Nunavik. Tout son budget vient de Québec. La RRSSS aussi reçoit tout son budget de Québec.

Depuis maintenant plus de dix ans, on parle de fusionner ces trois organismes en un seul et de former une nouvelle structure paragouvernementale qui porterait le nom de Gouvernement Nunavik. Une sorte d’autonomie gouvernementale pour les Inuit.

J’imagine que vous me voyez venir. Mais je vous jure que non. Parce que l’argument que je tente de soulever ici n’a rien à voir avec tout ça. Là, je ne m’en tiens qu’au contexte de ce que je veux dire. Mais poursuivons.

Les Inuit désirent cette forme d’autonomie parce que, selon eux, ils forment un peuple, une nation, que nous, les blancs, et ce jugement n’a absolument rien à voir avec la couleur de notre peau, mais bien avec le fait que nous ne sommes pas Inuit, n’en sommes pas représentatif. Ils veulent récupérer certains pouvoirs décisionnels quant à leur avenir, ils veulent se doter des outils nécessaires au plein épanouissement de leur peuple. Ce qu’ils veulent, ce qu’ils cherchent, c’est d’arrimer leur culture avec la modernité.

Ce désir d’autonomie si cher aux Inuit nous échappe à nous, québécois. Voilà où je veux en venir. Il y a chez les Inuit une réelle volonté de reprendre le contrôle de sa destinée afin d’assurer la survie d’une langue et d’une culture en constant danger de disparition.

Ce qu’on ne retrouve pas chez ce peuple du froid, c’est la peur de l’économie, les difficultés, voir l’impossibilité de réaliser un tel projet dans les circonstances actuelles. Au contraire, on veut foncer et on avance à grands pas dans cette voie.

Pendant ce temps, nous, Québécois, hésitons et reculons sur cette question alors que nous possédons entre les mains tous les outils pour y parvenir. Sans outil, les Inuit foncent cependant que nous, pourtant bien outillé pour le faire, nous reculons.

Culture et langue

Et c’est ici que je voulais en venir. La culture et la langue, mais surtout la volonté inébranlable de vouloir les défendre et leur assurer un avenir sain. C’est ce qui devrait être la seule raison d’être de la souveraineté. C’est ce qui définit et motive mon action et mon adhérence à cette cause.

Si je suis souverainiste, c’est que je sais profondément en moi que la seule façon d’assurer la survie et de faire prospérer notre langue et notre culture, c’est de se l’approprier et d’en prendre le contrôle total. Et la meilleure façon d’y parvenir, c’est par la souveraineté.

Rédigé par Le barbare érudit

7 janvier 2011 à 12 h 21 min

Le brouillard | Le Devoir

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Le brouillard | Le Devoir

C’est sous la plume de Manon Cornellier que j’ai lu un des textes les plus intéressants et intelligents au sujet des fuites de WikiLeaks. Et sa chute, brillante, devrait être la seule et unique source d’inspiration de notre jugement :

À croire que nos réflexes et balises éthiques ont disparu dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Franchement, c’est épeurant.

Rédigé par Le barbare érudit

6 décembre 2010 à 9 h 30 min

Je réfléchis à certaines questions, partie 1

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J’amorce une série de trois billets qui traiteront surtout de politique et de ma vision de la société en regard de la politique. Ce premier billet se veut surtout une introduction à certains concepts, certaines idées centrales à ma réflexion.

Je ne prétends certes pas être un spécialiste de la chose ni posséder une quelconque vérité qui s’y rattacherait. Je ne fais qu’exprimer cette réflexion qui m’anime depuis longtemps à ce sujet. Il se peut que j’écrive des conneries et que mon incompréhension de la chose publique ressorte fortement de mes propos. J’invite alors mes lecteurs à me corriger et à m’aider à approfondir cette réflexion.

L’état de droit

La société démocratique dans laquelle nous vivons, le Québec, le Canada ainsi que la plupart des sociétés démocratiques, repose sur ce qu’on appelle l’état de droits. De quoi s’agit-il?

L’état de droit pose un certain nombre de conditions à l’existence des sociétés démocratiques dont les plus importantes sont la primauté du droit, la séparation des pouvoirs ainsi que l’égalité devant la loi. Sans ces trois conditions, on ne peut pas parler d’état de droit.

Commençons donc par regarder ce que veulent dire ces trois conditions.

La primauté du droit

La primauté du droit, ça veut tout simplement dire que les lois ont toujours priorité sur tout. Ce qui veut dire que toute la société, des enfants jusqu’au parlement en passant par les corps policiers, militaires, les grandes sociétés, etc., sont soumis à la loi et doivent la respecter.

Ceci s’oppose directement aux décisions arbitraires qui existent dans les régimes dictatoriaux, théocratiques ou monarchiques où la volonté d’un seul individu ou d’un groupe restreint d’individus fait office de loi. Dans de tels régimes, les lois peuvent être changées sans avertissement et selon l’humeur ou les besoins des dirigeants. Ce n’est certes pas le cas dans les sociétés soumises à l’état de droit.

Ceci entraîne par contre une conséquence intéressante qui relève des interactions entre les divers niveaux de droit. Il s’ensuit une hiérarchisation du droit. Certaines lois se trouvent à être plus importantes que d’autres. Cette hiérarchie s’applique de la façon suivante.

Tout en haut de cette pyramide se trouve la constitution d’un pays. C’est le texte fondateur et celui qui sert de référence à toute loi et règlement adopté par la société. La constitution est suivie des traités internationaux, de la loi proprement dite, des règlements et finalement les décisions administratives et les conventions entre individus.

Cette hiérarchisation du droit est essentielle pour assurer une interprétation juste et équitable du droit. Et toute décision ou loi doit respecter les principes énoncés par le droit de niveau supérieur sans quoi elle pourrait se voir contestée devant l’appareil judiciaire.

La séparation des pouvoirs

Parlant d’appareil judiciaire, il est une composante essentielle de ce qui constitue les trois pouvoirs de toute démocratie, les deux autres étant le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Ces trois pouvoirs s’équilibrent mutuellement, chacun venant contre-balancer les deux autres.

Ainsi, le pouvoir judiciaire s’assure de juger de la validité des lois en fonction de la hiérarchie dont nous avons parlé plus haut. Mais, ce n’est pas son rôle d’écrire ces lois. Il ne fait que les interpréter. Les nouvelles lois sont proposées par l’exécutif, c’est-à-dire le gouvernement en place.

Le gouvernement élu, en plus de gérer la bonne marche des institutions et du budget de l’État qu’il gouverne, propose aussi de nouvelles lois ou propose de modifier celles déjà existantes. Cependant, ces lois doivent être soumises à l’approbation de la chambre des représentants, l’Assemblée nationale au Québec, avant d’être appliquées.

Cette chambre des représentants, c’est ce qu’on appelle le pouvoir législatif. Seul le pouvoir législatif peut approuver ou non les lois proposées par l’exécutif en plus de proposer les siennes. De plus, l’exécutif doit rendre des comptes au législatif, ce qui fait qu’il n’est jamais totalement libre d’agir à sa guise. Cette reddition de compte est un élément essentiel de toute démocratie.

Il est facile de comprendre que ces trois pouvoirs s’équilibrent et permettent de limiter les abus de part et d’autre en faisant en sorte que nul ne se retrouve avec tous les pouvoirs.

L’égalité devant la loi

« Nul n’est au-dessus de la loi. »

C’est une maxime qu’on entend parfois pour dire que la loi s’applique à tous, également. C’est une condition essentielle pour définir toute démocratie qui relève d’un état de droit. La loi doit pouvoir s’appliquer à tous, peu importe son âge, son origine, son sexe, ses croyances ou encore sa nature. Ainsi, les entreprises comme les particuliers sont soumis aux mêmes règles et aux mêmes lois.

Fait intéressant, même les pouvoirs exécutif et législatif doivent s’y soumettre et même les lois elles-mêmes doivent respecter les lois de niveau supérieur dans la hiérarchie. C’est ce qui rend si importante la séparation des pouvoirs dont je viens tout juste de parler. Sans cette séparation, nous nous retrouverions avec un juge qui fixe les règles et qui décide des sanctions. Juge et partie.

Trois éléments qui travaillent de concert pour donner les moyens à une démocratie de fonctionner. Ils protègent les citoyens contre les abus et les injustices. Il reste cependant de nombreuses questions qui me viennent à l’esprit suite à ce constat. C’est ce que j’ai l’intention d’explorer dans les deux suites que j’ai prévues à ce billet.

Rédigé par Le barbare érudit

18 septembre 2010 à 16 h 30 min

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